Andriamialy

Top 5 des allégories dégoutantes dans les chansons d’amour d’Erick Manana

Voici 5 extraits des textes avec les clips, une manière de vous partager 5 superbes chansons de cet immense artiste.

Erick Manana est l’un des chanteurs malgaches les plus aimés et les plus célèbres à Madagascar et dans le monde. Les paroles de ses chansons sont très poétiques; tellement faciles à mémoriser mais quand on écoute bien, c’est quand même assez cru.

Commençons léger avec Ampazahoy. La chanson est une mise en garde à son amoureuse parce qu’il a peur d’être séduit par une autre. Elle commence par :

Ampahazahoy ilay orokao matsiro Donnes-m’en de ton succulent baiser
Fa ny foko mitady hanelatra Car mon cœur veut s’envoler
C’est assez léger, mais matsiro est un vocabulaire malgache  utilisé essentiellement pour la nourriture. On n’a pas trop l’habitude de comparer un baiser avec la nourriture.

Continuons avec les allusions à la nourriture. La chanson Tsy afa-bela raconte qu’il n’arrive pas à se défaire de l’emprise de l’autre. Vers la fin, on a ce texte :
Raha sendra misy ambiny S’il y avait des restes
Dia mba hamelao ahy ho fitia Laisses en pour moi par amour
Na sisa latsaka an-dovia Même des miettes tombés de l’assiette
Dia ataoko ho ampy ahy satria pourront me contenter car
Tsy afa-bela aminao je ne peux pas me défaire de toi
Hatrizay ka hatrizao… depuis toujours et jusqu’à ce maintenant
On parle d’amour et c’est très misérable. Un amour de SDF. Dans la vie de tous les jours, est-ce qu’une femme aimerait un homme (et vice versa) qui « mitsindroka » ramassent les miettes sous la table?

Il y a pire dans l’adaptation de « Ne me quittes pas » Aza ilaozanao quand il met en musique une expression malgache qui signifie pardonnes-moi :

Milela-paladia e, tena handohaliako! Je lècherai la plante de tes pieds, je me mets à genoux
Aza hilaozanao, aza hilaozanao Ne me quittes pas, Ne me quittes pas

https://www.youtube.com/watch?v=XwIVfTv0wac

Le refrain de Mitsonika aminao n’est pas dégoutant quand on comprend que c’est une image. Mais pris au premier degré, c’est un film d’horreur

Mitsonika aminao e! Il te fond dessus
Ity foko lasanao Lala ô ! Mon coeur que tu a pris ô chérie!
Mitsonika aminao e!  Il te fond dessus
Miraradraka  Il tombe en lambeaux
Tsisy fanafany a! Il n’y a pas de remède
Fa raofim-potsiny! Il se ramasse!

https://www.youtube.com/watch?v=_UGbxHJVets

Finissons avec la série des maladies de la peau. Izay ratranao dia feriko :

Izay ratranao dia feriko C’est ta blessure ma plaie.
Takaitranao no aretiko ton handicap ma maladie

Difficile d’imaginer, même un Francis Cabrel chanter une déclaration d’amour avec ces mots, mais en malgache, ça marche.

L’amour comme blessure qu’il faut soigner est un thème récurrent des chansons d’amour malgaches. Chez Erick Manana, on le retrouve aussi dans Maloya  :

Mba ento misidina Emmène-moi dans ton vol
Misy ratra tsy sitrana J’ai une blessure non guérie

Pour la dernière chanson, il n’y a pas de vidéo d’Erick Manana mais ce gaucher n’est pas si mal non plus. Fitiavana Kely parle d’un petit amour qui s’incruste, qui ne veut pas disparaître, comme une petite chose qui chatouille, un rhume qui donne envie d’éternuer, etc. Dans la 2ème strophe, la comparaison est des meilleures :

Maso miherika foana, Les yeux qui se retournent sans cesse
Tsiky niantefa tsy fidy  Un sourire adressé par hasard
Eritreritra sendra tsaroana  Une pensée qui revient soudainement
Toa votsy mampangidihidy. Comme une verrue qui gratte

Oui, ton amour est ma verrue, quoi! Voilà comment on doit chanter l’amour façon Erick Manana. Mais on aime!!!

