Andriamialy

Cours de malgache : « Tsy hiala aho »

J’aime bien vous apprendre des mots et des expressions malgaches. Aujourd’hui, et comme c’est la nouvelle tendance, je vais vous expliquer ce que signifie l’expression : « Tsy hiala aho« .

Interprétation et variantes

« Tsy hiala aho » est traductible par « Je ne partirai pas ». « Tsy » est la marque de la négation en malgache, à mettre devant un mot ou une expression. « Aho » c’est la première personne du singulier. « Hiala » est la forme future du verbe « Miala » qui signifie selon le contexte s’enlever, se détacher, partir, se distancer de, etc.

Dans le contexte d’un mandat, d’une poste de responsabilité ou d’une quelconque position, « Tsy hiala aho » signifie : « Je ne démissionnerai pas ». C’est à dire « Tsy hametra-pialàna aho ». « Hametra-pialàna » est la réunion de « hametraka » forme future de déposer et « fialàna », le nom dérivé de « miala » et donc, signifie ici « démission » (déposer ma démission).

Mais il y a des moyens plus subtils pour dire cette même chose sans utiliser un mot proche de « miala ». On peut dire : »Hotohizana ny asa » (On va continuer le travail) ou « Mila fitoniana isika » (On a besoin de calme, de stabilité) ou « Tsy fotoana hanaovana fiovana izao » (Ce n’est pas le moment de faire des changements). C’est à dire qu’au lieu de parler de démission, il faut axer son discours sur la stabilité, la continuité.

Comment dire cette expression

Comme les terminaisons en voyelles sont muettes, la plupart du temps, en malgache, la prononciation se fait comme [tsi hial ah]. Pour insister, il faut ajouter « hoy aho » (je le dis) qui est contracté dans le parlé en « hoah ». Ce qui donne sur les tags et les titres de journaux satiriques « Tsy hiala ah hoa ! ». Pour insister un peu plus, on ajoute au début « Efa hoe » (je répète que) pour donner « Efa hoe tsy hiala aho hoah ».

Hiala ve ianao ? (partirez-vous ?)
Tsy hiala aho.
Tena tsy hiala ve ianao ? (Vraiment, vous ne partirez pas ?)
Tsy hiala aho hoah.
Tena tsy hiala mihitsy ve ianao ? (Vous ne partirez pas du tout, donc ?)
Efa hoe tsy hiala aho hoah.

L’attitude compte beaucoup pour faire passer cette phrase. Il faut se montrer déterminé, le regard droit, le poing levé. Mais il faut aussi se montrer décontracté, inaccessible, intouchable. Un petit sourire en coin, dédaigneux peut dédramatiser votre situation mais cela va accroître la colère de votre adversaire. C’est vrai, tant que vous êtes sur votre fauteuil, vous pouvez jouer à « j’y suis, j’y reste ».

Quand utiliser cette expression

Comme dit plus haut, il est utilisable tant que vous êtes sur le siège.

  • Si une personne vous suggère de vous en aller, parce qu’elle ne vous apprécie pas beaucoup, répondez : « Tsy hiala aho« 
  • Si quelques personnes vous juge incapable, incompétent, voire idiot, dites-leur : « Tsy hiala aho hoah« 
  • Même si toute l’assemblée vous rejette, vous somme de vous en aller, répliquez par : « Efa hoe tsy hiala aho hoah« 
  • Et même si le peuple vous siffle et vous hurle dessus, dites : « Efa hoe tsy hiala mihitsy aho hoah« .

Voilà pour l’expression « Tsy hiala aho« . Je conseille uniquement de ne pas en abuser car même si le ridicule ne tue pas, l’Histoire retient trop bien toutes les fois où l’on utilise cette expression à tort ou à raison.


Comment respecter le code de la route à Antananarivo

Normalement, qui sait diriger sa voiture et respecte le code de la route s’épargne de gros ennuis. A Antananarivo, un petit plus est nécessaire pour éviter tout accident.

La règle de la priorité

C’est déjà une gageure de s’en souvenir. La priorité à droite, la priorité au sortie d’un rond point, les voitures prioritaires, etc. Maintenant que vous maîtrisez tout, voici les conseils pour l’appliquer dans la ville d’Antananarivo.

A- Vous avez la priorité

Vous approchez à pleine vitesse du croisement, vous regardez à droite (ou à gauche) et vous voyez la voiture qui doit « normalement » vous céder le passage. Et vous ralentissez. Au moment d’arriver, vous avez 3 choix pour passer en sécurité :

  1. Vous accrochez le regard de votre vis-à-vis et vous lui faites comprendre que vous tenez à votre priorité et qu’il ou elle ferait mieux de s’arrêter tout de suite.
  2. Vous lancez des avertissements sonores (klaxon) ou visuels (appels de phares) au cas où l’autre automobiliste semble vous ignorer.
  3. Vous vous arrêtez. Normalement, l’autre s’arrête aussi et vous redémarrez en sécurité.

