Andriamialy

Madagascar restée française, l’autre scénario, rêve ou cauchemar?

A l’occasion du 29 Mars, date à laquelle Madagascar commémore ses martyrs de la guerre d’indépendance. Cet article m’a été inspiré par une question que j’ai vu sur le mur d’un groupe Facebook de la part de quelqu’un que je ne connais pas. Il ou elle a écrit : « Si quelques malgaches ne se sont pas rebellés (contre la colonisation française) en 1947, où en serions-nous aujourd’hui? ». C’est une question tendancieuse mais je veux bien donner ma vision sur ce point. Je ne vais pas trancher pour dire que oui ou non, les malgaches ont eu raison de demander l’indépendance mais je voudrais seulement peindre une Madagascar en 2015 s’il n’y a pas eu la séparation avec la France. Donc, ceci est une pure FICTION. Vous aimerez ou non, c’est à vous de juger.

Madagascar

Madagascar est une île de l’Océan Indien qui est, en terme de superficie, le plus grand territoire français d’Outre-Mer (aussi grand que la France métropolitaine et le Benelux réunis). Sa capitale administrative est Tananarive (1,5 millions d’habitants).

Environnement

Une flore luxuriante

Madagascar est recouverte dans sa majeure partie d’une forêt tropicale humide. La plupart de sa flore est endémique. Elle abrite 7 espèces de baobab (contre une espèce seulement pour le continent africain). La forêt tropicale couvre le Nord, l’Est et dans une moindre mesure l’Ouest de l’île. Les hautes plateaux ont subi une déforestation systématique à cause de l’agriculture et surtout de la culture sur brulis utilisés jusqu’à récemment par les malgaches. Le Sud présente un climat semi aride et il y a une forêt d’épine, unique au monde.

Une faune unique

Madagascar a une faune endémique exceptionnelle. Les plus surprenants sont les lémuriens mais l’endémisme concerne aussi les reptiles et les insectes.

Histoire

Période pré-royaumes

Avant le 18ème siècle, Madagascar était peuplée par différents tribus issus d’immigration asiatiques et africaines anciennes et récentes. Cette période que les historiens rapprochent à une préhistoire malgache est encore mal connue.

Les royaumes

A partir du 18ème siècle, plusieurs petits royaumes ont émergé un peu partout dans l’île. La plus grande était le royaume Mérine qui à son apogée a recouvert une grande partie de Madagascar.

La colonisation

On considère que Madagascar est devenue colonie française en 1898 lorsque le royaume Mérine, déjà en déclin, a abdiqué devant un détachement de moins de cents soldats français et sénégalais. Cette version est contestée par d’autres historiens qui retiennent des dates antérieures se rapportant à d’autres allégeances ou soumissions de royaumes côtières comme premières installations françaises sur l’île.

La guerre d’indépendance

Inspirés par d’autres colonies en Afrique et en Asie, des nationalistes malgaches ont mené des guerres contre la colonisation. Les épisodes marquantes suivent les deux grandes guerres lorsque les combattants reviennent du front sans avoir reçu les honneurs ni les indemnisations à la hauteur de leurs sacrifice pour la France. En 1947, des milliers de malgaches ont trouvé la mort lors d’une insurrection durement réprimée par l’administration coloniale. Cette insurrection a conduit au référendum qui a fait de Madagascar une territoire Française d’Outre mer en 1960.

Le rattachement à la France

Le rattachement à la France est la partie la plus contestée de l’Histoire de Madagascar. En effet, c’est par référendum que le peuple s’est prononcé alors que les nationalistes continuent de clamer que ce mode de scrutin n’était pas adapté à cause de la répartition géographique des malgaches. Beaucoup de malgaches en age de voter n’auraient pas pu exprimer leur vote.

Statut

Madagascar, par rapport à tous les autres DOM-TOM, possède un statut particulier. Territoire d’Outre-mer, elle jouit d’une relative autonomie et possède son propre gouvernement et ses deux assemblées (53 sénateurs et 152 députés) . Elle est composée de 67 départements qui ne sont pourtant pas des départements d’outre-mer. Elle est dirigée par un gouverneur proposé par la Chambre basse et désigné par le Président de la République Française pour un mandat de 5 ans. Le gouverneur tient le rôle de Chef de l’État pour tout ce qui est de l’administration des affaires courantes. Toutes les grandes décisions sont prises par le gouvernement français.

Politique

Il y a 4 grandes tendances politiques à Madagascar : la droite, représentée par l’UMP qui est au pouvoir depuis 2003, la gauche socialiste avec le Parti Socialiste Malgache (PSM), l’écologie représentée par le Parti Vert et les indépendantistes du MLM (Mouvement pour la Libération de Madagascar). Cette situation est parfois défavorable pour Madagascar lorsque le gouvernement local n’est pas de la même couleur que celui en pouvoir en métropole.

A côté de ces 4 partis, il y a des dizaines de petits partis qui représentent en totalité 5% des sièges des deux assemblées. Il faut noter l’existence du 2M (Madagasikara ho an’ny Malagasy), un parti illégal qui mènerait une lutte armée pour l’indépendance mais qui ne se manifeste que sporadiquement (dont la célèbre Attaque d’Ampèfe et la prise d’otage du navire de croisière Océane). Le 2M est dans la liste des organisations terroristes selon l’ONU et on pense que ses membres ne dépassent pas le nombre de 5 000.

