Andriamialy

Le pousse-pousse ressuscite dans les banlieues de Tana

Chassé du centre ville, le pousse-pousse a depuis un certain temps trouvé le bonheur dans la périphérie d’Antananarivo.

Le pousse-pousse, ce moyen de locomotion originaire du Japon est l’une des facettes asiatiques de la Grande Île. Aujourd’hui, je suis prêt à parier que Madagascar est parmi les premiers pays au monde en terme de nombre de ces engins par habitant. L’utilisation du pousse-pousse est tellement ancienne et généralisée qu’on s’attribue même la paternité du nom français de ce jirinkisha (nom japonais).

Je me souviens de la toute dernière fois où j’ai pris le pousse-pousse à Antananarivo. Oui, je suis assez vieux pour avoir vécu cela. J’avais dans les 6 ou 7 ans et c’était du côté d’Andravoahangy. Petit à petit, les lois et décrets ont chassés ces véhicules du paysage urbain d’Antananarivo. Sauf pour prendre des photos sur l’avenue en temps de fête, il est impossible d’en apercevoir en centre ville. A vrai dire, ils ne sont pas vraiment partis mais se sont juste enlaidis et transformés en ces hideux chars à bras surchargés de marchandises ou de matériaux qui entravent la circulation. Déjà, se mettre sur un pousse-pousse est gênant, quand tu es assis comme un cocher derrière l’homme qui marche et qui court devant toi telle une bête de trait. Lorsqu’on voit ce ou ces pauvres gens charrier une tonne sur une charrette à la force des bras, on ne peut pas avoir l’habitude. C’est trop triste.

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Photo : Martin Kalfatovic

Mais comme on dit, il n’y a point de sot métier. Ce genre de travail,  tirer le char à bras, nourrit son homme, souvent sa femme et malheureusement ses enfants aussi. Mais comme on dit ici, il vaut mieux travailler dur que voler, il ne faut pas non plus chercher à interdire ce travail presque inhumain sauf si on a autre chose à proposer.

De l’autre côté, tracter un humain sur son pousse-pousse est un travail qui est mieux considéré. Il faut voir du côté d’Antsirabe, la capitale malgache du pousse-pousse pour voir combien c’est un métier admiré, envié. Non, pas à ce point là mais tu peux quand même trouver des enfants ou des jeunes qui vont dire que plus tard, ils voudront devenir tireur de pousse-pousse. Et c’est dans ces villes comme Antsirabe, Toamasina ou Mahajanga que le pousse-pousse continue à régner en maitre, survivant à chaque nouvel arrivant que ce soit les taxis, les bus ou les tricycles.

Selon le besoin, chaque ville a apporté des modifications techniques et fonctionnelles aux poussepousses. A Antananarivo, on a toujours le même avec une petite case juste pour une personne, une bâche et des roues en métal cerclé de caoutchouc. A vrai dire, la bâche et le capitonnage ont déjà disparus et il ne reste plus que la carcasse qu’on renforce pour soutenir plus de marchandises. Sinon, l’évolution est allé vers de petits chars à bras comme sur la photo avec des roues de voitures. Dans les autres villes comme Majunga, on a plutôt laissé la version originale qui avait de grandes roues et un capot rabattable au transport de marchandises tandis que la version « passager » est un peu plus petit avec des roues de moto sur des rayons métalliques. La version la plus aboutie semble être celle d’Antsirabe car cette ville présente des descentes et des montées ainsi que des routes plus ou moins bonnes. Et c’est aussi à Antsirabe que le cyclo-pousse s’est développé et est maintenant en assez grand nombre pour concurrencer la version à pied.

La version initiale encore utilisée à Toamasina
La version initiale encore utilisée à Toamasina

 

Le modèle Antsirabe
Le modèle Antsirabe

 

Antsirabe et Antananarivo se ressemblent beaucoup. S’il y avait de nouveau des pousse-pousses à Tana, ce serait surement la version Antsirabe qui aurait la côte. Mais c’est presque impossible. Dans les pays développés, on a tendance à les introduire pour le tourisme. Peut-être qu’un jour, une licence spéciale sera accordé à l’Office Régionale du Tourisme à Tana car une visite d’Analakely, Antaninarenina, Isoraka ou Andohalo ne serait pas si déplaisant à bord d’un pousse-pousse.

Tandis qu’autour de Tana, il y a de plus en plus de pousse-pousses qui transportent des gens. Il y en a à Andoharanofotsy, au Sud, par exemple. Il y a une station au croisement vers Bevalala. A partir de là, c’est le pavé puis la terre battue. Même les taxis qui sont là refusent d’aller trop loin dès que l’on quitte les pavés. J’étais là-bas, un jour pour aller du côté d’Ankadivoribe (village que les fans des films Malok’ila connaissent bien). Il y avait une vieille R12 qui a accepté de m’emmener. Le conducteur était causant. Il disait : « Moi, j’ai cette R12 qui est robuste et pour moi, tant qu’elle roule, je travaille et si elle tombe en panne, je répare et c’est tout! ». Et il continue : « Avec l’état de la route, les autres taxis ne vont pas loin et les pousse-pousses gagnent presque tous les clients ».