 

 


Grandir à Antsirabe, l’association, est passée à la télé française

Ce n’est pas un scoop mais je tiens à communiquer dessus. En fait, on m’a demandé de de communiquer dessus. et j’ai accepté, bénévolement. Le bénévolat, l’entraide, le don, il n’y a que ça de vrai. L’association « Grandir à Antsirabe » y sait quelque chose

Donc, je ne suis pas le premier blog malgache à relayer cette information. On l’a déjà, succinctement, vu sur le blog de Madagascar. De jeunes touristes français seraient venus à Madagascar pour construire une école.

L’information ne m’a pas trop emballé, au début. Le titre est sensationnel, certes, mais c’est souvent le cas sur ce site qui s’appelle aussi blog. Il y en a de plus en plus de sites de ce genre, actuellement, sur la place. On sent qu’il y a une équipe derrière (ou un gars qui est à 100% de son temps sur internet) et comme elles parlent d’actualités, on penserait à des sites d’informations. Mais en même temps, elles s’appellent blogs et sur certaines, les articles ne sont même pas signés. Et puis, les articles sont souvent sur des buzz locaux ou internationaux, vérifiés ou pas, et les titres sont trop bien choisis. Elles ne peuvent pas être considérées comme journalistiques.

De jeunes français viennent à Madagascar pour construire une école, c’est cool!!! On visionne le reportage et on ne peut qu’applaudir.

 

https://www.youtube.com/watch?v=y_cOa-SamWI

 

Mais voila! Une amie me contacte et me demande d’écrire un article parce que leur association est passée à la télé. Moi, je ne peux pas faire mieux que d’autres sites et journaux qui, en plus ont des pages Facebook sponsorisées. Mais elle me flatte un peu, moi et Lay Corbeille et puis c’est pour la bonne cause, et j’ai accepté.

Elle m’envoie plein de liens. Je consulte les sites et j’essaie de comprendre. D’abord, il y a l’association Grandir Ailleurs, en France qui fait partir de la fédération des associations « Grandir A ». C’est elle qui soutient une association antsirabéenne qui s’appelle Grandir à Antsirabe. Donc, la page Facebook « Grandir à Antsirabe », est en fait la page de cette association. Je croyais que j’étais invité à « liker » cette page à cause des quelques mois que j’ai passé dans la Ville d’Eau dans ma jeunesse. Encore une page « aimé » depuis des mois sans savoir ce que c’est.

Et « Grandir Ailleurs » possède comme partenaires les agences de voyages Grandir Aventure qui organise des voyages solidaires pour les jeunes comme dans le reportage et Grandes Latitudes qui organise aussi des séjours solidaires mais pour adultes et familles et l’association SAKAFO de Montpellier. Grandes Latitudes possède aussi un blog sur Madagascar. Un blog qui est à la fois guide touristique, promoteur de la destination Madagascar et vitrine des actions des associations. Ces associations reposent sur des membres, des entreprises partenaires,  d’autres associations qui ont d’autres membres et qui sont aidées par d’autres entreprises et associations, etc, etc. Tiens, Grandes Latitudes est aussi en partenariat avec une entreprise qui est une filiale du groupe pour lequel je travaille. « Ah que le monde est petit ».

Grandir à Antsirabe œuvre depuis 10 ans sur 4 fronts : la protection des enfants des rues, l’appui aux infrastructures pour l’éducation comme la construction d’école dans le reportage, renforcement des capacités de la Société Civile et activités génératrices de revenues.

Je dis à mon amie que moi, aussi, avec quelques amis, on a une utopie de créer un orphelinat idéal. Sans me décourager, elle me cite les difficultés d’une telle entreprise et me raconte quelques expériences pendant ces 10 ans d’activités à Antsirabe. Elle me dit qu’il faut surtout des fonds, beaucoup d’argent, si c’est un orphelinat. Grandir à Antsirabe se focalise surtout sur la protection des enfants de rues et sur les infrastructures scolaires, activités qui nécessitent, relativement, moins de fonds. Et pourtant, il faut toute la machinerie que j’ai expliqué ci-dessus pour faire survivre l’association. Et même, ils sont souvent en difficultés, tellement il y a à faire.

