Andriamialy

Top 10 de vrais morceaux où quelqu’un dedans fait autre chose de son corps que chanter

Article vite fait du jour, voici une liste de chansons, ou plutôt de morceaux qui ont eu du succès (ou pas) mais qui on été fait exprès avec des parties où une personne ne chante pas.

10- Avec un bâillon (en fredonnant)

Pour commencer, un air d’opéra, un quintet issu de « La Flûte Enchantée » où Papageno, l’homme oiseau est puni et a vu sa bouche cadenassée. Il ne peut donc pas l’ouvrir. C’est ainsi qu’on obtient le morceau « Hmm Hmm Hmm ». C’est un opéra bouffe, donc, il assume son côté comique mais j’avoue que faire chanter quelqu’un avec un cadenas sur la bouche est inattendu et réussi. C’est une autre preuve si c’est encore à démontrer que Mozart, depuis son 18è, est un grand précurseur de la musique moderne.

09- En sifflant

Jusque-là, on reste dans le normal. Fredonner ou chanter à bouche fermer, c’est quand même chanter. Un sifflement peut provenir d’un animal, notamment des oiseaux ou d’un humain. Il peut aussi provenir d’un système mécanique ou d’un phénomène naturel. En chanson, c’est un instrument de musique à part entière. Pour preuve, il fait partie des timbres des synthétiseurs de salon sous le nom anglais de « whistle ». Donc, chercher une chanson contenant des sifflements est aisé. J’ai choisi Don’t Worry Be Happy de Bobby Mc Ferrin pour garder la bonne humeur de l’article.

08- En riant

On commence à oublier la mélodie et on entre dans les bruits et les bizarreries. Un bruit qui est bon à entendre et qui est communicatif est le rire. J’ai trouvé un morceau de dance de WINK : Don’t laugh qui est constitué de rires, uniquement. J’ai aussi cherché un titre de Sega dont le refrain fait « ha ha ha ha ha, hi hi hi hi hi » mais je ne l’ai pas trouvé. J’ai choisi, donc, Aaliyah avec son « Are you that somebody ». Pour l’anecdote, l’enfant qui rit, et qui n’a rien à voir avec les paroles de la chanson est même devenu un des grands mystère du web et du hip hop.

07- En pleurant

Les malgaches disent que la vie est faite de douceur et d’amer. Les chansons avec des pleurs aussi sont pléthores. J’aime bien Je suis venu te dire de Serge Gainsbourg ou le Ragga Fitiavana Mampitogaigy des Krutambull. Mais j’ai choisi un autre Ragga Muffin de Pappa San car, même s’il chante en pleurant, c’est à se tordre de rire.

https://www.youtube.com/watch?v=Teg3leZoDOA

06- En gémissant ou en jouissant

Celui-là, certains d’entre vous l’on attendu. On ne sait pas et peut-être que le mystère est meilleur s’il n’est pas élucidé mais en parlant de Gainsbourg (et il aura deux morceaux à lui dans ce top), on a ce titre « Je t’aime moi non plus ». Ce que l’on ne sait pas c’est si l’on entend une femme jouir ou simuler. On ne sait jamais ça, nous. Mais la chanson a plus de secrets que cela, dont une version de Brigitte Bardot peut-être pire meilleure mais aussi érotique .

05- En rotant

A partir du top 5, oubliez les mélodies et oubliez même les cordes vocales, on entre dans la catégorie des bruits moins nobles du corps. Mais on va y aller doucement avec ce mix qui a été célèbre en son temps mais dont tout le monde se souvient par « un mix avec au milieu une chanson de Prince suivi par un gros rot« . Je l’ai choisi pour ce top mais c’est sur qu’il y a beaucoup de chansons ou chansonnettes moins sérieuses qui utilisent ce bruit de gaz. Le « Joint Mix » de Flim Flam.

