Andriamialy

Je suis homo-nyme

Juste après les attentats du début janvier en France, on a été nombreux sur la planète à être Charlie. Mais bien entendu, on ne s’appelle pas tous Charlie, heureusement.

Image : Messierus Dupont et Dupond par Belianis

 

Je suis un homo -nyme

Moi, je suis assez anticonformiste. Lorsque je trouve que tout le monde fait une chose, je le fais aussi jusqu’à ce que je trouve que ce n’est pas bien, ou que ce n’est pas obligatoirement bénéfique. Et je cherche vraiment la petite bête. Je remets tout en question, tout le temps. Je dirai que si tout le monde sur Terre s’appelait Charlie, Charlie René, Charlie de Gonzague, Charlie Chaplin ou Charlie Ranaivoson, je serais le premier à crier « Hey! On ne peut pas tous être Charlie!, c’est trop bête. »

Mon nom est Ranaivoson. et c’est le nom malgache le plus répandu au monde. Faites vos recherches, moi je sais d’expérience que les Ranaivoson (variantes : Ranaivosoa, Ranaivosaonina, etc.), qui ne sont pas tous de la même famille sont les plus nombreux à Madagascar, et parmi les malgaches à l’étranger aussi. Il suffit de prendre les résultats du Bac malgache pour s’en rendre compte. Mon prénom est Andry, et c’est pareil, c’est incontestablement le prénom qui existe dans toutes les familles malgaches ou presque vu qu’il peut aller tout seul ou se greffer à n’importe quel autre prénom malgache : Andritiana, Andrinirina, Andriamialy, etc. A 9 ans, pour vous dire, on était 5 Andry dans une classe de 30 élèves.

Mais je ne suis pas mon homonyme

Donc, je connais bien l’homonymie. Je sais que parfois, c’est amusant voire curieux. D’autres fois, c’est quand même plus bizarre, voire flippant. C’est comme la fois ou mon nom était dans la nécrologie du journal Midi Madagasikara, ou l’autre fois ou mon homonyme était riche ou qu’un autre gagnait aux jeux. C’est navrant. Et les fois où un Ranaivoson se fait pincer pour vol, cambriolage, meurtre ou viol, on a envie de dire tout de suite : « Je ne le connais pas! » à qui veut entendre.

Moi, après les attentats en France, j’ai tout de suite pensé à tous les Coulibaly et les Kouachi. J’ai écrit un statut Facebook que seuls mes amis peuvent voir, bien sûr, avant que l’Express ne publie un article dessus. coulibaly

Et c’est vrai, il ne faut pas faire d’amalgame sur les noms. Et il ne faut pas tout mélanger, non plus. Si je suis Kouachi, je ne suis pas forcément le petit frère d’un terroriste, ou sa cousine. Si je suis Coulibaly, ce n’est pas forcément que j’approuve ce qu’un de mes homonymes a fait mais peut-être que j’essaie de comprendre. Si je suis Charlie, cela ne veut pas dire que je me sens provocateur, blasphémateur ou juste drôle.

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Et c’est pour ça que je peux affirmer que je n’ai aucune honte à dire que je me sens Charlie Coulibaly. J’ai fait la recherche dans Facebook et ils sont nombreux. Ce sont des homonymes.

 


Mort de Félicien, héros de la téléréalité et d’internet à Madagascar

Félicien Rakotomalala est la plus célèbre des 13 à 20 victimes recensées (car on continue de compter) lors du passage de la dépression tropicale Chedza à Madagascar. A l’heure où j’écris ces lignes, son corps est acheminé vers sa ville natale, dans le sud de madagascar et on se prépare partout à le rendre hommage à son passage.

Photo : capture d’écran TV Plus

Une star modeste et éphémère

imagesFélicien a participé à l’émission de téléréalité de la Tv Plus qui s’intitule Kopi Kolé. Le principe du concours est, comme le nom le laisse deviner, de copier un(e) chanteur(se), dans sa voix, son physique et son attitude. Moi, question téléréalité, je fais partie de ces gens qui ne regardent pas les « primes » mais qui ne ratent jamais les bêtisiers. Je ne suis pas vraiment d’accord avec les téléréalités gasy qui apprennent aux jeunes à se conformer à ce qui existe et non à se trouver son propre style. Le mérite de Kopi Kolé est, cependant, d’avoir permis de mettre en avant des sujets tabous comme le travestissement lorsque des garçons copie-collaient des chanteuses et vice versa. Pour l’histoire, le premier gagnant de Kopié Kolé a, lui, copié la chanteuse Poopy et le fait qu’il soit un garçon, « normal », ne l’a donc pas handicapé aux yeux des juges et des téléspectateurs.