Géopolitique

Madagascar possède un emplacement stratégique dans l’Océan Indien. Elle est une base militaire de premier ordre pour toutes les interventions militaires de la France et de l’OTAN dans l’Océan Indien, en Afrique subsaharienne, en Proche Orient et dans le Sud de l’Asie. C’est notamment de Diégo-Suarez et de Majunga que des bombardiers français décollent pour les missions au dessus de l’Océan Indien et l’Est de l’Afrique. 4 de ses ports sont également des escales privilégiées pour tout navire voguant dans l’Océan Indien et le Canal du Mozambique, à savoir, Diégo-Suarez, Tamatave, Mananjare et Fort-Dauphin.

Démographie

Madagascar compte en 2012 15 millions d’habitants, ce qui en fait le territoire français le moins peuplé au km². Les principales villes en nombre d’habitants sont :

– Tananarive : 1,5 millions

– Antsirabé : 1 millions

– Tamatave : 730 000

– Diégo Suarez : 500 000

Les autres villes à plus de 100 000 habitants sont Majunga, Fianare, Fort-Dauphin, Tuléar,

Population

Les habitants de Madagascar sont appelés les malgaches. 60% de la population habite à la campagne ou sur les côtes. Il existes de nombreuses communautés qui cohabitent :

– Les Ambaniandro, environ 27% de la population, sont les descendants des malgaches venus d’Asie. Ils occupent les hauts plateaux au centre de l’île.

– Les côtiers représentent 36% de la population et occupent les côtes de Madagascar. Ils proviennent de 15 ethnies différentes dont les plus importants sont les Sakalave et les Betsimisarake.

– Les descendants des noirs (mainty) cohabitent avec les Ambaniandro et seraient au nombre de 2,4 millions (16%).

– Les français originaires de la France métropolitaine représentent environ 20% de la population

– Les autres communautés sont les chinois, les indo-pakistanais, les arabes, les juifs et les africains.

Religion

La religion à Madagascar est principalement dominée par l’Église Catholique de France. La population est très religieuse. Il existe 20 évêchés répartis dans toute l’île qui réunit la majorité des malgaches. Néanmoins, du fait de l’éloignement avec la métropole, un organe central a été créé pour gérer l’activité de l’église dans l’île et aussi pour donner des indications sur le culte et les sacrements. Ainsi, on peut dire qu’il existe un catholicisme bien malgache.

Le protestantisme est aussi bien installée à Madagascar. L’Église Protestante Malgache existe depuis le temps des royaumes (19ème siècle). Il existe aussi une église anglicane, vestige de l’influence anglaise sur l’île au 19ème siècle. On note aussi l’essor des mouvements réformés comme les adventistes, les baptistes et les témoins de Jehovah.

L’islam, l’hindouisme et le bouddhisme sont essentiellement pratiqués par les communautés d’origine étrangère. Néanmoins, on dénote une multiplication des conversions à l’islam ces dernières années.

Bien que marginal, il faut noter l’existence d’une religion traditionnelle, animiste malgache. En effet, on trouve toujours partout sur le territoire des autels pour les sacrifices rituels près des stèles, des rovas (palais royaux) et des tombeaux. Il est connu que les malgaches, même chrétiens, continuent de faire des cultes animistes à certaines occasions. Certaines ethnies pratiquent aussi le tromba, un culte des ancêtres.

Santé

Le paludisme est la maladie la plus mortelle chez les malgaches. Chez les enfants de moins de 5 ans, il présente un taux de mortalité de 3,5 pour mille. L’essentiel du programme sanitaire malgache est axé sur la lutte contre cette maladie. Les autres maladies courantes sont la grippe et la diarrhée. Il faut noter que Madagascar possède aussi des programmes de lutte contre la tuberculose, le choléra et la peste noire qui font régulièrement des victimes dans la population. Le taux de prévalence du Sida est aussi parmi les plus élevés en France.

Économie

Madagascar présente un contraste économique très marqué. En effet, elle abrite à la fois les départements les plus « riches » et les plus en difficultés de France.

La ville d’Antsirabé est au centre de la plus vaste zone de culture de France. Elle produit essentiellement des légumes et des céréales. Des industries transforment les matières premières sur place. Ce qui fait d’Antsirabé et sa périphérie la 4ème zone industrielle de France en terme de productivité. Tamatave est le premier port de l’ile. Il sert d’étape à tous les voyages dans l’Océan Indien. C’est aussi par Tamatave que l’essentiel des exportations malgaches part. Le Sud  est un riche territoire minier qui produit principalement de l’Ilménite, mais aussi de l’uranium et des pierres précieuses. Le principal port du Sud est Fort-Dauphin. Le Nord produit grâce à son climat chaud et humide des produits tropicaux comme le café, la vanille, le girofle. Le reste de l’île dépend surtout du tourisme.

Dans certaines régions de Madagascar, le chômage est le plus élevé de France (entre 25 et 30%). La raison serait la faible éducation des jeunes et le manque de création d’emploi. Une partie des malgaches vit dans une certaine précarité.

Culture

Langue

Le Français est la langue officielle mais plusieurs langues sont utilisées dans l’île. Dans les villes et sur toutes les côtes, on parle le créole malgache, un mélange de français, d’anglais et de malgache ancien qui a été beaucoup influencé par les créoles des Mascareignes. Dans les campagnes, on continue de parler les différents dialectes du malgache, langue ancestrale sur l’île.