https://www.youtube.com/watch?v=EsOtLwb40ig

4- En éternuant

Pareil, il y a des exemples de chansons avec des éternuements. J’ai pensé à la « Tyrolienne des nains » dans le Blanche-Neige de Disney qui se termine par un gros Atchoum du nain éponyme mais vous avez peut-être remarqué que j’aime le Ragga. C’est pour cela que j’ai mis Shaggy pour son Boombastic. Les paroles disent « Ne joues pas avec mon nez car cela me fait faire Atchoum« . Drôle de phrase à dire quand on est dans un moment chaud au lit avec sa partenaire.

https://www.youtube.com/watch?v=5K5Dm-o_MEs

3- En toussant

Peut-être le moins connu des morceaux de cette playlist. La chanson de Oom Jo en de Jo Jo’s – Toen ik laatst commence comme si c’était une vraie chanson mais tout-à-coup il se met à tousser et tousser et tousser. On aurait dit qu’il n’a payé que pour une prise et qu’il fallait prendre ce qui était enregistré et c’est tout. Il y a même des chœurs de toux. Je n’imagine pas l’état des tapis ou du micro studio avec l’éponge anti-souffles après l’enregistrement.

2- En pétant

Nous revoilà avec Gainsbourg. Sa chanson reggae la plus célèbre doit être sa Marseillaise avec les refrains qui disent « Aux armes et cetera…« . Cet enregistrement est fait de bruits de pets sur fond de reggae. Mais c’est bien du Gainsbourg et c’est relatif à son projet Evguenie Sokolov.

1- En jouant à un jeu vidéo

Je termine ce top en mettant en Number One une initiative de faire un jeu vidéo où le personnage évolue sur une plateforme en réagissant aux bruits. Déjà vu des millions de fois sur Youtube, le concepteur est un certain Welox et voici sa « Chanson du bruit » (version 3 minutes mais allez sur sa chaîne pour la version 1 heure et d’autres trucs bizarres)

 

 


Vacances au soleil – Partie 2

Joseph vit dans un tunnel aménagé. Vous pensez bien qu’à plusieurs centaines de mètres sous la terre, il doit faire froid et noir.

Oui, l’obscurité est partout. Les ampoules, par milliers, qui jonchent les tunnels créent plus d’ombres que de lumières. Il y a deux sortes de lumières : la lumière de jour et la lumière de nuit. Ces deux éclairages se relayent toutes les 12 heures, exactement à 6 heures le matin et à 6 heures le soir. La lumière de jour est une lumière chaude fournie par de gros et petits projecteurs placés sur les plafonds. Selon le calcul des ingénieurs, ils procurent jusqu’à 3% du chauffage des tunnels. La nuit, c’est une lumière froide, dans tous les sens du terme qui éclaire les tunnels. C’est une lumière chimique qui court dans des tubes transparents le long des tunnels et qui sert principalement de balise plutôt que d’éclairage.

Les tunnels sont élaborés à partir des modèles de fourmilières dont les cellules correspondent aux maisons, aux ateliers, aux magasins, et aux autres salles. Une salle, la plus grande, qui correspondrait à la chambre de la reine est occupée par le Centre. Le Centre, c’est là où réside le maire de la ville souterraine. C’est aussi de là que l’on gère l’énergie, l’eau potable, l’aération et toutes les fonctions vitales de la ville. Cet espace, immense, est le carrefour où tous les tunnels se joignent. Il y a d’autres petites jonctions entre deux ou plusieurs tunnels, évidemment, mais la plupart du temps, il faut passer par le centre quand on veut aller quelque part. Inutile de dire que le Centre est aussi l’endroit le plus sécurisé de la ville. Enfin, quatre tunnels, partant du centre, exactement aux quatre points cardinaux sont des routes vers d’autres villes. Ce sont les frontières et on ne peut y pénétrer sans les autorisations nécessaires.

L’aération, l’eau et la chaleur sont, il faut le préciser, dans des circuits fermés. Le recyclage constitue la majorité des activités de la ville. Même un tiers de la nourriture provient du recyclage des déchets. Mais cette manne provient surtout des privilégiés et ne sert qu’à nourrir les plus défavorisés. Car dans la ville de Joseph, la société est divisées en plusieurs classes.

 


Madagascar : les poils du front

Aujourd’hui, je vais vous apprendre un proverbe malgache à propos des poils du front.