J’entendais, donc, parler d’un certain Félicien qui copiait très bien Théo Rakotovao, le chanteur du groupe Mikea. J’ai senti dans les remarques et les commentaires de mes amis qu’il a séduit plus d’un et qu’il se détachait du lot malgré sa modestie et sa simplicité. Un soir, ma femme, qui ne regarde pas tant que ça la télé, m’a même recommandé de regarder un gars à la télé qui chantait la musique du sud et qui n’est pas mal du tout. La musique du Sud, car Théo Rakotovao n’est pas si bien nconnu du grand public. C’est donc Félicien qui a, logiquement et sans contestation, remporté le vote du public et la finale de la saison 2 de Kopié Kolé, tant son talent est reconnu.

La chaîne de télé et les sponsors ne se contentent pas dans ces shows là des émissions en direct et du suivi des candidats dans leurs quotidiens. Lorsque Félicien a effectué le voyage à l’île Maurice qu’il a gagné, on lui a consacré  plusieurs émissions. Les malgaches ont, alors, su que c’était son premier voyage à l’étranger, c’était son baptême de l’air et que dans toute sa famille, il doit être le seul à avoir eu cette chance. Comment un(e) jeune malgache ne peut-il pas s’identifier à un tel parcours? Ce conte de fée à la Cendrillon ne peut pas mieux s’appliquer que dans un pays pauvre comme Madagascar.

https://www.youtube.com/watch?v=vfK5FCc51eY

Comme tous les gagnants de ce genre de shows, pourtant, on n’a plus entendu parler de Félicien pendant quelques temps. Il avait des projets, surement, comme tous les jeunes. Il a fait des études. Il avait toutes ses chances dans la chanson. Il avait toute la vie devant lui. Mais le drame est arrivé.

Le drame

C’était pendant le passage du cyclone Chedza de la semaine dernière. Vous savez, il y a des moments comme ça où on ne voit plus le soleil pendant plusieurs jours et que tout est chaos et stress. C’est dans cet ambiance que les mauvaises nouvelles sont arrivées les uns après les autres. Il y a eu des digues brisées, des ponts coupés, des glissements de terrains, des maisons effondrées, des quartiers inondés, des noyades. Les catastrophes habituels en saison cyclonique, quoi!

Et puis, la rumeur s’est enflée sur Facebook. Félicien serait enseveli sous une coulée de boue. Il y a eu des incrédules, c’est vrai. Mais en quelques minutes, les premières photos sont arrivées. Des photos pris avec des téléphones portables sans doute, vu la qualité des images. C’est comme cela que les facebookers malgaches ont suivi en live les évènements.

Oui, sur facebook, il y avait de tout. Certains s’improvisaient reporter. Il y a eu aussi des prières. Il y a eu des poèmes, des témoignages. Il y a eu des expressions de frustrations, de colères de tristesse. Certains s’en prenaient aux pompiers, aux secouristes, aux badauds. D’autres accusaient Dieu, le gouvernement, le plan d’urbanisme. Mais il y avait surtout les photos.

Peut-être que dans les autres pays on a l’habitude mais moi, cela me gênait de voir ces clichés volés, que je ne vais pas montrer ici. C’est voyeur, c’est violent, c’est inadéquat : les secouristes qui enlèvent la boue, les badauds qui se réunissent,  le corps qui est entraperçu et dégagé presque 2 jours après, le corps sale et meurtri, les photos prises dans la morgue, et ainsi de suite.

Mais, ce serait, dit-on, un moyen de montrer, de témoigner l’amour et le respect à l’égard de Félicien.

The show must go on

Photo par Steeve Scott Donmingez
Photo par Steeve Scott Donmingez

Comme pour tous les grands artistes malgaches, Félicien a eu droit à une veillée funèbre dans un stade où des milliers de fans ont supporté la famille dans son malheur. On a comparé la nuit à un grand spectacle. Mais ce n’en été pas vraiment un. Théo Rakotovao, le modèle a même entonné ce que les gens appellent désormais « la chanson de Félicien »; quand l’original n’est pas aussi populaire que la copie. Ensuite, le cortège qui le ramène chez lui dans le Sud est salué partout où il passe. Maintenant que je fini d’écrire ce texte,

TV Plus n’a pas du tout manqué l’occasion de « rendre hommage » à son ancien protégé. Biographies, rediffusions, reportages sont en boucle depuis plusieurs jours.fb2

Photo par Dea Cool
Photo par Dea Cool

Il y a des gens qui pointent du doigt cette attitude de Tv Plus. C’est vrai qu’ils « remuent la boue qui sèche » comme dit l’expression malgache. C’est vrai aussi qu’il y a eu d’autres morts à part Félicien pendant ces jours sombres. Il y a eu des enfants emportés par les crues, il y a eu des milliers de sinistrés. En plus, personne ne se souciait plus de Félicien, comme de tous les autres candidats de téléréalités, et tout ce qui se passait autour de son accident et sa mort peut sembler démesuré.