Je la comprends, alors d’en venir à quémander un article à un pauvre blogueur non sponsorisé pour parler de son association. Remarque, je l’aurais peut-être fait, tout de suite, si je savais que derrière la page « Grandir  Antsirabe » que j’ai « liké » par erreur, il y avait des gens formidables qui aident des enfants à avoir une vie meilleure. Le reportage télévisé est, certes, une bonne occasion pour faire de la communication mais avouez-le, elle met plus en avant les jeunes français qui se sacrifient pour les pauvres malgaches. On entend une seule fois « ONG locale ». Mais, à mon avis, ce n’est pas trop tard pour commencer à en parler et à aider cette association et tant d’autres qui travaillent dur pour sauver Madagascar.

De plus, le concept de séjour solidaire me semble très intéressant, si on aime l’aventure. Mais, on peut choisir autre chose selon ce qu’on peut faire : prier, envoyer des dons, faire du parrainage, faire du bénévolat, quitter tout et la jouer à la mère Thérésa ou Père Pedro. Très peu de chose, en fait, mais qui peut faire du bien à la société. Et comme il est dit dans le reportage, la récompense c’est le sourire qu’on met sur un visage d’enfant, la fierté qu’on redonne à un jeune, à une mère, à un père. Pour peu qu’on soit croyant, on sait qu’une bonne action est aussi s’amasser un « trésor inépuisable dans les cieux » Luc 12:33.

Donc, Grandir à Antsirabe :

Adresse : Lot 20B30 Avaratsena, Antsirabe 110 Madagascar
Téléphone : +261 20 44 496 40
Mail : contact@grandira.org

 


Top Musique : Tour du monde des mélodies pathétiques (de ma playlist)

Pas d’article aujourd’hui, pas de blague non plus. Je veux juste, encore, partager 10 mélodies de ma playlist. Le thème c’est « tour du monde des musiques pathétiques ».

Pathétique, qui se définit comme « suscitant l’émotion », est souvent, dans la musique, synonyme de triste mais pour moi, cela peut aussi être encourageant, exaltant, fier.

Pour la présentation, je vais ajouter des commentaires, des explications ou de l’historique sur les chansons ou les mélodies pour améliorer notre culture même si ces chansons sont déjà des plus connues. Je mettrai toujours le lien vers Wikipédia et j’ajouterai mon histoire personnelle.

Afrique du Sud

https://www.youtube.com/watch?v=OLJSz-wzOHI

Première destination, c’est l’Afrique du Sud. Nkosi Sikelel iAfrica (Dieu sauve l’Afrique) est un chant religieux qui est ou a été un hymne panafricain et hymne nationale de plusieurs pays africains dont l’Afrique du Sud, la Namibie, Zambie, Zimbabwe, etc. Les paroles disent « Dieu bénisse l’Afrique et qu’il bénisse ses enfants ». Et je dis Amen.

Compositeur : Enoch_Sontonga

Le refrain de cette chanson est aussi passe-partout. Donc, j’entendais des chansons évangéliques ou profanes avec le même refrain laaala la la laaa la. Et ce refrain est toujours, musicalement, « incontestable ».

Algérie

Direction le Nord, vers l’Europe, mais petite escale en Algérie. Cette chanson Ya Rayah est devenue mondialement connue avec cette version de Rachid Taha, aussi bande originale du film Sheba Louisa.

Compositeur : Dahmane El Harrachi

Cette mélodie, inscrite au panthéon de la musique algérienne, est pour moi, la chanson arabe lorsqu’on me demande d’en citer une. Je n’en connais pas beaucoup, en fait. Je sais bien qu’il y une infinité de styles, de rythmes dans cette partie du monde mais quand on me parle de musique arabe, c’est la première mélodie qui me vient à l’esprit. Ma connaissance musicale de cette région est encore trop pauvre, pour le moment.

La chanson décourage à émigrer « Oh où vas-tu ? Ne te presses pas, tu reviendras comme tant d’autres ignorants avant toi, avant moi, sont revenus« . C’est peut-être vrai. Ce qui ne nous empêchera pas de continuer notre tour du monde. Prochaine destination l’Europe.