Le proverbe dit : « Ny handrina no tsy maniry volo dia noho ny henatra« .

La traduction est « Si les cheveux ne poussent pas sur le front, c’est à cause de la honte ».

La signification, à première vue, c’est que la honte, ou plus précisément la peur d’avoir honte préserve l’homme et la femme de faire des choses insensées au vu et au su de tout le monde. Mais allons plus loin dans notre analyse.

Chez les malgaches, le front est la partie la plus visible du visage . En témoigne l’adage « Miharihary toy ny vay an-kandrina » qui signifie quelque chose qu’on ne peut pas cacher car c’est « visible comme un furoncle sur le front ». En général, et par politesse, il vaut mieux regarder le front en premier au lieu d’une quelconque autre partie de l’anatomie d’une personne (regarder dans les yeux correspond à regarder un point sur le front entre les yeux de son interlocuteur).

D’autre part, les cheveux représentent la richesse, la jeunesse et la beauté dans la plupart des cultures. C’est la même chose chez les malgaches. A Madagascar, dans la majorité, on ne cache pas la chevelure sous une voile ou un couvre-chef.  Le proverbe « Ny tarehy no ratsy ka ny volo no aolankolana » est traduisible par « Ton visage est laid, alors, tu fais des boucles à tes cheveux ». On a aussi « Voninahitry ny antitra ny volo fotsy » : « Les cheveux blancs sont la gloire des personnes âgées ». De même, la plupart des interprétations des rêves disent que rêver de beaux cheveux signifie richesse, virilité, mémoires, etc tandis que voir ses cheveux décrépis ou en train de tomber est mauvais signe.

Dans notre proverbe du jour, les cheveux ne veulent pas pousser sur le front à cause de la honte. De part les explications précédentes, on peut tirer plusieurs enseignements.

1- La honte est naturelle

En effet, même si cela existe chez des individus présentant des spécificités génétiques, les gros poils sur le front ne sont pas naturels à l’espèce Homo Sapiens Sapiens. Et à part faire des implants, on ne peut pas non plus provoquer facilement leurs apparitions. Les Ntaolo (malgaches anciens) se sont peut-être beaucoup moqué d’une personne présentant cette anomalie avant d’en faire un proverbe. Mais il est clair que l’exemple des cheveux sur le front indique que, normalement, un être humain agit, naturellement et sans effort supplémentaire, en évitant de se ridiculiser.

2- Il ne faut pas montrer ses bêtises

Dans le cas où une personne fait une bêtise vraiment honteuse, elle ferait mieux de bien le cacher. Le front est la partie qu’on voit en premier chez quelqu’un qu’on rencontre. Sur sa tête, il peut y avoir des cheveux et il peut n’y avoir rien du tout. De même, il ou elle peut porter moustaches et barbes. C’est à peu près les pilosités qu’on peut voir sur la tête. Sous son lamba (pagne, tissu, vêtement), il ou elle peut bien cacher des poils un peu partout, c’est naturel. De la même manière, chacun a ses secrets qu’il cache à la majorité et qu’il ne partage qu’avec un amant ou un ami. Mais le front doit être dégagé. C’est à dire qu’on doit pas montrer des choses honteuses.

3- Même les bonnes choses ne sont pas toutes à exposer

Le mot malgache « volo » est le même que l’on parle des cheveux ou des poils. On traduit le « volo »  dans le proverbe par cheveux parce que le front est tout près de la tête. Mais cheveux et poils sont différents. Si la chevelure est souvent bichonnée, protégée et décorée, les poils sont souvent honnis, rasés et épilés. Mais de toute façon, si les poils sur le front sont désagréables et même hideux, de longs cheveux qui poussent au dessus des yeux doivent être horribles, mêmes si ce sont de très beaux cheveux. Donc, si vous possédez de bonnes choses qui vous rendent très fiers, qu’ils restent au dessus du crâne. Ce n’est pas la peine qu’on les voit en premier dès qu’on veut vous regarder dans les yeux.

4- Il faut avoir honte!