Malgré tout, je sais pourquoi Félicien doit être célébré en héros qu’il est. Cette hyper-médiatisation est peut-être le lot de toutes les célébrités.

Mon hommage

Félicien, je ne te connais pas. Si je m’adresse à toi, je sais bien que tu es mort et que tu ne peux pas me lire. J’écris à celui qui peut me lire. Car tu nous a quitté trop tôt. Tu as été fauché en pleine gloire comme une étoile filante qui a illuminé notre ciel pendant un court moment. Est-ce que quelqu’un se rendait compte que tu étais à ce point aimé et chéri? Est-ce que toi, tu le pensais lorsque tu parcourais encore les rues presque incognito après ton triomphe à la télé? On ne connaissait pas tous ton adresse avant d’avoir vu ta maison dans les réseaux sociaux. Certains d’entre nous n’avaient même pas eu vent de tes exploits et se sont exclamés : »C’est vrai qu’il est jeune le Félicien! » en voyant ta photo dans Facebook. Mais tous se sont inclinés car tous reconnaissent ton talent et ta modestie. Ils ont été par milliers à t’accompagner jusqu’à ta dernière demeure. Tu te rends compte du potentiel qu’aurait eu ton premier album?

Ta mort a été spectaculaire, on n’a pas perdu une miette. Elle a peut-être ajouté un peu plus à ta légende mais on ne tiendra en mémoire que tes prestations sur la scène de TVplus. Tu as donné une grande leçon d’humilité et de modestie et c’est ce qui est resté gravé dans la tête et le cœur des gens. C’est pour cela que tu es devenu un héros. Un héros des temps modernes qui sera tellement vite oublié, hélas. Tu as fait ton buzz! comme on dit.11708_633088663502965_6204820834934544867_n

J’espère que Dieu décide de te sauvegarder. Et j’espère que les jeunes malgaches suivent ton exemple en restant humble et à toujours croire à leur chance malgré l’adversité. Car il ne faut pas en faire trop, il n’y a pas besoin de derrière qui twerk ou de voix qui blues. On peut gagner en restant soi-même. Oui, même si la règle générale impose maintenant de se conformer aux plus grands pour se faire remarquer, tu as montré qu’on peut gagner en prenant exemple sur ceux qui ont réussi et en imposant ton propre style.


Les Malgaches ne sont pas tous Charlie

Le monde entier a voulu être Charlie Hebdo pour montrer sa solidarité dans la condamnation des actes terroristes dont a été victime la France et notamment le journal satirique Charlie Hebdo le 07/01/2015. A 10 000 km de là, les Malgaches ont aussi été émus par ces évènements. Pourtant, comme dans beaucoup de pays, les réactions sont diverses.

Photo : Capture BFM-TV

Les Malgaches ne sont pas derrière Sahondra

 

D’abord, c’est le premier constat. Les Malgaches sont de plus en plus connectés au monde. Les nouvelles de l’attentat sont parvenues ici en même temps qu’en France puisqu’on a pu les avoir sur Internet, sur les chaînes satellitaires et les radios. Donc, si ces évènements n’ont pas fait beaucoup de vagues à Madagascar, ce n’est pas par manque d’informations.

Lorsqu’on entend les gens discuter, en famille, dans la rue, dans les bureaux, on voit que beaucoup ont analysé le drame. Parfois, quand certaines personnes ne connaissent pas très bien Charlie Hebdo, d’autres viennent à la rescousse pour expliquer quel genre de journal c’est. On le compare à d’autres publications malgaches sans jamais trouver un équivalent. Ici, les caricaturistes sont timides, toujours politiquement corrects, et jamais ou presque jamais provocateurs.

Dans les années 1970, le groupe malgache « Raozin’ny Paradisa » a sorti un 45 tours. Sur une des faces, il y avait une chanson nommée Sahondra, qui est  un prénom féminin et de l’autre côté, il y avait une chanson qui s’intitulait : « Tara » et disait : « Tard, ton amour est arrivé trop tard ». Depuis, lorsqu’une personne n’arrive pas à suivre une conversation ou bien n’est pas au courant des évènements on lui dit : « Tu es vraiment de l’autre côté de Sahondra » pour dire « T’es pas à la page »

Les Malgaches ne sont pas Zefa, non plus

 

En général, l’image perçue de Charlie Hebdo est négative. Sans doute, un tel journal ne survivrait pas longtemps à Madagascar. Déjà, les autorités malgaches ne sont pas complaisantes. On a déjà eu plusieurs cas de personnes inquiétées pour des oeuvres satiriques considérés comme diffamatoires. Et faut-il le rappeler, la loi malgache interdit désormais n’importe quelle manifestation de la liberté d’expression dès qu’elle est considérée par le sujet de la critique comme une attaque personnelle.