Coutumes

Les malgaches pratiquent des coutumes ancestrales dont les principales sont la circoncision et le retournement des morts. Depuis 1996, la circoncision rituelle n’est plus autorisée qu’à l’âge de 15 ans révolus, sur avis médical et consentement écrit de l’enfant. Pourtant, vu le nombre élevé de circoncision pour raison médicale sur les enfants de moins de 5 ans, on soupçonne que les médecins malgaches délivrent de fausses attestations pour contourner la loi. Le retournement des morts est devenu une fête symbolique pendant laquelle la famille organise une grande fête pour les convives alors que des professionnels renouvellent les tissus qui recouvrent les restes des ancêtres dans le caveau familial. Autrefois, ces restes étaient au centre des festivités (les convives devaient les toucher) mais pour des raisons sanitaires évidentes, cela est actuellement interdit.

Le mariage malgache est des plus longs au monde. En effet, il y a 3 étapes, le mariage traditionnel, le mariage civil et le mariage religieux.

Gastronomie

Les malgaches consomment beaucoup de riz. Le riz est à la base de tous leurs plats. Les plats typiques malgaches sont le ravitoute, le romazave et le riz aux brèdes.

Musique

La musique folklorique malgache est le salegy.

Media

Presse écrite : Le Malgache (quotidien), Une Semaine A Mada (Hebdomadaire), Femme malgache et Andao (Mensuels)

Radio : Mada 1ère, Gasy FM, Trace FM, Nostalgie, NRJ et Rires et Chansons

Télévision : Mada 1ère, Mada 2, France 2, France 3, France 5 , France O, France 24, Arte,

La place du riz

Les malgaches ont une affinité particulière avec le riz qu’ils consomment 3 fois par jour. Cette plante et nourriture est aussi présente dans nombre de leurs expressions, proverbes, coutumes et festivités.

Artisanat

L’artisanat malgache est réputé comme des plus beaux au monde. Il s’agit de la fabrication d’objets usuelles ou décoratives en métal, en pierres précieuses ou semi-précieuses, en bois, en cuir et en tissus.

 

Attention

Je rappelle, pour finir cet article que  tout ce qui est écrit plus haut est de la pure fiction. Si Madagascar était restée territoire français, je ne sais pas du tout comment nous serions à cet instant si encore on existait. En effet, il ne faut pas oublier « l’Effet Papillon » qui dit qu’une petite variation dans l’histoire passée peut avoir des grandes répercussions sur le présent. Alors, peut-être que mes parents ne se seraient jamais rencontrés et je ne serais pas là à écrire cet article. Mais voilà, je ne blâme pas ceux qui ont botté les français hors de Madagascar et je ne juge pas ceux qui ont gardé la nationalité française et qui aujourd’hui jouissent de cette situation pour fuir la misère malgache. Je sais que le fait d’être malgache c’est quelque chose de plus grand que la nationalité et Dieu sait si des personnes aiment ce pays, quelles que soit les couleurs de leurs peaux ou le pays ou elles sont nées.

Quoi qu’il en soit, en revenant sur les évènement de 1947, je suis fier de mes ainés qui ont combattu pour obtenir notre indépendance. Mais je sais bien qu’en parlant d’indépendance, le combat n’est pas fini.


Madagascar : les autorités interdisent la manifestation du 28 mars

Demain samedi 28 mars 2015, un rassemblement et une marche « de la libération » sont prévus à Antananarivo, capitale de Madagascar. Cette manifestation est d’ores et déjà interdite par les autorités arguant la crainte « justifiée et prouvée » d’émeutes alors que les organisateurs continuent d’affirmer leur intention de faire cette marche.

C’est Alain Ramaroson qui lance aujourd’hui un appel à maintenir cette marche pour exiger la démission de quelques ministres. Il l’a déjà annoncé, donc, c’est juste une confirmation. Alain Ramaroson a été l’un des leaders de la  » révolution orange  » de 2009 ayant conduit à la prise du pouvoir par Andry Rajoelina. Longtemps accusé de s’enrichir illicitement sous la transition, il s’est, au contraire comporté en victime depuis la mort de sa nièce et ministre de la Population en exercice, Nadine Ramaroson, lors d’un naufrage de vedette. En effet, il a toujours clamé que c’est un complot qui a tué sa nièce. Depuis l’élection de Hery Rajaonarimampianina à la tête du pays, on ne l’a pas trop vu. Enfin, c’est très relatif.

L’homme prétend réagir au regard d’une situation sociale désastreuse. Ce qui est une cause juste; les Malgaches devenant de plus en  plus pauvres. Le prix du riz vient d’atteindre des sommets inimaginables. Le coût de la vie augmente à la vitesse V. La prise en charge par le gouvernement des conséquences des catastrophes naturelles ne répond pas aux attentes des victimes. Qu’il s’agisse des mesures prises après la sècheresse et la famine dans le Sud, des cyclones, des inondations, des glissements de terrain dans les autres parties de l’île, aucune mesure n’est perçue comme suffisante ou appropriée par la population ou les observateurs. Les infrastructures tombent en morceaux, mais les solutions ne sont toujours que provisoires.