Il faut dire que la ville d’Antananarivo s’étend à vitesse exponentielle. En peu de temps, les communes voisines comme Andoharanofotsy, Ambohimangakely ou Sabotsy Namehana deviennent très peuplées sans que les infrastructures n’arrivent à suivre. Comme il n’y a plus de fracture, plus de no man’s land qui les sépare du centre ville, je dirais qu’il font partie de la mégalopole d’Antananarivo. De toute les façons, la majorité des gens qui y dorment viennent étudier ou travailler au centre, comme moi. Et c’est dans cette vision que du temps de Ravalomanana, on a voulu encercler le tout par l’inachevé By-Pass.

Je m’énerves un peu. Comme à Antsirabe ou Toamasina, les pousse-pousses sont les rois de la route dans les petites rues d’Andoharanofotsy. Klaxonnes comme tu veux! le pousse-pousse ou le cyclo-pousse occupera sa colonne comme il le voudra. Je suis en retard! Mais mon chauffeur est plus conciliant. Il a conscience que ces gars là travaillent avec leurs tripes. « Tu sais, me dit-il, ces gars sont très forts mais ils ne doivent jamais tomber malade car dès qu’ils tombent malade, ils meurent ». « Ah bon? » ai-je répondu, incrédule.

L’espérance de vie à Madagascar est autour de 65 ans. C’est à dire que la plupart des jeunes retraités malgaches s’en vont de suite pour la retraite éternelle, un vrai carnage. Mais tu ne verras jamais un tireur de pousse-pousse de 65 ans ou même de 60. A bien y penser, ce n’est peut-être pas le tireur de pousse-pousse qui est trop fragile face aux maladies. Il suffit de comprendre la logique : le mec travaille tous les jours pour un maigre butin. Son travail le fatigue et il peut tomber malade mais il n’a pas d’assurance maladie, pas de couverture sociale, rien du tout pour le protéger du moindre pépin. Il doit payer les frais médicaux de sa poche. Et s’il ne travaille pas, il ne gagne pas d’argent. C’est un cercle vicieux tout a fait mortel.

Alors, il y a des questions que je ne me poses pas. Par exemple, je ne me demande pas s’il faut se réjouir du retour des pousse-pousses autour de Tana ou « les pousse-pousses sont de retour, jusqu’à quand? ». Pour l’instant, c’est juste un constat. Les pousse-pousses et les cyclo-pousses retrouvent des couleurs aux alentours de Tana. C’est peut-être provisoire. Peut-être que dans 10 ans, on les retrouvera 10, 30 km plus loin. Plus de pousse-pousses aussi font plus de tireurs de pousse-pousses. C’est peut-être une bonne chose pour le taux de chômage ou c’est juste une filière informelle de plus qui échappera à l’IRSA et à la couverture sociale.

Donc, la vraie question serait : faut-il ou non encourager son utilisation? Ma réponse est « pourquoi pas? ». Mais, bien sûr, il faudrait des routes larges comme à Antsirabe ou dans les villes côtières. Et il faudrait, aussi, voir la situation de ces gladiateurs qui vendent si cher leur peau pour transporter les gens. Je rêve. Mais pourquoi, un de ces jours, on n’aurait pas la couverture sociale pour eux comme pour les chauffeurs et receveurs de bus, les gens de maisons et tous les autres qui travaillent mais qui n’ont aucun droit?

Bref, les pousses-pousses ne doivent pas disparaitre des villes de Madagascar. Je ne serais, même, pas contre leur envahissement, à nouveau, d’Antananarivo. Mais il faudrait juste que ce soit bien planifié mais pas que cela s’installe juste sauvagement.

 


Madagascar : le banquet du nouvel an du président est (déjà) gâté

A Madagascar, comme chaque année, la Présidence malgache va accueillir ses invités au grand palais d’Iavoloha pour fêter le nouvel an. Mais cette année, rien n’est plus comme avant.

Chaque année, c’est une fête grandiose qui est préparée. Il y a des discours, il y a des animations, il y a de la danse, dont l’obligatoire afindrafindrao, et il y a le banquet. Depuis un certain temps, tout cela est retransmis en direct à la télévision. Les Malgaches de toute l’île peuvent, alors, admirer les convives, envier les élus et saliver en les voyant remplir leurs panse et leurs sacs en plastique.