Europe

https://www.youtube.com/watch?v=G9EJE1ad36Q

Facile d’évoquer l’Europe avec l’hymne à la joie. C’est l’hymne de l’Union Européenne. Mais cette chanson a une longue histoire. Le texte est un poème de Friedrich von Schiller. La mélodie aurait hanté Beethoven des années avant qu’il ne l’érige en point d’orgue de sa plus belle œuvre et monument le plus grand, à mon sens, de la musique classique : sa 9ème Symphonie.

Compositeur : L. V. Beethoven

Mon premier contact avec cette mélodie date de mon année de flûte à bec à l’école. Tuut tut tut tuuuut tut tut tut tut…J’avais 8 ans. Je voulais faire de la musique malgré ma syndactylie. J’avais raison de persévérer. Il ne faut pas trop écouter des nocturnes de Chopin quand on est triste; surtout pas la surnommée  « Tristesse »,  on risque de se suicider. Avec Beethoven, Monsieur Pathétique, lui-même, la vie est triste mais il y a toujours de l’espoir au bout.

 

Russie

Célèbre chanson traditionnelle russe et probablement la plus célèbre. Sa mélodie a aussi accompagné le mondialement connu Tetris, le jeu de briques. Elle contiendrait des jeux de mots qu’on ne peut pas tous traduire. Je ne sais pas vous, mais moi, cette chanson me donne envie de danser, de sautiller de plus en plus vite. Ah oui, c’est parce que le tempo accélère, je me disais aussi.

Compositeur : Ivan Petrovitch Larionov

Mais je n’ai pas découvert Kalinka avec Tetris. J’avais la télévision soviétique pour cela. Non, on avait la télévision nationale malgache qui diffusait des émissions soviétiques, nuance !

Inde

https://www.youtube.com/watch?v=p6JrW8e-FP0

Je n’ai pas l’enregistrement du morceau que je voudrais partager. C’était un Achyutam Keshavam chanté par une prêtresse indienne à la télé mauricienne.C’est une salutation à Krishna, une divinité hindoue.

Compositeur : inconnu

Cela faisait : « Achyutam Keshavam, mmmmmmh, Krishna Mamodaram et un chœur reprenait derrière. J’étais scotché à l’écran, salivant de jalousie devant cette mélodie païenne, envoutante et émouvante. Je ne comprenais rien d’autre que « Krishna » dans les paroles. En mélomane que je suis, c’est la mélodie qui m’intéressait et celle-ci m’aurait presque donné envie de me convertir.

Chine

La Lune se reflétant dans la seconde source, Erquan Yingyueest un célèbre morceau de musique chinoise. Il a été sauvé de la disparition totale grâce à un enregistrement un peu avant la mort de son compositeur, artiste de rue aveugle du début du XXème siècle..

Compositeur : Abing

C’est le Erhu qui m’a conduit à cette mélodie. L’instrument, en lui-même est déjà très parlant et peut imprimer ses émotions dans notre tête et notre cœur quand il est bien manœuvré par l’artiste. En visionnant plusieurs vidéos de démonstration de l’erhu, j’ai remarqué des phrases (musicales) qui se répétaient souvent. Puis, j’ai découvert qu’il s’agissait d’extraits d’Erquan Yingyue. Et c’est ainsi que j’ai découvert la musique d’Abing. Dire qu’il y a, comme ça, des génies de la composition qui disparaissent avec leurs œuvres sans avoir eu la reconnaissance de leurs vivant.

États-Unis

https://www.youtube.com/watch?v=V_Epgq1NpM4

Believe it or not. La Bande originale du jeu Lucky Luke sur Playstation est un de mes albums préférés. Alors, même si Lucky Luke n’est qu’un personnage de bande dessiné Franco-Belge, j’ai trouvé dans ce jeu un morceau pour résumer la musique nord américaine. « Indian Desert » accompagne une épisode du jeu avec des indiens. C’est un mélange entre un « supposé » chant amérindien et des instruments de country.

Compositeur : inconnu

J’ai découvert que le CD du jeu était gravé comme un CD audio. Je l’ai ,donc, inséré dans mon lecteur CD. En ce temps-là, les lecteurs n’étaient pas passe partout comme aujourd’hui.