De l’autre côté, les agissements du parti H.V.M. et des proches du pouvoir font l’objet de critiques. Les mouvements de contestation atteignent plusieurs secteurs tandis que le gouvernement semble gérer le tout en faisant la sourde oreille ou même en prenant des décisions très suspectes. Même les « victoires » du régime posent des questions. Bref, ce n’est pas un hasard si le pays est classé à haut risque tant les tensions sont fortes à tous les niveaux.

Voilà pourquoi Alain  Ramasoron veut tirer la sonnette d’alarme, mais peu de gens lui font confiance. Les rumeurs de déstabilisation vont bon train. Elles ont été confirmées à la radio (journal de la Radio Antsiva 97.6 F.M. de ce midi). Il y aurait eu une distribution d’armes, d’argent et même un sacrifice bovin. C’est pour cela que la préservation de la paix a été évoquée pour le refus, attendu, de l’autorisation à cette manifestation. Les forces de l’ordre indiquent déjà qu’elles vont prendre leur « responsabilité » face aux manifestations non autorisées pour protéger le peuple et leurs biens. Des hommes avertis ? On sait, déjà, par expérience comment ces forces protègent bien le régime en place.

Dans ce contexte des questions se posent concernant Alain Ramasoran. Ce monsieur est soupçonné d’agir pour lui-même ? Sinon, pourquoi gesticule-t-il comme cela ? Quelles sont les chances pour que ses actions puissent pousser 4 ministres d’un gouvernement HVM à la démission? Et si, par miracle, il y parvient, se contentera-t-il de cela ou bien quelles sont ses vraies ambitions ? Alain R. est peut-être un fin politicien, un opportuniste qui voit le meilleur moment pour se montrer, estimant que le gouvernement est dans une très mauvaise passe.

Je ne suis pas devin, ni prophète, ni même analyste pour pouvoir prédire ce qui se passera demain. J’espère seulement qu’il n’y aura rien de dramatique. Le 26 janvier et le 7 février sont des dates qui prouvent que le pire peut aussi arriver. Je sais qu’il faut agir et réagir, d’une manière ou d’une autre, mais justement, les centaines de morts dans les manifestations depuis le début de cette crise (car pour moi, elle n’est pas finie) doivent avoir donné aux Malgaches la triste leçon que trop souvent en politique « ny lehibe no miady ka ny ankizy no voaporiporitra » (devinette :  » les grands se battent et ce sont les enfants qui se font écraser? » et la réponse est « le mortier et le pilon« ). Alors personnellement demain, Sabbat, moi, je me reposerai et je prierai pour ma patrie.


Bonne année (nouvel an malgache) quand même!

Tratry ny Asaramanitra (Bonne fêtes) quand même! Bonne année, Joyeuses fêtes du nouvel an malgache (Asaramanitra, Alahamadibe, Fandroana, etc.). En effet, aujourd’hui, c’est le nouvel an malgache mais malheureusement, ce n’est pas vraiment la fête. Je me pose des questions.

Photo à la une : Afindrafindrao, la danse d’ouverture par Rabetsihala

Quel nouvel an?

Je ne peux pas dire quelle année nous sommes dans le calendrier malgache. En effet, il n’y a pas ce décompte des années. Peut-être qu’au début, ou quelque part dans l’Histoire, il y avait bien un compte des années qui passent mais lorsque l’utilisation même du calendrier a failli se perdre à jamais, il ne faut pas trop espérer, non plus. Mais comme dit la page wikipedia sur le sujet, la fête du nouvel an est en résurgence ces derniers temps, c’est déjà ça. Le calendrier malgache est, donc, lunaire comme le calendrier chinois ou d’autres dans ce cas. Le nouvel an est déterminé chaque année selon la date de la nouvelle lune précédant l’équinoxe du 21 Mars. Cette année, c’est tombé le 20 Mars.

Ce calendrier malgache n’a pas été inventé par les malgaches en observant le ciel, les astres, les cycles des planètes. Il faut rester humble et se remémorer que ce qu’on avait avant l’influence européenne et surtout la colonisation par la France, on les a reçu en héritage des migrations et échanges avec les civilisations qui ont fabriqué Madagascar : l’Asie, l’Arabie, l’Afrique et l’Europe par les navigateurs portugais. Il suffit de rapprocher les mois malgaches avec les mois arabes pour comprendre que ce sont des arabes qui nous ont appris à compter les jours de l’année. On peut seulement dire qu’il est antérieur au calendrier grégorien qui est officiellement en vigueur actuellement. Pour des raisons pratiques, on ne va pas l’adopter en remplacement du grégorien puisque dans la mondialisation, on se retrouverait isolés. Même si on est le plus affirmé des nationalistes, ce serait idiot de revendiquer une grande place pour ce calendrier malgache. Le retour à l’Ariary, en comparaison,  était un coup de communication et financier assez habile profitant d’un élan de nationalisme en sortie de crise de 2002 pour diviser la monnaie par 5 avec l’augmentation logique du coût de la vie qu’on a tous vécu en conséquence (comparable au passage à l’Euro en France). Et pourtant, les malgaches n’ont pas, non plus inventés la monnaie. Pour moi, le Franc malgache (Iraimbilanja) était aussi malgache que l’Ariary (nom probablement dérivé du portugais « real »). La Zone Franc, on l’a quitté déjà en 1972.

Quel valeur donner au nouvel an malgache?