Il n’y a pas grand chose qui change, cette année. A l’heure où j’écris, les préparatifs vont bon train et aux dernières nouvelles, ce banquet aura lieu. Mais déjà, les blagueurs sur les réseaux sociaux se demandent comment les invités vont faire sans sacs en plastique. Je vous explique. Certains Malgaches ont l’habitude de ramener de la nourriture à la maison après une fête. Cette pratique est pourtant jugée honteuse par la société. Lors des précédentes retransmissions télévisées des banquets d’Iavoloha (le palais présidentiel), on pouvait voir certains invités remplir des sacs en plastique, bien avant la fin de la fête. Aujourd’hui, les sacs en plastique sont interdits à la vente à Madagascar, d’où ces plaisanteries.

Mais plus qu’une simple plaisanterie, les oppositions à la tenue de telles fêtes se multiplient, se durcissent, se radicalisent presque. Ce n’est pas nouveau, un texte de 2015 dans une média local a annonçait déjà la couleur. Des mots, comme « dilapidation », « gabegie » retentissent année après année et le président semble ne rien entendre. Cette année, les textes sont plus virulents. Les invités sont d’avance hués, insultés, voire maudits. Un média local les appelle, par exemple, des « poera poara » qui est intraduisible mais vous pouvez imaginer un dindon qui fait la cour à la dinde.

Sur Facebook, cette image a été partagée des milliers de fois :

Banquet du vendredi 08 janvier 2016 au Palais d’État de Iavoloha : Annulez car cela dilapide notre argent!

Il faut lire les commentaires pour se rendre compte à quel point certains Malgaches sont indignés par cette fête. Et malheureusement, l’amalgame est toujours de mise. Pour nombre d’entre eux, les fautifs, si faute il y a, n’est pas seulement le président, ni le gouvernement, mais aussi tous les invités qui acceptent de participer à ces « coupables » orgies. Pour dire combien cette situation inspire les Malgaches, comme illustration, je vais vous traduire ce poème que j’ai vu sur une page facebook.

Tonokalo

 

 

OZONA SY KAFARAM-BAHOAKA (Malédiction et plaintes contre l’État de la part du peuple)

Dia mandry ve ny sainareo ry mpilalao politika?? Avez-vous l’esprit tranquille, joueurs de politique ?
Amin’ity fako @ taonina fa tsy mba an-tsobika Avec ces tas d’ordures qu’on mesure en tonnes et non plus en sacs
Nefa ianareo andeha hamoky tena @ hanim-pitoloha Alors que vous allez vous rassasier lors un buffet
Matikambo @ 60milion ariarinay fa oetsy Iavoloha A Iavoloha, fiers de vos 60 millions d’Ariary à dépenser

Alahelombahoaka no hamenoana kibo C’est avec la tristesse du peuple que vous remplissez vos ventres
Dia irangirango tia tena no tsy hanao karibo Pour vous empiffrer d’égoïsme sans dire karibo (bienvenue)
Efa itanay eto indray fa ampiesona sy hihira On vous vois déjà dormir (discours) et chanter
Be palitao nefa MAIMBO ZAORIDIRA Avec vos grands costumes qui SENTENT L’ORDURE

Ka hoy ny ozonay vahoaka manao hoe: Le sort que jette le peuple sur vous est :
Hiola-tsinay anie nareo ka hivalana be Que vos intestins se tordent et que vous ayez la diarrhée
Hisotro ianareo ka ihinana Vous allez boire et manger
Harary kibo ipiriritra ka itongilangilana Que votre ventre vous fasse mal et vous fasse plier
Tsara kafara tompoko andairan’ny ozona Si bien contestés, messeigneurs, que la malédiction va opérer
Hiziha-kibo,kibotaina toy ny trozona Que vos ventres gonflent, que vous soyez gonflés comme la baleine
Handoa ra hioaka eran’ny trano Que vous vomissiez du sang, que vous en crachiez dans toute la salle
Fa hanina feno ozona hapiditra anareo angano Car c’est un repas maudit qui vous apportera malheur

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0d/Iavoloha_palace.jpg
Le palais d’Iavoloha

Il faut comprendre le peuple quand des initiatives comme celle-là trouve de tels échos. Il y a tant de paradoxes dans ce pays. Des paradoxes curieux peut-être, mais surtout  perçus comme des injustices. Le peuple malgache est parmi les plus pauvres du monde, alors que ses administrateurs se permettent de faire une fête grandiose dans un des plus beaux palais d’État d’Afrique et peut-être du monde. En cette saison de pluie, la situation des Malgaches est des moins enviables avec le mauvais état des routes, les bas quartiers inondés, les ordures qui s’amassent, les virus et bactéries qui pullulent, les maisons qui s’effondrent et la faim toujours présente. Ce n’est pas seulement une question de l’alahelon-kanina (convoitises du repas de l’autre) mais une vraie prise de conscience de la réalité de la pauvreté.