La country music est déjà vouée à être triste, à parler de choses tristes, avec ses ballades et ses valses. Même le bluegrass peut-être mélancolique. Mais avec un chant de peaux rouges dessus, c’est effectivement, très troublant. On a du mal à se mettre à la place des indiens, les méchants des westerns et les vaincus, les massacrés. L’indien était-il vraiment le méchant?

Amérique Latine

Il y a en Amérique latine des musiques par pays mais c’est aussi là-bas que la musique a le moins de frontière, à mon avis. Ainsi, j’ai choisi un brésilien qui chante en espagnol, un choix par défaut car j’aime beaucoup de mélodies sud américaines.

Compositeur : Carlos Babr

C’est le Bossa Nova que je préfère de toutes les rythmes latino. C’est en écoutant ces chansons que j’ai découvert Pecado. Là aussi, il est interdit de l’écouter au crépuscule, seul au bord de la falaise, face à la mer en se remémorant ses déboires amoureuses.

Jamaïque

 

 

Pour repartir vers Madagascar depuis l’Amérique Latine, sans passer par L’Océanie, qui m’est complètement étranger en terme de musique, faisons une escale dans une île. L’Australie? c’est de la musique aborigène, que j’ai jamais entendu ou de la musique anglaise. Un continent musical, à elle toute seule, est la Jamaïque, berceau du reggae. Mais à part Bob Marley, j’écoute surtout du Ragga.

Compositeur : Damian Marley

C’est un fils à Bob Marley qui dépeint, ici, Jamrock, une île loin d’être paradisiaque. Ce n’est pas seulement une peinture, c’est un scan 3D. On n’a pas besoin du clip pour comprendre et pour sentir l’oppression, la tristesse et la rage que ressent quotidiennement un jamrockien. Cela me rappelle Dakar et les autres bas quartiers d’Antananarivo. C’est dans une île touristique mais ce  n’est pas la plage, du tout.

Madagascar

https://www.youtube.com/watch?v=kuzXmQgCbmI

Les chansons pathétiques à Madagascar, surtout si elles datent un peu, son pléthores. Le « sad end » étant une marque de fabrique de l’art littéraire malgache (livres, théâtre, poèmes et paroles de chansons). Cette chanson parle d’une personne qui veut rejoindre son amoureux(se) loin d’elle mais qui ne le peut pas. Elle va donc emprunter tour à tour une mélodie sifflée, les couleurs des nuages et le vent pour être avec lui (elle). J’ai déjà posté une traduction de cette superbe chanson dans un autre blog.

Compositeur : Tselonina

J’aime la musique de Tselonina depuis le temps qu’il chantait avec et composait pour Mireille (une chanteuse malgache célèbre dans les années 1980). Ces chansons sont aujourd’hui, presque toutes, devenues des classiques dans les répertoires des artistes et des salles de karaoké mais surtout chez les gars qui grattent la guitare au coin de la rue, sur la clôture.

 

Voilà, notre liste de 10 mélodies pathétiques parmi les centaines de morceaux que j’écoute régulièrement est finie. Cela m’a permis de faire un petit tour du monde. J’espère que vous avez voyagé avec moi. À une prochaine fois.


A Madagascar, le changement c’est que c’est plus cher

J’ai enfin compris comment ça marche dans ce pays. Le changement, c’est que les prix augmentent.

En matière de transport, ce n’est pas que les voitures deviennent plus confortables ou qu’il y ait moins d’accidents. C’est juste que les frais augmentent.

Vous me direz que c’est à cause du carburant dont le prix à la pompe augmente. Mais il faudra, d’abord, me réexpliquer pourquoi lorsque le baril atteint des records en terme de baisse de son prix, l’essence et le gasoil augmente sans cesse. Ou bien, c’est juste pour suivre la logique.

La logique fait que lorsque le prix de l’essence augmente, le prix de toutes les marchandises aussi augmente en même temps. Pas sur le prochain stock mais vraiment en même temps. C’est logique. L’inflation, est devenu une vraie logique des choses pour bien faire à Madagascar.

Par exemple, on veut lutter contre la pollution par le sachet en plastique. On a voté une loi qui les interdit. La loi a été communiqué à grand frais dans les médias. Finalement, il y en a toujours autant, seulement, ils coûtent 100 Ariary de plus.