Du symbolique, surement mais pas seulement. Les calendriers lunaires sont, par exemple, beaucoup plus efficaces dans l’agriculture et Madagascar est composé à 80% d’agriculteurs (selon la légende). Tu ne peux pas dire, « je vais semer mon riz tous les 17 octobre de chaque année (au hasard) » qu’il pleuve ou qu’il grêle.  Mais avec une bonne connaissance des phases de la Lune, tu peux déterminer les bons moments pour faire les choses. En malgache, cela s’appelle : « fanandroana » qui est, depuis toujours, mal traduit par « astrologie ». Les mpanandro (ceux qui exercent le fanandroana) sont, donc, des astrologues et selon les religieux et autres scientifiques, ce sont des charlatans, des sorciers, des démoniaques. Et pourtant, jusqu’à ce jour, les malgaches continuent à consulter ces érudits et même la plupart d’entre nous savons toujours regarder les phases de la lune avant de désigner un jour de fête (mariage, réunion de famille) pour éviter la pluie, par exemple. Car oui, il y a l’astrologie dans le fanandroana, celui qui dit que tous ceux qui sont nés en Janvier ont des points communs, (ce que j’accepte, déjà puisque tous sont nés en janvier) et qui prédit les destins des gens (ce qui m’est moins acceptable). Et il y a le fanandroana qui fait de l’astronomie,  de la météorologie, de la géologie, etc. et qui, sommes toutes, représente la science du temps des Ntaolo (ancêtres) et ce serait une perte pour nous, malgaches, de les jeter comme des détritus.

Sacrifice du zebu, photo Rabetsihala
Sacrifice du zebu, photo Rabetsihala

Je disais, donc, qu’il y a beaucoup de symbolisme dans cette résurgence du nouvel an malgache. Cette fête montre une envie de retrouver des valeurs perdues, une identité qui se perd et peut-être une nostalgie des gloires passées.

C’est là que les détracteurs trouvent les arguments pour dénigrer le nouvel an malgache. Pour certains, comme je l’ai déjà expliqué plus haut, ce serait une fête païenne, une hérésie et leur situation de bon chrétien, ou bon musulman, leur interdit toute participation. On peut les comprendre lors des manifestations où l’on honore les ancêtres avec des sacrifices rituels. Pour d’autres, il s’agit d’une fête pour certaines catégories, castes, qui veulent revenir du temps des clans et des royaumes. Dans le récurrent conflit de génération, bien entendu, toute fête traditionnelle est considéré comme un « truc » de personnes âgées qui ne peut pas intéresser les jeunes.

Mais si l’on veut polémiquer, on peut toujours trouver des raisons pour ou contre. On dira que c’est pareil pour la Saint Sylvestre et le 01er janvier. Certains y trouvent une occasion pour un nouveau départ et y vont de leurs bonnes résolutions. D’autres en profitent pour faire les pires folies de leurs vies puisque comme dans beaucoup de fêtes, il y a alcool, drogues, sexe et bagarres à profusion. Il y en a qui choisissent cette date pour se marier pendant que d’autres se suicident. Et pourtant, à bien y voir, ce sont 2 jours qui se ressemblent. A minuit, il n’y a pas de flash dans le ciel ou de voix divine qui proclame le nouvel an, c’est juste une page de l’agenda qui se tourne.

Bref, le nouvel an malgache doit être un choix qui se pose, sans s’imposer. C’est au malgache de savoir s’il a envie ou non de marquer l’évènement puisque tant que quelques personnes continuent à garder l’Alimanaka (Almanach) malgache, le mois de l’Alahamady viendra tous les ans.

Quel avenir pour cette fête?

Exposition Tsinjo Dia au Tahala Rarihasina, photo Layandri
Exposition Tsinjo Dia au Tahala Rarihasina

Le nouvel an prend de plus en plus de place chaque année et ce depuis quelques années. Cette année, des manifestations sont prévues notamment au Tahala Rarihasina Analakely. Ce 20 Mars, une longue marche est organisée. J’imagine que dans quelques années, ce sera une date incontournable dans la vie des malgaches. Mais je le dis, ce ne sera jamais un vrai nouvel an sans jour férié.

Je me souviens qu’il y a eu une période dans ma jeunesse ou je voyageais beaucoup à Singapour. C’est une île située dans une zone très chaude et comme dans les villes côtières malgaches les affaires là-bas commencent tard, vers 9-10 heures du matin mais continuent jusqu’à très tard le soir. Mais ils travaillent, beaucoup. Sauf qu’ils ont beaucoup de jours fériés. Justement, tous les « nouvel an » pour toutes les communautés composant la population de Singapour sont fériés ainsi que les fêtes religieuses des confessions présentes. Moi, j’ai cette triste conclusion : le nouvel an chinois est férié dans un pays en dehors de la Chine mais le nouvel en Malgache n’est pas férié dans le pays des malgaches.

Je pense qu’on peut, vraiment, faire mieux pour notre nouvel an à nous. Il faut, pour cela donner plus de dimensions à ce jour. Si l’on se cantonne à parler de valeurs ancestrales, d’identité malgache, cela restera un évènement élitiste. Référons-nous, encore, au nouvel an chinois. C’est devenu une fête planétaire, où l’on danse, on s’offre des cadeaux, etc grâce aux chinois répartis dans le monde mais aussi parce que de plus en plus de non-chinois y participent. C’est une façon de répandre leurs valeurs, aussi, ne l’oublions pas. Alors, pourquoi les malgaches ne feraient-ils pas des méga-fiestas partout dans le monde pour que le monde entier sache que c’est le nouvel an malgache?