De l’autre côté, est-il possible pour le président et pour le gouvernement d’annuler le banquet du nouvel an? D’abord, c’est une tradition. Fêter le nouvel an est une pratique datant des rois et une marque de souveraineté. Une invitation ou une non invitation a des significations hautement politiques. Et il ne faut pas oublier que c’est une occasion pour le chef de l’État de créer ou de consolider ses relations avec des personnalités influentes, des diplomates et des financiers.

Que dire de la somme de 60 milliards d’ariary qui circule sur les réseaux sociaux? Je ne connais pas le budget officiel mais dans le texte de l’année dernière, un journaliste a calculé un minimum de 45 millions. Je pense que 60 milliard est juste une somme farfelue, qui sert d’effet d’annonce, car il serait impossible de débourser 40 millions d’ariary (11 000 Euro) par invité en une journée, même en lui faisant manger du caviar à la louche et boire du champagne en fût, mais qui sait? Disons que 100 millions d’ariary, cela fait déjà une belle somme, qui pourrait être bien mieux dépensée ailleurs. Divisé par les milliers d’invités, cela correspond aux prix actuels d’un très bon buffet de mariage ou d’un excellent buffet de restaurant huppé.

L’analyse est donc simple. Le banquet du nouvel an, pour ses détracteurs, est juste un prétexte. Ce que ces gens espèrent c’est que le gouvernement et les dirigeants se montrent plus concernés par les problèmes du peuple car ce qui est perçu c’est plutôt un clivage, un fossé qui les sépare d’eux. Et le banquet est une illustration, une bonne métaphore, pour désigner qui sont les élus, les privilégiés, et qui sont le reste du monde. De la même manière, la beauté du palais dans la banlieue sud contraste fortement avec les rues abîmées et couvertes de boues et de détritus de la ville d’Antananarivo. Sa beauté est une preuve que les politiciens ne font pas assez pour améliorer le quotidien des Malgaches. Ils ne pensent qu’à eux-même.

A chacun d’en tirer une leçon. Oui, le message est, cette fois-ci, plus fort, plus criard. Je ne sais pas si la leçon a été apprise ou si elle a atteint les oreilles de sourds. Les dirigeants du pays doivent montrer leurs engagements contre la pauvreté et pour le bien-être de la société. Même si l’annulation du traditionnel banquet du nouvel an n’est pas une solution définitive, il faut afficher cette volonté en faveur du peuple,  au quotidien. On ne pourra jamais reprocher au peuple de s’exprimer à sa façon. La réaction, souvent au premier degré, des Malgaches s’inscrit dans nos mœurs d’insulaires. On n’est pas très nombreux et notre valeur première est le fihavanana (la famille, comme Ohana chez les Hawaiens). C’est pour cela que tout ce qui se passe ici concerne tout le monde. Et si les dirigeants montrent le bon exemple, il est à parier que tous suivront, naturellement.

Pour finir, j’aimerais, via mon blog, ne pas maudire les invités au banquet. Parmi eux, il y a ceux qui sont déjà fortement engagés dans le développement de Madagascar. Il y a de bons citoyens qui mériteraient plus qu’un simple banquet et d’autres qui n’ont pas demandé à être présents mais qui doivent l’être pour le travail. Je vous dit « bon appétit! » car je sais bien que cette année, l’ambiance est un peu pourrie.

 

 


Un mois de décembre de folie

C’est bien la nouvelle année mais je vais encore raconter mon 2015 en vous racontant mon mois de décembre de folie!

1er décembre 2015, je me réveille. Je suis sur le lit du haut d’un superposé dans un chambre d’une auberge quelque part dans la banlieue de Dakar, au Sénégal. Je me lève et je sors sans déranger mes colocataires pour la semaine : Issa et Yves. Grâce aux 3 heures de différence avec Antananarivo, j’arrive à me réveiller en forme beaucoup plus tôt que tout le monde. C’est mon programme quotidien pendant la semaine de formation mondoblog 2015. Je me lève, je me prépare, je vais me connecter à internet, je prend le petit déjeuner avec tout le monde et on part à la formation pour la journée avant de revenir le soir manger, se connecter à internet et dormir.

lit superposé
C’est là-haut que j’ai dormi pendant la formation mondoblog, un retour en enfance, ambiance colo

Mais, bien sûr, il y a eu autre chose que de la formation à Dakar. J’ai visité la ville. Preuves en images.