Ensuite, pour les Malgaches, le sacré est sacré. La majorité se dit chrétienne. Donc, beaucoup se sentent offusqués par ces images où le journal a mis en scène Dieu, son Fils et le Saint- Esprit dans des positions indécentes. La majorité des chrétiens malgaches est catholique et n’aime pas, non plus, que l’on touche au pape ou à ces sous-fifres. Il y a, bien entendu, les musulmans qui ne peuvent pas approuver les caricatures du prophète, car on ne peut pas représenter le prophète en image. Et pour tous, le sacré des autres doit être respecté, même si on ne les comprend pas.

Pourtant, les quelques expériences d’attaques terroristes pendant la crise malgache de 2009-2012, même si beaucoup ressemblaient à des farces, ont laissé des traces dans la tête des Malgaches et surtout des habitants de Tana. On sait ce que c’est de sortir avec la peur. La peur pour soi, et la peur pour notre famille, nos enfants. L’acte de terreur, est si lâche, si imprévisible et si répugnant que naturellement, le Malgache, même avec la meilleure compréhension qui soit ne peut le justifier.

Donc, pour beaucoup, Charlie Hebdo cherche les embrouilles, et s’ils ne méritent pas une telle attaque, on dira que peu de Malgaches irontaussi loin dans la provocation même au nom de la liberté d’expression.

Et aussi, de l’autre côté, l’attaque terroriste est disproportionnée par rapport au fait que ce ne font que des dessins. L’avis général est que ceux qui l’ont perpétrée ne sont que des illuminés, des drogués, des fous. Certains pensent même au complot (sans avoir lu les théories du genre sur le net).

Zefa est le diminutif de Joseph, l’époux de Marie. Dans les expressions populaires, il désigne l’idiot à qui Marie aurait fait croire qu’elle a été mise enceinte par le Saint-Esprit. Ainsi, il désigne surtout le crédule à qui on fait croire n’importe quoi.

 

Pour le Malgache, Rakotozafy est Alexis

Si France a déifié la liberté d’expression comme elle l’a fait avant avec Liberté, Raison ou Fortune, pendant que les terroristes se considèrent comme des martyrs d’Allah, leurs victimes  sont naturellement désignées martyrs de la liberté d’expression. Et bientôt, on lapidera peut-être des croyants au nom de laïcité. Que Dieu, ou la Raison nous garde d’une telle dérive.

Bon, je ne rends ici que les impressions de certaines personnes autour de moi et sur les réseaux sociaux qui ont parlé de ces évènements. Dire « Je suis Charlie » ne serait pas totalement innocent. C’est peut-être pour ça que peu de journaux et presque pas de blogueurs malgaches ont écrit à ce sujet.

La France a été un pays colonisateur de Madagascar et est toujours le premier partenaire financier et économique de l’île. Les Français sont les plus nombreux à Madagascar parmi les expatriés et la France héberge la plus grande diaspora malgache. Cette relation n’est pas aimée par tous les Malgaches et la France a toujours été accusée de néocolonialisme et d’être responsable, de près ou de loin, de toutes les crises politiques et sociales à Madagascar.

charlieJe n’irai pas à dire que les supposées manoeuvres de la France sont comparables aux yeux de certains à des actes de déstabilisation et de terrorisme envers notre chère patrie. Je dirai que, peut-être, certains citoyens ne sentent pas ce Liberté, Egalité, Fraternité scandée par l’Hexagone dans la relation entre les 2 pays. Et ce n’est pas seulement contre la France, je me souviens après le 11 septembre 2001 les mêmes remarques comme : « Les Américains sont trop arrogants », « ils vont bien attaquer des gens dans leurs pays, alors, maintenant, c’est à  leur tour. »

Moi, je l’ai mis sur mon compte, que je suis Charlie parce que je ne fais pas ce genre d’analyse de qui est Charlie et si Charlie est un saint ou un démon. Moi, je suis Charlie parce que j’aimerais juste qu’on ne me tape pas sur les doigts lorsque j’écris mon blog. Je suis Charlie, car j’ai besoin quelques fois de dire le fond de ma pensée. Et je suis Charlie car je désapprouve l’usage de la terreur quelle que soit la raison.

De Madagascar, même si nombre de nos compatriotes et familles sont en France, Charlie Hebdo est un problème français. Et Dieu sait si les Malgaches aiment la France… ou pas.

Rakotozafy Alexis est le nom et prénom d’une seule et même personne, mais dans une certaine conversation, une personne qui n’a pas tout suivi a fini par demander : « Qui est Rakotozafy et qui est Alexis? » La réponse est que c’est une même personne. C’est pour cela que lorsqu’on demande par exemple qui est François et qui est Hollande, on répond « Rakotozafy est lui-même Alexis ».