C’est comme le parking. Aujourd’hui, ils sont gérés en centre ville d’Antananarivo par une entreprise privée. Alors, le centre ville est toujours un immense parking avec plein de vendeurs à la sauvette et il y a toujours de plus en plus d’embouteillage mais seulement  une place est beaucoup plus cher.

Vous vous dites peut-être que je dis n’importe quoi. Mais regardez votre facture d’eau et électricité. Qu’est-ce qui a vraiment changé? Les délestages sont toujours là, avec les conséquences que cela a sur les appareils électriques. Il est toujours aussi ardu de raccorder sa nouvelle maison au réseau. Ce qui a changé c’est que la facture a fortement augmenté.

L’électricité et le gaz étant trop chers, on a voulu revenir au charbon de bois. Le charbon de bois malgache est toujours cette matière noire, salissante, un vrai gâchis environnemental qu’on achète en sac ou à la louche. Seulement, le prix est devenu très élevé. Les rumeurs sont nombreuses : certaines disent que les paysans ne veulent pas en produire car ils moissonnent et qu’ils ont de l’argent. D’autres disent qu’il y a des spéculateurs qui stockent le charbon quelque part. Il y en a même qui disent que les chinois exportent tout le charbon depuis la source.

On entent parler des chinois partout. Ils achèteraient tout. Ce qui est sûr, c’est qu’ils vendent aussi beaucoup. Mais pour leurs centres commerciaux, ils ont déjà annexés tout Behoririka, Tsiazotafo,des parties Analakely, Ankadifotsy et Tsaralalàna. Et la perception des malgaches des ces chinois n’est pas très bonne surtout avec l’affaire de la mine d’or de Soamahamanina que des chinois veulent exploiter aux dépens de la forêt unique de tapia abritant les vers à soie de la célèbre soie malgache. On avait toujours des chinois à Madagascar mais ceux là sont exorbitants.

Peut-être qu’ainsi va la vie. Rien ne deviens plus facile. La qualité n’est jamais bon marché. Le luxe appelle le luxe. La fin du monde approche, etc, etc. Mais ce qu’on oublie souvent, c’est que mon salaire lui, ne suit pas la même logique. Alors, augmentez chers prix, frais, dépenses, impôts, mais laissez-moi et mes enfants manger à notre faim et partagez-vous le reste. Ce reste, lui, n’augmentera pas.


Nouvelle loi sur la communication : ce que ça va changer aux blogs malgaches

L’article 20 du code de la communication vient d’être adopté par l’Assemblée Nationale malgache. Désormais, tout va changer dans les blogs malgaches.

Pour rappel, cet article dit que la diffamation et l’injure à l’envers « les corps constitués, les cours, les tribunaux, les forces armées nationales ou d’un État, les administrations publiques, les membres du gouvernement ou de l’Assemblée parlementaire, les fonctionnaires publics, les dépositaires ou agents de l’autorité publique, les citoyens chargés d’un service ou d’un mandat public, temporaire ou permanent, les assesseurs ou les témoins en raison de leurs dépositions », bref tout le monde et pas n’importe qui est désormais passible de poursuites et de condamnation au pénal.

Même si les journalistes sont les premiers concernés par le code de la communication, il est clair que la cible pour son application est facilement étendue à … tout le monde, du blogueur au membre des réseaux sociaux de part leurs publications sur internet.

« Diffamation » et « injures » étant des termes très subjectifs, on pense que les blogueurs vont devenir très prudents. De ce fait, on ne verra plus jamais dans les blogs malgaches :