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Moi et mon petit ventre en ballades dans Dakar
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Dans une ruelle de l’île de Gorée
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Ave la perspective, je suis presque aussi grand que l’homme du monument de la Renaissance

07 décembre, je débarque de l’avion. Je me suis trompé de 3 heures et la voiture censée me prendre est déjà partie. Après la valise oubliée à l’hôtel, la veille, je me demande si je ne suis pas un peu trop fatigué par la mondoformation pour faire tant d’erreurs. Je vois ma femme et mon dernier fils à l’aéroport, un peu fatigués de m’avoir attendu des heures. Heureusement que mon petit frère travaille à l’aéroport et a sa voiture avec lui. On lui emprunte sa BMW et je conduis, doucement, car encore un peu groggy, dans les rues encombrés de Tana. Entre Dakar et Tana, les images se mêlent, se ressemblent, se contrastent. Le choc est un peu violent, je n’arrive pas à bien me situer. Pour me tenir éveillé, on se raconte les nouvelles mais, déjà, on met au point le programme, hyper chargé de la semaine. Demain après-midi, je fais enregistrer le dernier morceau de notre groupe par ma sœur. Vendredi, c’est le mariage civil du petit frère. Samedi, c’est le grand concert pour l’anniversaire du groupe évangélique Balsama dont je suis fondateur et compositeur et Dimanche, c’est le mariage religieux suivi du banquet pour mon petit frère.

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Jour de studio pour les Balsama
violon andriamialy
Là, je prends en sérieux ma petite solo de violon pendant le concert des Balsama
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Mariage à l’église de mon petit frère
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Au banquet, je m’improvise photographe

14 décembre, quelque part sur la RN2, vers Toamasina et Foulpointe, je suis en train de remplacer mon père au volant de la voiture familiale. Trop épuisé par le mariage, la veille, il n’arrive pas à tenir 50 km d’affilée, lui qui est chauffeur au long courrier depuis plus de 30 ans. Je me dis que, cette fois-ci, c’est le repos et les vraies vacances. Le hic, c’est qu’on a eu tellement à faire pendant tout le mois qu’on a juste réussi à caler 3 jours entiers pour ces vacances au bord de la mer avec ma sœur, de passage à Madagascar. Avec mes 5 enfants, on ne peut pas dire qu’on s’est totalement reposé avant de refaire une demi-journée de voyage le jeudi pour revenir. Le dimanche après-midi, après avoir fêté entre nous cette 15ème anniversaire du groupe Balsama et soufflé les bougies, nous avons, enfin, eu le sentiment d’avoir tout fait comme il se doit, grâce à Dieu.

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Séance de tannage à la station balnéaire de Foulpointe
Cérémonie de clôture des 15è années des Balsama
Cérémonie de clôture des 15è années des Balsama

21 décembre, je suis de retour au bureau. Je n’ai plus un jour de congés mais j’ai la tête pleine d’images, de super moments que j’ai passé à Dakar, à Foulpointe et à Tana. Pas le temps de me concentrer davantage, j’ai la liste du Père Noël avec moi. Avec mon temps de pose, je dois aller visiter toutes les boutiques du Père Noël (que ses ateliers chinois approvisionnent) et choisir avec intelligence les cadeaux qui satisferont à la fois la liste et mon budget. Cela fait plus de tours dans les magasins, plus de comparaison, plus de marchandage, enfin, des techniques de shopping à la malgache. Mais que c’était fatiguant!. Le 24 décembre, vers minuit, quand la surprise est préparée, on se sent quand même un peu fier et on sent, un peu, l’excitation et on reçoit une part de la magie qui va s’opérer au matin dans les yeux des enfants.

La cheminée est trop petite pour les maro anaka (famille nombreuse)
La cheminée est trop petite pour les maro anaka (famille nombreuse)

28 décembre, je suis de nouveau au bureau. Hier, c’était le mariage traditionnel de mon cousin. Il faut dire que le mois de décembre est bien le mois pour ce genre d’évènement. Maintenant, tout le monde prépare le réveillon. Nous, comme d’habitude, nous allons nous éloigner de la ville, en famille. Ainsi, le 31 décembre, on est sur la route d’Ampefy, sous une pluie torrentielle. Il y avait trop d’embouteillages à la sortie de la ville et cette pluie nous a fait perdre un temps précieux. Fatigué, fourbu, je suis allongé dans le lit de ce gîte. C’est le dernier jour du mois de décembre et j’essaie de prendre la mesure de tout ce qui s’est passé pendant ces 31 jours. Et je me dit : « il faut que je raconte tout ça dans mon blog! ».

Mopn fils me prend en photo dans la nature d'Ampefy
Mopn fils me prend en photo dans la nature d’Ampefy

Finalement, cet article n’est pas un carnet de voyage. Ce n’est pas un reportage.  Et s’il est un peu différent de tous les autres, j’avoue qu’il n’a pas forcément un message à transmettre. Il n’a pas de leçon à donner. Peut-être que mes détracteurs vont dire que je me la pète juste un peu. Qu’importe, je me dis que dans la vie, si courte vie, il arrive qu’on veuille faire beaucoup de choses et que souvent on n’arrive à faire que très peu par manque de temps, manque de moyens, manque d’occasions. Moi, je dis qu’il faut toujours continuer à rêver et quand il le faut ou quand l’occasion se présente, on doit faire ce qu’il faut pour accomplir le peu que l’on puisse faire, même quand c’est fatiguant. Un mois de folie comme décembre dernier n’est pas à répéter souvent pour moi, mais c’était génial!