La honte est un sentiment lié à la vie en société. Pour une même bêtise, on ressent pour soi-même et envers notre victime plutôt de la culpabilité. On dit aussi avoir honte de soi-même mais on a surtout honte de ce que les autres pensent de nous. Et cela dépend des valeurs qui circulent dans notre société. Ainsi, quelque chose peut être honteux dans une région du monde et normal dans une autre. De la même manière, certaines choses dont nos grand-pères et grand-mères avaient honte, en leur temps, on pourrait les faire aujourd’hui au milieu d’Analakely sans sourciller. Et vice-versa. De toutes les façons, pour bien vivre en société, il faut savoir suivre les règles sinon on devient une honte pour tout le monde.

Exemple :

Prenons maintenant comme illustration mon pays, Madagascar. On a cette expression « lany henatra » quand  « il ou elle a épuisé son stock de honte ». On a aussi l’adage « Ny adalan’ny olona ihomehezana fa ny adalan’ny tena tafian-damba » qui signifie « On rit du fou des autres mais notre fou, on le couvre  (de lamba) ». À voir ce que l’on montre au monde, nos dirigeants, nous le peuple, journalistes et blogueurs, a-t-on épuisé notre stock? En effet, on a de beaux cheveux sur le crâne et peut-être des poils disgracieux sous les aisselles ou entre les jambes mais le monde voit surtout des cheveux sur notre front. Pauvreté, corruption, affaires louches, malades imaginaires, kidnapping, justice populaire, insécurité en général et tout le reste ternissent le fait qu’on devrait être l’une des plus belles destinations au monde pour les touristes et les investisseurs.

Je ne dis pas qu’il faut les cacher sous la casquette. En tant que blogueur qui a toujours voulu agir dans le but d’interpeller et de susciter le changement, je pense que j’ai déjà trop beaucoup écrit sur les dysfonctionnements dans mon pays. Je pense que c’est le devoir des médias de révéler l’existence de ces tares. Mon avis est que Madagascar a des poils sur le front. C’est honteux mais au lieu de vouloir les cacher, il faut simplement les enlever. Cela doit être une envie naturelle chez nos dirigeants et chez nous, citoyens. Pourquoi on semble agir dans le sens contraire? Je ne sais pas. « Ny handrina no tsy naniry volo hono dia noho ny henatra » (on dit que les cheveux ne poussent pas sur le front à cause de la honte) . Cet article doit finir sur une dernière expression malgache : « Mba mahalalà henatra » (Ayez honte, tout de même!).


Vacances au soleil – Partie 1

Joseph est un garçon de 12 ans. C’est vraiment un jeune garçon. Là, dans le noir, il dort comme un bébé sur son lit, sous un simple drap.

Son corps est tout frêle. Lorsque la porte s’ouvre et que la lumière bleue du couloir illumine une partie de la chambre, sa mère ne peut s’empêcher d’avoir un petit pincement de cœur en voyant ce petit être, trop petit pour son âge. Mais un sourire sur son visage accompagné d’un « – Bonjour maman! » joyeux redonne du courage à la vaillante mère.

Comme d’habitude, Joseph se prépare pour l’école. Il est en classe de seconde et aujourd’hui, il aura sciences avec Madame Rakotosoa. Mais sa maman, une femme assez inquiète, ne cesse de lui répéter comme tous les jours combien il doit être prudent face aux dangers sur la route de l’école. Joseph ne l’entend presque plus parler mais à 12 ans, on peut dire que c’est déjà un survivant. Tant de garçons et de filles ont déjà disparus à son âge.

Disparaître. C’est le mot qu’on utilise pour ces choses. Mais ce qu’il y a dehors ce sont des meurtres, des kidnappings, des accidents, des morsures de serpents, et d’autres choses encore pire. Il faut juste éviter de disparaître car à part les disparitions, cette ville a tout de la société idéale.

En fait, il faut savoir que la maison de Joseph et de sa mère n’est pas une maison. C’est un tunnel. La route de l’école aussi est un tunnel. Toute la vie de Joseph se passe dans des tunnels entre 500 mètres et 2 kilomètres sous la surface de la Terre.