Non, les morts ne sont pas (encore) montés au paradis

Non, les morts ne vont pas au paradis. Les paradis célestes, inventions machiavéliques des religions, sont illogiques, inutiles, dangereux jusqu’à rendre la Terre infernale.

Mais ne vous méprenez pas. Je suis chrétien. On nous enseigne dans notre église, selon notre propre compréhension des écrits apocalyptiques de la Bible tout entière, que les morts sont morts, ils pourrissent et deviennent de la poussière, et c’est tout. Ce qui convient parfaitement à la moitié de moi-même, scientifique, critique et rigoureux. Ne monteront au « ciel », à un moment inconnu dans le futur, que des êtres vivants, jamais morts ou ressuscités par une « technologie » qui m’est encore inconnue et ils vivront dans un nouveau ciel et une nouvelle Terre pour l’éternité. Ce qui satisfait l’autre moitié de moi-même, croyant et espérant.

Oui, car c’est vrai que c’est l’espoir qui fait vivre (et pas que les imbéciles). S’il n’y avait rien d’autre, après, pourquoi je me retiendrais de faire toutes les folies inimaginables? Par simple humanité? Et qu’est-ce qui m’empêche de finir mes jours aujourd’hui si je sens que je souffre trop? La réponse c’est l’espoir, alors, les religions trouveront toujours des adeptes pour croire à un monde meilleur.

Le paradis, concept idiot

En visitant toutes les religions à ma portée, soit en allant dans les églises et les lieux de culte, soit dans les livres, soit dans les légendes et les discussions, j’ai aussi rencontré toutes sortes de paradis. On m’a montré un paradis catholique plein de bienheureux et de saints et un paradis anglican et puis un autre orthodoxe, presque pareils, mais avec des saints différents. J’ai entrevu le Valhalla dans la forteresse d’Asgard, puis le paradis musulman avec les palais dorés et les vierges. Il y a le Nirvana pour les religions orientales qui ne serait pas un lieu paradisiaque, mais plutôt un concept de finalité, le plus accessible de tous en quelques bouffées. N’oublions pas le monde invisible cru par les Indiens d’Amérique et sa grande et verte vallée, le voyage vers d’autres planètes attendu depuis des millénaires par d’autres peuples et Andrebabe des Malgaches.

L’univers est assez grand. On pourra y loger tous ces paradis, l’Eden vers une direction, les autres paradis vers les autres. On pourra même trouver un coin pour KaïoShinKaï, le « Pays imaginaire » et le « Village dans les nuages ».

Le contraire est impossible, car il serait invivable. On ne peut pas croire que ces paradis ne sont qu’un seul et même lieu. Comment les martyrs protestants sous l’Inquisition pourront-ils retrouver leurs bourreaux catholiques canonisés? Car pour leurs chefs religieux respectifs, ils méritent tous le paradis, n’est-ce pas? Même situation pour les croisés et les combattants d’Allah qui se sont entretués pour avoir Jérusalem. Non, c’est impossible, je vous le dis. Même pour les droits et les privilèges, c’est ingérable. Comment faire puisque Jésus a dit qu’il n’y aura plus de mari et femme au Royaume de Dieu alors que certains se pavaneront avec leurs harems de 1000 vierges ? Comment vivre en paix au paradis lorsque les Vikings continueront à se préparer pour Ragnarok? Et que faire de Sangoku qui ne cessera pas avec ses allers-retours?

Alors, la réponse, la seule qui me paraît logique est que le paradis n’existe pas ou, comme je le crois, pas encore.

Malgré tout, c’est tellement facile de croire au paradis.

On se dit que peut-être que le paradis existe. Peut-être que l’un ou l’autre de ces prophètes et messies n’a pas menti. Alors, si c’est vrai, c’est sûr qu’une vie sur Terre, même en croulant sous les milliards de dollars, même avec la meilleure santé physique au monde et même en s’abreuvant continuellement de plaisir, ce sera insignifiant face au bonheur éternel. Et c’est rarement le cas. Le plus souvent, on vit dans la misère, on est malades et les plaisirs ne durent guère.

Et puis, ce n’est pas seulement une question de promesses. C’est souvent une culture, une éducation qui est fortement ancrée dans la personnalité des gens. Certaines personnes ne connaissent rien d’autre que ce qu’on leur a dit et appris. Lorsqu’on ne leur a présenté aucune autre alternative, il leur est difficile d’ouvrir les yeux sur ce qui est aussi possible ou pas.