Je rêve, ou pas. Mais c’est mon idée, quitte à fêter le nouvel an (même malgache), faisons une vraie fête, quoi! Mais aujourd’hui, on est tous au boulot et à l’école, comme un jour normal… Bonne année quand même!


Le problème de Madagascar n’est pas le HVM mais Chewbacca

Vous direz ce que vous voudrez sur le HVM à Madagascar. J’ai pour eux une défense en béton, une catenaccio et je vais vous prouver qu’il faut changer votre compréhension de ce que nous croyons vrai ou pas. Croyez-moi, vous serez un peu perdu mais à la fin, vous ne comprendrez plus grand chose sauf j’espère, l’essentiel.

La première chose qui vous vient à l’esprit lorsque vous faites le bilan de ces quelques mois de Hery Rajaonarimampianina à la tête du pays c’est qu’il n’y a pas grand chose à dire. Selon vous, ce n’est pas un bon et apaisant R.A.S. mais une manque totale de matière à mâcher. Mes amis! Un jour, un élève a fait un devoir de français. L’histoire n’aurait pas eu de signification si le devoir était en Mathématiques mais là n’est pas là question. Notre élève, donc, a peut-être fait une sortie tardive la nuit d’avant ou bien était simplement un cancre (mais l’histoire prouvera le contraire). Toujours est-il que lorsqu’il a rendu son devoir, celui-ci était la copie parfaite de la page Wikipedia traitant le sujet. Vous dites que cela n’a rien à voir et vous avez raison! De plus, pour ne pas se faire prendre, et c’est là qu’il montre un peu d’intelligence, l’élève a changé la page Wikipedia. Maintenant, suivez bien! L’histoire ne nous dit pas s’il a eu ou non une bonne note mais cela démontre bien que si cet élève a réussi à duper des milliers de personnes pendant des semaines juste pour éviter un nul en français, vous devez pas vous insurger de ne trouver aucune réalisation à attribuer aux gouvernements de la 4ème République : aucun kilomètre de route, aucun pont, aucune dispensaire, aucune mesure populaire ou populiste, rien, mais le bilan est quand même très positif.

Vous dites, aussi, que le HVM fait main basse sur tous les secteurs économiques et financière du pays. Certains iront jusqu’à pronostiquer que cela va précipiter la fin (suicide) de cette empire. Je vais vous parler de suicide. Rabearivelo s’est suicidé, Beregovoy s’est suicidé, Dalida s’est suicidé mais personne ne peut affirmer que c’est pour la même raison. D’autre part, si vous entrez « suicide » dans Google, il va vous proposer entre autres la recherche « suicide sans douleur ». Pensez, chers lecteurs, qu’il y a donc des personnes qui utilisent Google pour trouver le meilleur moyen pour se tuer sans douleur. Ce que je crois c’est que cela n’existe pas. Au contraire, on sait maintenant que pendant plusieurs minutes après la mort, le cerveau continue de fonctionner. Alors, évitez le suicide sauf si vous êtes sur de ne pas le regretter au moment où votre cerveau cherche par tous les moyens à vous ranimer et s’emballe alors que votre corps est tué au bout d’une corde ou sous un kilo de sédatif… le cauchemar. Qu’est-ce que cela a à voir avec le H.V.M.? Rien du tout. Et c’est ce que vous devez retenir. Cela n’a rien à voir du tout. Les malgaches disent bien « Tsipaky ny miala aina » (soubresauts de l’agonisant) et les djihadistes se tuent bien volontiers pour avoir des palais et des vierges.

Enfin, pour ceux qui parlent partout de complot. Avez-vous simplement pensé combien il était dangereux pour les scorpions de s’accoupler? Vous ne trouvez pas la relation? C’est normal. Mais le scorpion a quand même un dard mortel au bout de la queue. Mais, heureusement, les scorpions ne s’accouplent pas comme le feraient les araignées ou les chiens. Et ça, vous ne le saviez pas. Ce sont, en fait, chez les mantes religieuses et la plupart des araignées que les femelles dévorent les mâles pendant ou après la copulation. Et c’est là que l’on peut comprendre pourquoi les mâles de ces espèces sont physiquement plus faibles que les femelles. Mais chez le scorpions, les protagonistes peuvent simplement se piquer et se tuer par erreur à cause de l’énervement, de l’excitation, de la peur. Et tout ceci n’a rien à voir avec le sujet, je le conçois. Mais, quand même, vous ne saviez pas ces choses là sauf si vous avez déjà un diplôme en biologie ou si vous avez regardé Nat Geo Wild ou Thalassa pendant vos jours de congé. Alors, si vous ne savez pas que le scorpion mâle féconde la femelle sans avoir à la monter, alors, vous ne pouvez pas dire qu’il y a un complot en cours à Madagascar.

Ainsi, vous ne pouvez rien affirmer sur ce que vous pensez être vrai même si, apparemment, vous avez raison. Beaucoup d’entre vous pensez encore, et ceci est un tout autre sujet, que Chewbacca est un gorille alors qu’il est un Wookie de la planète Kashyyyk, ce qui est tout à fait autre chose. Et pourtant, il a permis de monter de belles raisonnements comme celle-ci afin que vous passiez un bon moment de lecture sans oublier de tisser de bons liens.