…à suivre…


A Tana, descendez du bus dans les cinq cas suivants !

Le blog est toujours en vie. Comme promis, quand je n’arrive pas à publier un article digne de ce nom, je dois poster un article humoristique. Donc, sérieusement, si vous êtes dans le bus à Antananarivo et qu’une des cinq situations suivantes arrive, descendez tout de suite !

Les bus d’Antananarivo, comme partout dans le monde, sont des véhicules aménagés pour pouvoir transporter le maximum de personnes. Ici, ces véhicules sont déjà petits, donc la promiscuité est de rigueur. Je dirais qu’il y a des gênes acceptables : aisselles parfumées, haleine de chacal, être à l’étroit, être assis et sentir l’anatomie de la personne debout derrière ou à côté, être quand même en retard car le bus est trop lent, le chauffeur adore écouter le « salegy » à fond ou diffuser la station « Bobards et Futilités » qui analyse la politique malgache merdique, etc.

Taxibe

Donc, prenez garde, et si une des situations suivantes se présente, le mieux est de descendre le plus vite possible !

1- Le bus zigzague, accélère brutalement, freine aussi brusquement, et dépasse les 40km/h autorisés.

Soit le chauffeur est ivre, soit il n’a pas son permis, soit c’est juste un pilote de rallye qui n’a pas réussi. Le mieux c’est de changer de bus.

2- Vous entrez et vous sentez que ça sent la mort.

Redescendez! Le hic c’est quand vous étiez déjà dans le bus lorsque l’odeur apparaît. Vous pourrez toujours protester auprès du receveur ou du chauffeur mais ils pourront faire la sourde oreille pour empocher les malheureux 400 Ariary (10 centimes d’euro) de frais du coupable. Et même si ce dernier descend, l’odeur subsistera. Le mieux est de fuir ce bus. Je ne sais pas si vous avez déjà été dans un espace clos avec un panier de poissons séchés, ou pire, un sceau plein de boyaux de bovins frais en route pour être lavés dans l’Ikopa. Moi, je peux vous dire qu’on voit sa vie défiler devant ses yeux et on a envie d’en finir.

3- Le bus roule. Soudain vous entendez un bruit de pièces qui s’entrechoquent ou vous sentez des vibrations bizarres.

Les passagers se regardent et regardent le chauffeur impassible. Il peut s’arrêter un moment et demander au receveur, son aide de vérifier si « ça tient encore ». Épiez dans leurs discussions les mots comme « mipotsaka« = fuit (en parlant de frein), « tapaka« =coupé, « mivaha »=détaché, « may« = brûler. Si le voyageur de devant est assez fin, il pourra lui faire avouer que le problème est juste que le démarreur ne marche plus ou que la batterie ne se charge pas. S’il lui dit, c’est le frein qui marche par intermittence, mais ce n’est pas un souci puisqu’il sait utiliser le frein moteur, descendez au prochain arrêt (si le bus parvient à s’arrêter).

4- Un peu plus drôle, c’est quand vous entrez et que la place qui reste est entre deux personnes fortes pour ne pas dire obèses car « obèses » serait offensant.

Les habitants de Tana sont de plus en plus gros. Je veux dire qu’ils prennent de plus en plus de volume parce que gros n’est pas un vocabulaire correct. Mais le bus, lui, pour s’adapter aux petites rues et aux milliers de voitures neuves qui les saturent, doit rester petit. Là encore, le souci c’est quand tu es déjà assis et qu’une paire de grosses fesses essaie de s’asseoir sur les quelques cm² à côté de toi qui lui est alloué. Tu sens bien que la majeure partie de sa moitié déborde sur ta cuisse. Mais il faudra, obligatoirement que ça rentre, sinon le bus lui-même sera en effraction et ce sera votre faute à tous les 3 (toi, et les 2 fesses, donc !). Puis, si tu protestes, tu auras les remarques désagréables comme : « prends le taxi si tu veux être à l’aise ! ». Bref, subis en serrant les dents ou descends de ce bus !

5- Deux gars ou plus rentrent et l’un d’eux s’assoit à côté de toi alors que le bus est presque vide.