 


Top 10 : Rétrospectives 2015 sur Lay Corbeille

2015, quelle année ! Je suis en train de regarder quels articles ont été les plus lus sur ce blog en 2015 et les statistiques sont plus ou moins étonnantes. Alors chères lectrices et lecteurs habitué(e)s ou de passage, voici ce que vous avez aimé dans Lay Corbeille en 2015.

10- Madagascar, le pays le plus heureux du monde

M’inspirant un article en mois de février, cette mauvaise blague du site mediamass est complètement ironique et méchant. Madagascar aurait reçu en 2015 entre autres trophées celui d’être le plus beau pays du monde. Ce qui n’est peut-être pas si faux, remarque! Lire l’article

9- Les plus belles chansons malgaches

Encore en février 2015, j’ai donné ma playlist de chansons malgaches et étrangères que j’aime. Vous avez aimé l’article qui, ma foi, est quand même une bonne introduction à la musique malgache. C’est juste une introduction puisque la Grande île, surnommée l’Île Continent est aussi, musicalement, très vaste. Lire l’article.

8- Les personnages des contes et légendes malgaches

En 2014, j’avais fait une série sur les contes et légendes malgaches. À la 8ème place de ce top, on retrouve les personnages des contes et légendes : les Trimobe, Faramalemy, Ikotobekibo, Ikotofesty, Imahakà et les autres. Lire l’article.

7- La mort d’une star des téléréalités malgaches

La mort en décembre 2014 d’une personnalité d’une émission de téléréalité malgache a suscité une vague de sympathie nationale et une mobilisation sans précédent sur les réseaux sociaux malgache. Lire l’article.

6- Plats malgaches avec des noms français

Un autre top qui vous a marqué en 2015 est celui-ci qui recense 6 plats ou aliments dont les noms sonnent français mais qui sont typiquement malgaches. Lire l’article.

5- Musiciens malgaches internationaux

Encore antérieur au N°9, cette autre introduction au monde de la musique malgache recense 10 noms connus mondialement comme Jaojoby, les Surfs, Andy Razaf par exemple. Lire l’article.

4- Discussions chaudes?

Cette imposture est un article de janvier 2014. Je voulais raconter une conversation que j’ai eu avec un robot « chatteur » se croyant excellent au test de turing (se faire passer pour un humain le plus longtemps possible). En effet, il m’a envoyé une invitation par courriel puis a commencé à m’envoyer des messages plus ou moins suggestives. Flairant l’arnaque, j’ai…bon, si vous ne connaissez pas l’histoire, lisez l’article qui, à cause de son titre « inconsciemment » accrocheur, attire les lecteurs les plus frustrés de mon blog mais, surprenant, accuse aussi le taux de rebond (lecteurs qui restent sur le site après avoir lu l’article) le plus élevé. Comme quoi la sérendipité a du bon, parfois.

3- Les monstres de Madagascar

À la première marche du podium, mais véritablement l’article le plus aimé du blog, c’est ce recensement de tous les monstres et les créatures monstrueuses, réels ou imaginaires de l’île. Depuis sa création, en moyenne, 10 personnes par jour découvrent ou relisent cet article et j’en suis fier.  A lire, relire et à partager.

2- Lay Corbeille

Ouf, la page d’accueil du site est quand même à la 2nde place de son top 10. Elle aurait eu sa place au top mais elle n’y est pas à cause de l’anomalie qui sera en N°1. C’est une preuve que des lecteurs fidèles existent. Et c’est donc là que, déjà, je tiens à vos remercier, lecteurs de ce blog. C’est vrai que je ne suis pas comme beaucoup de blogueurs. Je ne suis pas très social, très causant. Je m’adresse à vous rarement et vous voyez bien qu’on a peu de commentaires sur le site car mes articles, je pense, n’en demandent pas souvent. Et pourtant, les visiteurs sont nombreux (plus de 2 par jour). Et même si vous ne commentez pas les articles, j’apprécie les encouragements sur la page « à propos« , sur la page facebook, sur twitter et dans ma boîte mail, Merci!