Sacrée TEDxWomen, Antananarivo 2015 (#tedxtnr2015)

Une TEDx, c’est une conférence à but non lucratif destinée à répandre de bonnes idées. Le 7 mars dernier, j’ai, un tout petit peu, assisté au TEDx d’Antananarivo consacré aux femmes , une TEdxWomen, donc, et sous le thème « Motivation et Passion ».

Pourquoi un tout petit peu ? Le 7 mars était jour du Seigneur. L’on sait que le samedi c’est sabbat chrétien et moi, adventiste que je suis, je m’efforce d’observer ce jour. Observer, cela signifie que je dois me concentrer sur les choses spirituelles. Le matin, j’étais à l’église. A midi, quand je suis rentré, je suis tombé malade, une forte grippe, et je me suis assoupi. Vers 16 heures, je me suis réveillé en sursaut et en petite forme, mais j’ai décidé que même si sabbat n’était tout à fait fini, j’allais assister aux dernières heures de la TEDx.

J’ai pris ma petite 205 et en quelques minutes, je me suis présenté, sous la pluie, à l’hôtel Panorama. A l’intérieur, les intervenantes se relayaient pour prendre la parole pendant une dizaine de minutes. Les deux personnes que je connaissais n’étaient pas encore exprimées: Amintsoa, que j’ai rencontrée lors d’un Morning Talk à la Banque mondiale et Liliane, avec qui j’ai collaboré quelques semaines dans son journal en ligne ledaily.

Je me suis assis et j’ai pris quelques photos en écoutant les témoignages, les exhortations, les conseils de ces femmes sur scène.Toutes les interventions étaient motivantes et passionnantes. J’ai été particulièrement touché par le témoignage de Mbolatiana  qui a parlé de son combat pour les autistes. Je me suis senti interpellé, car j’ai un enfant hyperactif qui a été renvoyé de l’école et c’est l’un des plus « calmes » de la fratrie de 5. Eh oui, à Madagascar, c’est toujours difficile d’être différent.

Ce que j’ai ressenti, c’était que tout ce que j’entendais, tout ce que je voyais, était « sacré ». Je sentais que cette salle était, en quelque sorte, sanctifiée. Etait-ce la fièvre ou parce que je séchais l’église un sabbat après-midi? Je ne crois pas. Au contraire, je comprenais que tout ce qui se disait, là, pouvait changer le monde, en bien. Et c’est, paraît-il le but de toutes les religions, proposer un monde meilleur. Attention, même si les TEDx ont leurs adeptes, ce ne sont pas une sainte institution et elles n’ont pas la vocation de le devenir. Et pourtant, je les troquerais bien contre les cultes de certains charlatans et gourous qui promettent fortune, santé et bonheur dans des prêches hypnotiques. Pendant ce TEDx, j’ai compris que l’acte vaut bien mille paroles et il faut louer ces femmes qui ont agi et qui agissent chaque jour en se donnant en exemple afin que les manières, les mentalités, les jugements changent.

Après les interventions, il y a eu un cocktail où les gens présents pouvaient se congratuler de la bonne TED et on m’a demandé si j’allais, donc, bloguer dessus. J’ai répondu que je cherchais encore comment j’allais écrire mon article. Mais bon, j’ai été malade plusieurs jours après. J’ai repris le boulot en milieu de la semaine, encore dans les vapes. C’est pour cela qu’aujourd’hui, je n’ai pas vraiment d’article sur TEDxWomen 2015, mais je promets que je vais partager des photos quand je pourrai, sur ma page Facebook.

Dans ces discussions, lors du cocktail, on s’était dit que, oui, c’était une bonne conférence mais que, de toute façon, l’intérêt ne se limite pas à l’évènement. Il faut créer une dynamique autour de ce qui a été dit et partagé. Que les bonnes paroles, dites pendant ce TEDxWomen, ne soient pas vaines! Donc, bravo à toute l’équipe TEDx.  Le pouvoir aux femmes! Et vivement les prochains TEDx Antananarivo.

 


#WeSelfie2015 ou autre chose, faisons une bonne action pour Madagascar

Jusqu’au 06 Mars, avec le hashtag #WeSelfie2015, l’association Les Amis du Père Pedro collecte nos selfies pour les revendre 0.50 Euro l’une (encore une blague au second degré). L’argent récolté servira à bâtir de nouvelles maisons pour les plus démunis d’Antananarivo. L’occasion, pour moi de recenser quelques actions à suivre et à soutenir pour cette année de grâce 2015 à Madagascar.

 

Illustration : « toi et moi (nous sommes) malgaches »

 

#weselfie2015, votre photo qui construit des logements

Pour ceux qui ne le savent pas, le Père Pedro est un religieux catholique qui a pris pour mission d’aider les pauvres d’Antananarivo en leur offrant un logement et du travail. #WeSelfie2015 qui serait à l’initiative de Camille Lassaux et Coralie Verron est un moyen ludique et pas fatiguant du tout de réunir des sommes pour l’oeuvre du missionaire. C’est si réconfortant de voir ces selfies de toutes nationalités qui oeuvrent tous pour le même but. Et pour une fois, la cible est Madagascar, alors, pourquoi ne pas vouloir un buzz?