Et en plus, c’est gratuit. On n’a rien à payer pour croire au paradis. On se le dit et c’est tout. Le vrai danger, ce que je vais esquisser ci-après, c’est le prix qu’on nous impose pour y aller.

Comment, donc, aller au paradis?

En effet, tout ce que j’ai écrit peut vous sembler futile ou drôle. Pour moi, la religion, le paradis devraient être des sujets sérieux et surtout … amusants. Siddhârta ou Yeshua auraient eu un sens de l’humour hors du commun, si on en croit les écrits à leurs propos. Pourtant, l’image que l’on a des religions c’est les règles, les interdits et les obligations.

Avez-vous remarqué les multitudes de choses que les croyants doivent faire pour mériter le paradis? Je ne parle pas d’être gentil et de prier beaucoup. Je parle de certaines religions qui marchandent le pardon en euros et en offrandes en nature. Je parle des autres qui exigent des pratiques sadomasochistes pour plaire à leur dieu. Je parle aussi de celles qui appellent à la guerre et au sacrifice. N’est-ce pas trop cher payé ou au contraire insuffisant?

A mon avis, si le paradis n’existait pas, ce serait trop de gâchis: l’argent pour les temples, la pénitence, les guerres religieuses et tout le reste. Si au contraire, le paradis existait, je ne vois pas comment un être humain peut croire qu’il peut être agréable à un dieu crédible : Yawheh, Allah, Bouddha ou Zanahary quoiqu’il fasse comme effort. Mais de tout ce qu’un être humain peut faire dans sa vie, je pense, personnellement, qu’un Bon Dieu favoriserait une bonne action, la charité, l’amour plutôt que la violence, la guerre ou le meurtre.

Je suis, donc, chrétien, adventiste et, pour nous, le paradis est un concept qui est encore inimaginable à l’Homme (voir Bible dans I Cor. 2:9). Il pourrait exister dans le futur après la destruction de ce monde (Apocalypse) et Dieu, qui est bon, jugerait seul qui méritera d’y vivre. Personne ne pourrait se vanter d’y avoir droit même s’il a été le meilleur être humain sur terre, alors, s’il fait le mal…

 


Ces virus qui veulent tuer l’Afrique… et toute l’Humanité

Le mois de décembre, c’est le temps des bilans. Mon sujet pour cet article sera les virus qui ont sévi en Afrique pendant cette année 2014. Ce n’est pas pour écrire, encore une fois, sur Ebola, mais pour se rendre compte que cette flambée virale est inhabituelle, inquiétante et dans tous les cas, elle nous interroge.

– Ebola en Afrique de l’Ouest

Une page Wikipédia lui est consacrée. Il s’agit, curieusement, d’une résurgence dans l’ouest de l’Afrique d’une souche provenant du Zaïre. L’épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest a marqué l’année 2014 et a été sans doute un des faits qui ont tenu le plus longtemps en haut de l’affiche de tous les Unes des journaux du monde entier. C’est à en oublier parfois qu’il y a des guerres en Irak, en Syrie, en Ukraine. Ah ! Que la Coupe du monde au Brésil semble déjà si loin.

Mais voilà, Ebola a déjà tué plus de 7 000 personnes avant ce mois de décembre, presque tous en Afrique, et malheureusement, ce n’est pas fini. Et s’il figure en premier sur ma liste, c’est parce que c’est un tueur impitoyable, et il n’y a aucun traitement ni vaccin. Il ne fait pas dans l’exclusion ni dans le racisme. Il ne se contente pas de tuer que des Africains, même s’il y a eu un temps une polémique causée par les traitements expérimentaux qu’on n’a testés plus ou moins efficacement que sur des Américains et des Européens. On peut dire que pour le moment, tous les pays ont la même peur d’Ebola. La peur conduit tantôt à une solidarité, tantôt à une méfiance réciproque.

– Ebola2 en RDC

Curieusement aussi, une souche locale d’Ebola qu’on peut donc qualifier de virus frère de « Zaïre » est apparue en RDC vers le 26 juillet. Tout aussi virulente que celle de l’Afrique de l’Ouest, cette épidémie a été plus limitée. Elle a fait quand même quelques dizaines de morts. Et surtout, c’est cette coïncidence avec l’épidémie dans l’Ouest qui est le plus inquiétant. En effet, cela a ouvert un front nouveau à partir d’un cas nouveau pas en relation avec les précédents. On a même publié une liste de pays, dans laquelle figure Madagascar et où le même scénario peut se répéter. Ce sont des pays qui, entre autres critères, possèdent de grandes chauves-souris que les habitants mangent parfois. En effet, les chauves-souris sont reconnues comme des réservoirs de virus mortels.