1- Les malgaches sont fous

Voici donc l’article « anomalie » qui a crevé le plafond en 2015. J’avais poussé ce coup de gueule en novembre 2014 pour dénoncer quelques crimes à Madagascar qui étaient particulièrement horribles. 18 visiteurs le premier jour et un pic à 47 le lendemain avant de se tasser. Sans que je le veuille, certains activistes du web gasy ont voulu le partager à chaque fois qu’un autre crime odieux, particulièrement dégoutant, voire dérangeant était découvert et Dieu sait s’il y en a eu en 2015 (attaques de dahalo, kidnapping, meurtres, notamment, l’affaire Nambinina en février). Résultat : l’article a été lu et commenté par beaucoup de personnes, y compris celles qui ne sont pas habituées au second degré du site (ou dans la vie en général), celles qui même si on explique, ne comprendront pas, les supposés patriotes indignés, des gens qui ne m’aiment pas dans la vie pour d’autres raisons, etc. Je dirais quand même que le message est passé et beaucoup, pas tous mais beaucoup, l’ont compris. Tuer, violenter n’est pas dans la coutume malgache, il faut revenir à nos valeurs. Les malgaches ne sont pas fous! ai-je titré juste après cet article, je l’espère toujours! Lire l’article

 

Voilà, ce top 10 est basé, uniquement sur l’analyse des flux sur le site. Je n’ai pas affiché mes préféres en termes d’esthétiques ou de rédaction. Je n’ai pas fait voté des lecteurs. Sûrement, il y a eu des articles plus impressionnants mais qui ne sont qu’à la 11è, 12è ou 53è place en terme de visites. Si moi, j’avais à proposer des articles à relire, je choisirais certains comme la cocotte minute en janvier, le vodiondry en juillet ou le récent top 5 des remplaçants du sac en plastique. Je pourrais aussi proposer des classiques comme mon guide pour surfer sans risquer la prison à Madagascar, mes 3 essais sur le thème « chez moi, c’est… » ou juste mon album photo . (Oui, je suis moi-même lecteur du blog) Et pour tout découvrir, je vous fais confiance!

Bonne fin d’année 2015!!!

 

 

 


Madagascar : il faut manger les routes

Finalement, il faut se rendre à l’évidence : les routes seront la base de notre alimentation à Madagascar sinon préparons-nous déjà à mourir de faim.

Qui a dit que les routes ne se mangent pas?

On  connait tous le parti TIM de Ravalomanana et son slogan « construisons les routes à Madagascar« . Tout récemment, Ratsiraka Didier nous a fait miroiter son projet du siècle : une autoroute en forme de Y, 3 axes se rejoignant à Antananarivo pour relier le Sud, l’Est et l’Ouest de l’île; un projet plus ambitieux que celui annoncé en 2014 par son neveu Roland, alors Ministre des Travaux Publics. Peuple malgache, pourquoi ne faisons-nous pas confiance à nos politiciens et nous mettre à manger les routes pour de bon? Arrêtons de demander du riz, du zébu, demandons les routes et même cuisinons les nous-mêmes et le reste suivra.

En effet, le riz se mange avec un accompagnement (le laoka) mais avant d’arriver dans ton assiette, le tout a du prendre la route depuis la rizière et les champs jusque dans ta marmite. Sans la route, tu as intérêt à avoir ta propre rizière et ton troupeau de zébu. Avant, il y avait 80% de malgaches qui étaient des paysans. C’était plus logique de dire que les routes ne se mangent pas. Mais aujourd’hui, on est de plus en plus nombreux à s’amasser dans les villes et, logiquement, les routes deviennent un ingrédient de plus en plus incontournables.

Le problème est que la recette de la route est assez technique et très coûteuse. Le kilomètre de la variante « goudronnée » coûte des milliards d’Ariary. C’est pour cela que c’est un plat dont l’addition se partage volontiers. Et puis, on peut se rabattre sur des recettes moins chères comme le béton, les pavés, le gravier, la terre battue et pleins d’autres possibilités. Bien sûr, il y a la question de goût qui ne se discute pas mais « faute de grives on tue les merles ». Seule celle au goudron est la plus facile à manger. Je dirais que la terre battue est quand même assez abordable même pour un festin de quartier ou familial.

Je me souviens avoir vu la première fois de ma vie une recette de récupération de route abimée, un genre de pudding, dans un magazine européen. J’étais encore jeune mais je me souviens bien que cela apprenait comment on pouvait réparer soi-même un nid de poule apparu sur la route devant sa maison. Je me demandais alors si vraiment les gens de ce pays faisaient ça. C’est à dire que lorsque la route s’abimait devant chez eux, sans attendre les cuisiniers de l’administration, ils confectionnaient eux-même leur pâté de goudron ou de gravier et de ciments ou de terre battue et les appliquait le tout sur la déchirure pour la faire disparaître. A Madagascar, tout le monde râlerait seulement contre on ne sait pas qui : tous les automobilistes qui usent la route ou la météo qui accélère son pourrissement ou bien l’État qui n’arrive pas  à en fournir de nouvelle à chaque fois? Jamais personne n’irait volontairement réparer la route gratuitement. Ah oui, il y a quand même des garçons qui choisissent des trous à certains endroits, y amènent de la terre et passent la journée à quémander de l’argent pour ce bout de route qu’ils seraient en train d’entretenir. Je dis que toute peine mérite salaire mais ça, c’est une goutte d’eau dans l’océan.