Bien sûr, il est légitime de se demander pourquoi ne pas, tout de suite, donner l’argent mais demander aux gens de faire des photos comme cela. Moi, je ne connais pas les rouages de ces mobilisations sur le net. Pourtant, je pense qu’en demandant aux gens de faire quelque chose, on les concerne et ainsi, le succès de l’action est partagé. Alors, si ce n’est pas encore le 07 mars 2015,participez au #weselfie2015, ça ne coûte pas un bras.

 
 
#izahomalagasy, le combat contre la nature vengeresse
 

Autre problème, autre combat. Les photos de profil arborant un « Izaho Malagasy » (Je suis malgache) dans le même style typographique que le célèbre « Je suis Charlie » se font remarquer ces derniers temps dans les réseaux sociaux. C’est une réaction aux dégats, aux blessures et décès causés par les intempéries lors de cette saison des pluies. Faut-il expliquer plus longuement? La pluie, c’est tous les ans mais elles s’intensifient avec le réchauffement climatique. Et les dégâts sont attendus mais ils sont, malheureusement amplifiés par le manque d’entretien des maisons et des infrastructures, le manque de rigueur dans leurs confections, au laxisme, à la pauvreté.

Je ne connais pas l’association Gasy ‘Zah. Je ne suis pas en train de faire leur pub et je ne suis pas responsable de ce qu’ils font. Mais j’ai vu sur les réseaux sociaux qu’ils font des actions humanitaires. J’ai, donc, choisi leur slogan pour illustrer cet article. Mais il y a une mobilisation générale autour de ces catastrophes naturelles. J’ai déjà évoqué ici les hashtags #madaflood, #madatondradrano, #madainondations. Il vous sera facile de trouver une association, une action, une oeuvre caritative à soutenir d’une manière ou d’une autre.

Et puis, comble des malheurs, il ne faut pas oublier que pendant ce temps, le Sud de Madagascar est en proie à la sècheresse et à la famine (Kere). Là-bas aussi, il y a quelque chose à faire.

Association Gasy ‘Zah

 

Alors, je vais vous apprendre comment on dit « Izaho Malagasy ». En malgache, l’accent se met souvent sur l’avant dernier syllabe. Le « o » se lit « ou » et les terminaisons en voyelles sont presque toujours quasiment caducs (muets). En effet, ces dernières voyelles sont comme juste soufflées à la fin des mots. Ce qui donne dans si on lisait en français : « Izàou Malagass ».

Car, même si les instigateurs de ces projets veulent exhorter d’abord les malgaches qui ont déjà l’entraide dans leur culture, lorsqu’on reprend et qu’on adapte le slogan de « Je suis Charlie », c’est parce qu’on rêve que le monde entier se sentira pour un temps malgache, noyé, enseveli, affamé et sans abri. Alors, « Je suis malgache », « I am malagasy » ou « Izaho Malagasy » changera la face de ce pays.

 

#wakeupmada, quand on vulgarise les actions citoyennes

Et comme le hasard fait bien les choses, je dois aussi vous parler du 06 Mars 2015 comme d’un jour que Wake up Madagascar, un mouvement citoyen, a choisi pour manifester contre l’octroi de véhicules 4×4 aux députés de Madagascar. Eh oui, j’ai vite fait le rapprochement entre les deux dates. Pour ce qui est de la légitimité ou non de l’octroi de 4×4 aux députés, c’est encore un débat qui n’est pas fini. Je sais qu’un député est un élu et qu’il a des missions. Je sais aussi qu’à Madagascar, les routes sont très mauvaises et que certains endroits seraient difficilement accessibles, même en Monster Truck. De l’autre côté, il est clair qu’un petit pays comme Madagascar ne peut pas se permettre de donner des véhicules de centaines de millions d’Ariary à chacun de ses élus sans distinction; « parce que le pays a besoin d’argent » ailleurs comme dit le slogan de Wake Up Madagascar. Les priorités semblent très évidentes et ce n’est pas dans les avantages pour les politiciens.

Malheureusement, ce problème est devenu un sujet de « chantages déguisés« , de pressions entre les pouvoirs à Madagascar, les députés exigant du gouvernement l’achat de puissants V8 sous peine de motion de censure tandis que le Président a dans sa manche la dissolution de l’assemblée. Wake up Mada, qui est un mouvement citoyen ayant déjà eu quelques succès se fait le porte parole, à la place des solombavambahoaka (litt. ceux qui s’expriment la place de la bouche du peuple – traduction = députés) pour dire tout haut ce qui serait la vraie volonté du peuple.

Si vous aussi, vous êtes de leur avis, ou si vous voulez soutenir l’une ou l’autre des actions de #wakeupmada, vous pouvez partager leurs idées, et les soutenir à votre manière (cliquez sur l’entre-titre ou l’image ci-dessous pour accéder à leur page facebook).

#Wakeupmada

 

 Et pourtant, on a des 4×4 made in Madagascar.

Voilà, des actions sur Madagascar parmi d’autres que l’on peut retrouver facilement sur le net. C’est bizarre mais dans notre vie moderne, on peut, par de simples clics, faire des choses. Ma part était de les partager via cet article et les faux culs peuvent toujours m’accuser de manque de fierté, de pudeur ou d’amour propre mais je vais me citer à un certain degré. Car oui, Madagascar est ravagée, elle est méconnaissable, alors chers touristes, ONG, missions humanitaires, simples êtres humains de bon coeur, « ne venez pas, sinon,… venez pour nous sauver ».