– Marbourg en Ouganda

Pendant ce temps-là, c’est Marbourg, un « proche cousin » d’Ebola, et non plus son frère qui tue en Ouganda. Les cas se sont manifestés en octobre. Sans traitement, ni vaccin non plus, il a, cependant, un taux de mortalité moins élevé qu’Ebola. L’Ouganda s’en serait débarrassé ai mois de novembre.

– Lhassa au Bénin

Cette fois-ci, c’est un « autre cousin » d’Ebola qui a surgi au Bénin. Cette apparition s’est faite en mois de novembre. On possède un traitement efficace contre cette maladie mais elle demeure mortelle sur les patients à risques et en cas de retard de la prise en charge. Pour cette fois-ci, on dénombre moins d’une dizaine de cas mortels.

– Fièvre jaune, Chikungunya et Dengue

Je mets ces virus ensemble. Eux aussi sont à l’origine de maladies qui provoquent parfois une fièvre hémorragique, comme Ebola et ses cousins. Mais ils ont contre eux des vaccins efficaces (sauf Chikungunya) et/ou sont moins dangereux (une estimation à quelques dizaines de milliers de morts par an, quand même, pour la fièvre jaune). Encore une fois, il y a des personnes vulnérables qui ont plus de risques d’avoir des complications : les enfants, les personnes âgées, les personnes ayant des défenses immunitaires diminuées, etc. Ces virus ne concernent que des petites parties de l’Afrique ou même que certaines îles.

– VIH

Justement, en parlant de défense immunitaire, n’oublions pas le virus du sida (le virus de l’Immunodéficience acquise) qui continue à tuer en Afrique par millions. Vous direz que millions c’est plus que milliers. Je suis bien d’accord et ce tueur demeure bien le numéro un en Afrique. Il faut, cependant, considérer le fait que le VIH tue lentement, comme un cancer. Il n’est pas aussi « spectaculaire » qu’un Ebola. Il ne se transmet pas par simple contact. Il faut dire aussi que le combat contre le VIH dure depuis longtemps déjà si on voit que l’effervescence autour d’Ebola commence à faiblir après seulement quelques mois.

– Les virus de la grippe

H5N1, H1N1, H3N8 et les autres ne semblent pas vraiment concerner le continent, un peu comme la dengue ou chikungunya. Ils ne s’adapteraient peut-être pas près de l’Equateur, mais l’Afrique n’est pas  toujours chaude partout et tout le temps. Il y a des zones tempérées. Justement, à Madagascar comme dans d’autres pays africains, les épidémies de grippes font rage périodiquement. Ici, on appelle « gripa mahery » (forte grippe) celle qui amène les gens à l’hôpital ou à la morgue. Malheureusement, gripa mahery n’est, une fois de plus qu’un nom générique qu’on utilise parce qu’on n’a pas les moyens d’identifier combien de H et de N comporte ce virus. Je pense qu’il y a, parfois, des souches mortelles de virus de la grippe qui s’activent. Faut-il rappeler aussi les cas de SRAS en Afrique du Sud?

– Et la peste à Madagascar

En parlant de Madagascar, je finis ma liste avec ce virus improbable, mais qui a tué en Afrique, en l’occurrence à Madagascar en 2014 depuis le début de l’année. J’ai déjà écrit sur le sujet au début de l’épidémie. Aujourd’hui, les morts sont par dizaines (43) pour ce qui est des 138 cas recensés au mois de novembre.

Pourquoi et comment?

Comment ne pas se poser la question du « pourquoi » après une telle année où tous les virus, ou presque, se sont relayés pour martyriser l’Afrique? Mais pourquoi aussi poser la question si je n’ai pas l’ombre d’une réponse ? Je ne vais plus parler de complot même si c’est sûrement une sacrée coïncidence d’avoir 2 types d’Ebola et Lassa et Marbourg la même année. Sans parler des autres virus qui ressuscitent ici et là. Je pourrais vous donner ce lien vers une étude plus sérieuse sur les « virus émergents ». Je pourrais aussi parler de malédiction divine ou de signes de la fin du monde. Pour moi, la question reste posée et chacun peut et devrait apporter sa réponse. Peut-être que c’est mère Nature qui se révolte, car l’humanité met en péril toute la création. Peut-être que les virus se sont ligués pour exterminer l’Humanité. C’est peut-être, même, une invasion qui a déjà commencé et certains d’entre nous sont leurs collabos. Et ce serait le berceau de l’Humanité, l’Afrique qu’ils attaquent en premier, comme c’est logique.

Mais ce qui doit préoccuper tout le monde c’est de savoir ce qu’il faut faire maintenant pour faire face. Déjà, on a eu peur des réactions de chacune et chacun face à Ebola. Nous avons vu des mesures disproportionnées comme la fermeture de frontières par exemple. Alors que, à mon avis, ce sera seulement en conjuguant nos forces que nous pourrons nous sauver. Cela concerne les pays africains qui sont les plus touchés et les autres qui sont voisins de ces pays victimes; mais aussi le monde entier, car personne n’est à l’abri.