  • des rumeurs totalement utopiques selon lesquels untel aurait acheté un avion ou untel aurait annexé un terrain ou untel aurait des connexions avec des trafiquants internationaux pour exporter bois de roses, autres bois précieux ou animaux rares et en voie de disparition.
  • des rumeurs fondés ou pas mais de toutes les façons sans preuves sur un pseudo tueur en série qui écrase les têtes de ses victimes à coup de bois rond ou de moellon et qui serait commandité par untel pour des rites vaudou; sur certaines personnes qui dicteraient tout au dépens de leurs conjoints; sur quelqu’un qui serait en cavale de polichinelle sur une île mais qui resterait invisible aux radars.
  • des graves insultes du genre : « espèces de cons », « bande de singes »,  » sans cervelles », etc.
  • des insultes plus imagées comme « vous n’êtes que des raclures », « tu n’es qu’un faux-cul », etc.
  • d’autres avec plus de sous-entendus comme « achetés », « vendus », « girouettes », « prostitués » etc.
  • et si on n’a pas la preuve ou le diagnostic médical nécessaire, on ne pourra pas dire : « vous êtes un menteur », « vous êtes un voleur », « vous êtes incompétent », « vous êtes nuls », « on est pauvres », « on a été baisés », etc.
  • On ne pourra plus utiliser des surnoms péjoratifs comme « beloha », « betay », »bekankana », etc.
  • Et les surnoms malgaches étant plus inspirés que cela, on aura peur d’utiliser hors contexte, même des noms communs, des noms d’objets comme : ressort, apache, écrevisse, ananas, pont, lapin, etc.

A partir de ce jour, les blog malgaches, mêmes les status facebook ou twitter et tout l’internet malgache vont devenir plus propres, aseptisés, inodores et incolores sauf si, des personnes mal intentionnées osent sortir de chez eux, se déguiser et aller dans un cybercafé pour ouvrir des comptes fictifs avant de braver la loi comme des malpropres. Ou bien, ou bien, d’autres malgachophones ou même utilisant d’autres langues mais habitant l’étranger et utilisant des serveurs hébergés à l’étranger se mettent à copieusement injurier « les corps constitués, les cours, les tribunaux, les forces armées nationales ou d’un État, les administrations publiques, les membres du gouvernement ou de l’Assemblée parlementaire, les fonctionnaires publics, les dépositaires ou agents de l’autorité publique, les citoyens chargés d’un service ou d’un mandat public, temporaire ou permanent, les assesseurs ou les témoins en raison de leurs dépositions » et que, par malheur, les pages web deviennent accessibles depuis Madagascar. Ou bien, encore, certains, ayant de l’argent à jeter par la fenêtre osent diffamer et injurier et payer l’amende après. Il ne manquerait plus, alors, qu’on vienne chez vous avec le montant nécessaire déjà en poche pour vous insulter.

Pour ma part, « les corps constitués, les cours, les tribunaux, les forces armées nationales ou d’un État, les administrations publiques, les membres du gouvernement ou de l’Assemblée parlementaire, les fonctionnaires publics, les dépositaires ou agents de l’autorité publique, les citoyens chargés d’un service ou d’un mandat public, temporaire ou permanent, les assesseurs ou les témoins en raison de leurs dépositions », peuvent être tranquilles. Jamais je n’oserai dire du mal d’eux. Et j’en profite pour préciser que ce texte a été rédigé pour information pure et simple. Toute ressemblance avec une personne, morte ou vivante, ne peut être que fortuite. Si jamais un RAKOTONDRABE Untel Gérard ou une RAKOTONAIVO Personne Sophie existent, ce n’est pas du tout d’eux que je parle.

Et puis, m***, vous savez bien que je suis pas un p*** de diffamateur ou d’injurieux. Et si je dis la vérité, de quoi on me condamnerait?

 


Je vous l’avais bien dit!!! (article 20)

Un tweet d’un ami m’a fait comprendre que certains de mes articles avaient 2 ans d’avance sur leurs temps (dont l’article 20).

Revenons ensemble en 2014 avec la machine à voyager dans le temps de Lay Corbeille.

Cybercriminalité

Oui, ceux qui pensent que l’article 20  du code de la communication est une invention toute nouvelle, relisez mon guide humoristique ou l’article d’Andriamihaj. Ces 2 articles datent bien de 2014. Qu’est-ce qui s’est passé entre temps? On a oublié le sujet jusqu’à ce qu’aujourd’hui, l’Assemblée Nationale l’examine et l’adopte surement.

Pas de panique! Mon guide vous permettra d’éviter la prison. En attendant, profitez de vos derniers instants de liberté pour rire d’une robe à l’ananas, ou de chaussures à ressorts.