Ou bien, le bus est plein mais quelle que soit la place qui se libère, ils insistent pour rester côté couloir. Ils parlent fort ou feignent d’avoir mal ou d’être très fatigués. Ils enlèvent leurs blousons ou leurs sacs et le mettent sur les cuisses et sur les tiennes. Ils ne paient pas le frais ou donnent 400 Ariary en disant au receveur que c’est leurs frais à eux 4 ou 6. Regarde le receveur et il aura ce rire gêné à chaque fois qu’ils font des blagues pas drôles. Là si tu es encore dans le bus, c’est que tu es déjà au courant de la situation et que tu peux faire face. Sinon, range tes affaires et serre-les bien fort dans tes bras en sortant de ce bus. Ce sont des bandits qui sont en train de fouiller les poches et les sacs des passagers et qui peuvent devenir dangereux à eux 6 s’ils se sentent menacés.

Voilà pour les situations vraiment dangereuses pour ta santé et ton intégrité. Si ce n’est pas aussi grave, c’est à vous (tous dans le bus) de défendre vos droits. Dans les grandes villes, il y a toujours des gens un peu fêlés avec qui on doit apprendre à vivre.


Top 50 de ce qui existait déjà à Madagascar avant la colonisation

Le débat sur la colonisation fait rage aujourd’hui plus que jamais. 70 ans après que nos martyrs ont donné leurs vies pour nous libérer du joug français, les malgaches aiment rappeler que 1947 était une lutte pour le retour de la souveraineté.

En 1898, les français n’étaient pas venus conquérir une île déserte, sauvage et arriérée mais ils ont envahit un royaume constitué et reconnue. Je pense que même certains jeunes ou moins jeunes malgaches ne se rendent pas compte de cette souveraineté. Ainsi, voici un top non exhaustif car arrêté à 50 de tout ce que les gens pensent être l’apanage de la civilisation et que la colonisation par la France, mère chérie, n’a pas apporté à Madagascar.

– Le feu

Palais de la reine
Le Palais de la Reine
Le Palais du Premier Ministre de la Reine

– La roue
– Le tissage
– Une langue
– 2 alphabets
– Les nombres
– Une monnaie
– Un calendrier
– Des vêtements
– Les chaussures
– La douche
– Des maisons
– L’agriculture
– La riziculture irriguée
– Le zébu
– Le monothéisme
– Le christianisme
– Des églises
– Une Bible en malgache
– Des digues
– Des routes
– Des écoles
– Une école de médecine

Palais de justice à vendre sur https://www.delcampe.net/

– Un hôpital
– Des imprimeries
– Des journaux
– Des rois et des reines
– Des Premiers Ministres
– Des Conseillers malgaches ou étrangers

Ambassadeurs en visite chez la Reine d'Angleterre
Ambassadeurs en visite chez la Reine d’Angleterre
L’église près du Palais

– Un palais de la Reine
– Un palais du Premier Ministre
– Un palais de justice
– Un drapeau
– Des lois
– Des communautés villageoises
– Des fusils et des canons
– Une armée et des forts
– La reconnaissance du Royaume Uni, la France, les États-Unis, etc.
– Des ambassadeurs
– Des fabriques d’ustensiles
– Une fabrique d’armes
– Une culture
– Des orchestres
– Des troupes de mpihira gasy (spéctacles et théatre en plein air)
– Les fomba amam-panao, le riba (usages et coutumes)
– Des proverbes
– Le hanim-pitoloha (le plat 7 en 1)
– Le Fihavanana (la fraternité)
– La fierté
– La paix

Et cetera, et cetera.

 

 

Comme par hasard, le nouvel an du calendrier malgache est justement aujourd’hui, à un jour de la commémoration du 27 mars 1947. C’est une occasion pour tous les malgaches de se remémorer qu’ils ont une identité qui est 1000 fois plus noble que celui d’ancienne colonie française. Malheureusement, la colonisation n’est pas vraiement finie et la lutte pour l’indépendance est toujours en cours. Ainsi, bonne année malgache et que la lutte continue!