Oui, c’est la fin de l’année et on croit souvent, puisque l’espoir fait vivre, que le Nouvel An sera un nouveau départ. C’est vrai dans un sens. Mais si, effectivement, la Terre a fini une boucle autour du soleil, il n’y aura pas de miracle pour autant lorsque l’on se réveillera le 1er janvier. Les virus seront toujours là pour nous défier. Peut-être seront-ils même plus évolués et plus virulents encore. Mais si on reste solidaires, nous survivrons.

 


Urgent : Madagascar, le sommet des 5 (présidents) est devenu réalité

Bonjour tout le monde! C’est un grand jour pour Madagascar… ou c’est un petit jour, selon le point de vue. Les 5 présidents malgaches tiennent ce 19/12/2014 une réunion « au sommet » et à huis clos au Centre de Conférence international d’Ivato dans le cadre de la tant attendue et réclamée « Réconciliation nationale ».

Présidents à vie

On parle de 5 présidents qui sont les 5 anciens ou actuel chef de l’Etat de toutes sortes : Ratsiraka, Ravalomanana, Zafy, Rajoelina et Rajaonarimampianina.

Parmi eux, il y en a un qui est en exercice, mais, qui visiblement, n’arrive pas à exercer en totalité tout seul. Il y a un multirécidiviste, qui se croit le plus rusé, mais qui aurait pu concurrencer ses compères africains présidents à vie s’il avait été plus fin. Il y en a un autre qui a été élu, puis empêché, la honte. Il  y en a un qui a été élu et qui a remis le pouvoir, comme c’est idiot, non? Il y a en a même un qui n’a pas été élu du tout mais qui dit tout le temps qu’il est le plus « aimé » des Malgaches.

Comme par magie, et cela n’arrive qu’à Madagascar, ces personnes là détiendraient ensemble la solution de toute crise. Est-ce que déjà, ils les provoquent? Bonne question, non? En sont-ils la solution, alors? Bah, si c’est le pompier qui allume le feu….

Imaginez si on fait ça en France. Que pour se désempêtrer de tous les problèmes de son mandat agonisant, Hollande convoque les anciens présidents encore en vie de la France pour trouver ensemble la solution. Remarque, on ne fait, quand même, pas école puisque Sarkozy, lui-même, a récemment créé son comité des anciens premiers ministres… alors…

Bref, cette réunion improbable des 5 est aussi sérieuse que risible. Déjà, dans les réseaux sociaux gasy, on demande qui est le Bon, le Méchant, et le Truand. Remarque, les 5 mercenaires est un film de Kung-Fu, mais le western s’appelle les 7 mercenaires. 🙂 . Comment les appeler autrement? le club des 5? les 5 P?

Des rumeurs

Les rumeurs à Madagascar, on sait ce que c’est. Donc, il faut les prendre avec des pincettes et des gants et des vêtements de protection intégrale. Mais je vais en parler, quand même, pour situer les craintes et les attentes sur cette réunion.

On a parlé de participants en colère qui voulaient quitter la salle mais qui ont été retenus, un peu comme pendant la réunion du Panorama en 2002. En effet, selon la légende, on a pu solutionner la crise de 2002 de la même façon : en enfermant les protagonistes à l’hôtel Panorama avec pour mission de trouver une issue. Sinon, selon cette légende, ils n’en sortent pas, même pour manger, car ils sont servis sur place, ou pour faire pipi, ou pour dormir.

On a aussi parlé de postes à partager, par exemple d’un poste de premier ministre que certains ne voudraient pas accepter.

Bien sûr, les partisans de tous bords continuent à clamer que leur poulain détient la clé, que rien ne se fera sans son consentement, qu’il aura droit à la part du lion, etc. Quand on les écoute, que c’est affligeant.

On saura demain

Demain, ou plus tard, on saura ce qu’enfantera cette montagne. Les Malgaches espèrent qu’il y aura une vraie réconciliation et non un partage de gâteau. Car, oui, jusque-là, on a l’impression de voir des enfants qui se disputent le goûter.

Et après cela, s’ils sont vraiment ce qu’ils prétendent être : les solutions pour Madagascar, qu’ils le montrent en travaillant pour le pays ou au moins en arrêtant de mettre des bâtons dans les roues de notre sarety* nationale. On en a plus qu’assez de cette pauvreté grandissante, de cette marche en arrière en courant et bien poussée (hazakazaka mihemotra arahin-tosika). Enfin, je refais ce jeu de mot déjà usé pour que cette fin d’année, on fête le krismasy (Nöel) mais pas le krizy mafy (dure crise).

* sarety : char à zebus