Terrorisme

C’est lors d’un rassemblement à Mahamasina qu’une bombe a explosée, faisant morts et blessés. Ce n’est pas seulement une info de juin 2016, c’est exactement l’article de janvier 2014 dans lequel j’ai fait l’analyse que les dirigeants, élus démocratiquement, faute de mieux, avaient peu de temps pour conquérir le cœur du peuple, de l’armée et même de ses adversaires. Qu’est-ce qui s’est passé entre temps? On a oublié l’incident et on est revenu aux méthodes habituelles et à la crimogène.

Insécurité

On m’a lancé des pierres virtuelles et quelques fleurs toutes aussi virtuelles quand j’ai fait un coup de gueule jugé péjoratif sur l’insécurité à Madagascar. Je parlais de dahalo, d’agressions en tous genres. Qu’est-ce qui s’est passé entre temps ? L’insécurité augmente et c’est vécu comme une fatalité. La vie s’endurcit, dit-on par philosophie.

Par jeu, je pourrais vous citer d’autres sujets d’articles de Lay Corbeille de 2014 ou d’avant et nous trouverons que certains sujets sont toujours d’actualité. On trouvera que c’est normal. Les choses de la Terre vont et viennent ou tournent comme roue de la fortune, les saisons, la mode. On peut même être plus pessimistes et dire que la vie va en s’endurcissant ; que la « fin du monde » approche. Pourtant, je pense que le vrai problème des Malgaches c’est de trop vite oublier. Un sujet, un fait divers nous passionne, on en fait des articles de presse, des articles de blogs, des sujets des journaux radio et télé, des sujets de forums ; même dans la rue, dans les bars, dans les bus, on en parle et après, sans qu’une action ne soit menée au bout, on oublie jusqu’à la prochaine fois.

Iles éparses, Parking à 500 Ariary, agressions au bois rond clouté, accidents de taxi-brousses, attaques de dahalo, incendies criminelles, pillages, mines à ciel ouvert, trafic de bois de rose, trafic de tortues, viande de lémuriens, coupeurs de route, attaques à main armée, meurtres, open sky, domestiques tuées au Koweit et au Liban, grenade à gauche, bombe artisanale à droite, ambalavelona.

Dites-moi pour chacun de ces sujets, qu’on entend depuis 2014, lesquels ont connu un dénouement, du genre : les coupables sont arrêtés, les problèmes résolus, les accords trouvés, les cas disparus, la vérité dévoilée. Ce que l’on voit c’est que les suspects ont été relâchés, les autorisations renouvelées, les décisions entérinées.

Les Malgaches réagissent bien sur Twitter, Facebook ou sur les forums de moov, les réseaux sociaux qui sont assez animés à Madagascar. Ce ne sont que des feux de paille qui sont quand même brûlants.

Le fameux Code de la Communication

Justement, l’article 20 du code de la communication, est, à mon avis (en 2014) une preuve que les dirigeants ont conscience de la force qu’internet peut avoir. C’est nous, internautes malgaches qui ne sommes pas encore prêts à user de ce pouvoir. Le noir de l’image à la une de cet article est mon ralliement au noir et blanc des journaux malgache d’aujourd’hui qui manifestent contre cette loi anti-libertaire. Je ne suis qu’un blogueur et, avec mon humour, je suis menacé par cet article sans avoir, comme les journalistes, une entreprise ou un rédacteur en chef pour me protéger.

Une victoire de la liberté, ce serait le retrait pur et simple de cet article. Pour cela, il ne faut pas oublier. Ceux qui ont posté ou partagé un statut d’indignation sur Facebook un jour, qu’ils ne pensent pas que cela suffise et que le jour suivant ils peuvent revenir aux poèmes, aux jeux VS, et aux collages. N’attendons pas que moi, vous, ou un autre devienne un exemple et pourrisse en prison après une phrase anodine publiée pour faire peur à tout le monde avant de se dire que oui : « Lay Corbeille l’a déjà dit ».

Et puis, c’est pareil pour tous les problèmes de Madagascar. N’enfouissons pas nos têtes dans nos plumes comme les autruches pour devenir invisibles. Cela ne marche que dans le désert quand il fait très chaud (c’est ce que font les autruches mais pas s’enfouir la tête dans le sable comme dans les dessins animés). Bref, prenons nos problèmes à bras le corps et n’abandonnons pas avant d’avoir été vaincus. Qui sait, on peut aussi vaincre, des fois.