Non, les petits encas de pavés, les gouters de bétons, les pauses goudrons contre les gros bols de terre boueuse, ou pire, les spaghettis de petits sentiers dans les montagnes, ça suffit! Il faut maintenant décréter que la base de l’alimentation des malgaches n’est plus le riz et le laoka mais la route « manara-penitra » (aux normes) qui apporte le riz et le laoka. Il faut apprendre aux enfants comment on fabrique la route. Il faut ouvrir plus d’école de cuisine, des ateliers, que dis-je, des usines pour en fabriquer. Il faut détaxer, privatiser, investir, inciter, encourager la consommation. Toute la nourriture qui, par dépit, pourrit dans nos campagnes reculées n’attendent que les routes pour remplacer de pied levé celle que l’on ramène par la mer et l’air et qui, en plus de coûter les yeux de la tête, souvent, nous donne des gaz, ou pire.

« I’ve been around the world* » chantait Lisa et Barry et je n’ai jamais rien vu de plus beau que Madagascar. Pourtant, « soa fianatse » (il faut apprendre des bonnes choses) disent les betsileo. Alors, je dirais que partout ailleurs, les gens ont depuis longtemps consommé, parfois même sans modération, le goudron et le béton. Nous, malgaches, sommes un peu en retard et justement, nous pouvons encore nous rattraper et faire de nos routes un moyen moderne, en harmonie avec notre nature, pour nous aider à nous développer. Ne nous en privons plus!

* j’ai parcouru le monde


5 faux amis de la musique latino dans la langue malgache

Sujet de fin d’année, parlons musique et danse. Je vais vous citer des mots communs mais de sens différents utilisés en malgache et dans la musique latino.

Ceci explique pourquoi il est facile aux auteurs compositeurs malgaches de faire des jeux de mots sur la musique latino et aussi pourquoi certains titres nous font sourire plus que prévu. Beaucoup de mots autour de ces musiques ont un sens en malgache, les voici.

1- TANGO

C’est la célèbre danse improvisée à 2. Et en malgache, on a la racine « tango » (prononcez « tangou »). D’elle, on a le verbe « mitango » qui signifie cueillir. Le rapprochement a été fait par le chanteur Gaby du groupe Jeneraly dans cette adaptation d’un tango argentin en ces termes :

Nioty voninkazo ery amoron-kady (on cueillait des fleurs près de la falaise)
Toa mpanambady andro alahady (comme des mariés du dimanche)
Nitangotango foana teny dia nandihy (on faisait des cueillettes et on dansait)
Nandihy sangodina eny amorom-parihy. (on dansait en rond près du lac)

https://www.youtube.com/watch?v=u5VmhS2oHS4

 

2- SAMBA

C’est une musique et danse brésilienne à consonance africaine. En malgache, samba est une racine qui est à l’origine de Sambatra = heureux et Sambany = première fois. En malgache, avec la répétition de racines, on obtient des nuances pour atténuer ou renforcer comme mafy =dur, mafimafy = un peu moins dur et mafimafy kokoa = un peu plus dur. Ainsi, la toute première fois, on dit « sambasamba ». Un titre tout trouvé pour le groupe Njila.

3- LOCA

Loco ou loca peut signifier folle/fou en espagnol. En malgache, on a 2 mots qui se prononcent pareil : « laoka » : poisson ou l’accompagnement du riz et « loaka » : troué. C’est pour cela que lorsqu’on entend « loca loca loca », on entend « à manger » ou « c’est plein de trous ».

4- TOCA

C’est le verbe toucher en espagnol. En malgache, c’est exactement la même prononciation que « toaka »= boisson alcoolisé. Vous imaginez donc combien il est drôle pour un malgache de danser sur une chanson festive qui ressasse « loca, loca, loca…toca, toca, toca… ». Une invitation à manger et à boire, à une véritable orgie et à la débauche…pas si loin de la véritable traduction, non?

 

5-BESO

Pour finir, même si la liste pourrait être plus longue, j’ai choisi Beso qui en espagnol signifie un baiser et en malgache une voix de basse.

 

L’espagnol et les langues latines en général sont un peu plus proches du malgache dans la prononciation comparés à l’anglais ou l’allemand, entre autres. Ce n’est pas vraiment une surprise de voir tant de faux amis entre eux. En parlant de musique, j’aurais pu ajouter par exemple que « bamba » signifie uniforme en malgache; que lambada pourrait se comprendre lamban-dahy (tissu pour homme); et que rumba est très proche de romba. C’est fascinant, ou pas. Les malgaches expliquent les homonymies avec une adage qui dit que « les noms sont une plantation de cacahuètes ».