Dans ces 3 cas, seul le troisième garantit qu’il n’y aura pas d’accrochage. Même si la situation est idiote.

B- Vous n’avez pas la priorité.

Vous cédez, simplement le passage. Mais il arrive parfois que l’on soit pressé, très pressé. Et puis, on est parfois en retard, donc forcément énervé. Lorsque l’on arrive à un croisement, sans avoir la priorité, on a tendance à ne s’arrêter qu’au dernier moment, si et seulement si, il y a une autre voiture en face. Dans tous les cas, il faut ralentir et avoir son pied sur le frein. Mais il y aura toujours un « con » qui malgré sa possession de la priorité va s’arrêter au croisement. Peut-être que c’est un prudent qui applique le A-3 de cet article mais souvent, c’est surtout une personne qui ne connait pas les règles de priorité. Souvent, c’est une aubaine, surtout quand on est si pressé.

A certaines heures de la journée, que l’on appelle « heures de pointe », les ronds points, les carrefours et les simples croisements sont pleins de ces gens « pressés ». Alors, il ne faut plus leur parler de priorité. Il faut juste faire avancer sa voiture en évitant de se faire rayer la portière ou emboutir le clignotant. Si vous avez peur, faites confiance aux conducteurs de Tana, ça passera, au millimètre près.

Normalement, vous devez vous poser des questions. Comment peut-on ne pas savoir qui est prioritaire ou non ? C’est facile mais répondons avec des questions précises. Est-ce qu’il n’y a pas de règle générale? Si, mais il y a des exceptions et souvent, la commune décide de changer. Est-ce que ce n’est pas indiqué sur les panneaux ? Si, jusqu’à ce que les panneaux se fassent voler par les ferrailleurs. Comment savoir alors ? Il faut connaître l’historique, demander ou se faire prendre une fois.

La vitesse

Il n’y a souvent pas de panneaux pour indiquer la vitesse. De toute façon, il n’y a pas trop d’occasion pour aller vite dans la ville, entre les embouteillages, les voitures vétustes et les nids de poules. C’est rare de se faire arrêter pour excès de vitesse. Les agents n’ont pas  de radar, ils n’ont pas de véhicule d’interception. Cela me fait penser à l’anecdote d’avant la ceinture de sécurité. En ce temps-là, la ceinture n’était pas obligatoire. Un ami s’était fait contrôler par un agent : « Alors, on met sa ceinture ? On compte aller vite ?« . C’était, donc, un contrôle pour excès de vitesse anticipé.

Aujourd’hui, il faut éviter de rouler vite pour éviter plein de choses :

  • Abîmer son moteur : rouler à plein régime avec 2 ou 3 vitesses seulement, ce n’est pas bon pour son entretien.
  • Abîmer sa suspension : l’état des routes d’Antananarivo va très vite tout casser si vous roulez un peu vite dans ces trous, ces gros trous.
  • Tamponner d’autres véhicules : voitures, camions, bus, taxi, motos, bicyclettes, pousse-pousses et charrettes sont les noms de vos adversaires. Il faudra être très agile pour rouler vite entre eux.
  • Faucher des piétons qui marchent dans la chaussée car les trottoirs, s’ils existent, sont pleins de vendeurs.

Les passages cloutés

Justement, les piétons d’Antananarivo ne traversent pas entre les clous (ou les passages piétons). Ils traversent n’importe où et n’importe comment. Ils ont une vision exceptionnelle, un instinct naturel développé, une capacité de calcul mental très étonnante. Enfin, c’est ce qu’ils croient. Ils jaugent la vitesse des voitures en une fraction de seconde et décident promptement, voire soudainement, de traverser en marchant ou en courant. Parfois, ils traversent en 2 temps. Un peu comme dans ces films américains ou dans ce jeu où l’on fait traverser une grenouille entre les flots de voiture.

Alors, attention aux piétons qui se tiennent au milieu de la route en attendant l’opportunité de traverser l’autre des deux voies.

Je suis assez bon piéton, je trouve. J’ai marché dans la rue depuis presque 30 ans et je n’ai jamais eu d’accident. L’astuce pour traverser est, encore une fois, d’accrocher le regard du conducteur en lui faisant savoir que l’on traversera, de toute façon. Je sais combien c’est énervant depuis que je suis passé de l’autre côté du volant. Mais presque toujours, le conducteur est obligé de ralentir pour éviter l’irréparable. C’est comme si s’il y avait accident, ce serait la faute d’un mauvais piéton. Et pourtant, ce sera toujours le conducteur qui ira (ou non) en prison.

En théorie, le conducteur doit laisser les piétons traverser. Dans la pratique, le conducteur, il est juste tenu de ralentir lorsqu’il approche un passage piéton. Il ne s’arrêtera pas (sauf en bas des escaliers d’Antaninarenina). Si toutes les voitures devaient s’arrêter chaque fois qu’un piéton de Tana pose un pied dans la chaussée, aucune voiture ne pourrait plus bouger. Tout ceci, je le rappelle, parce qu’il n’y a pas de trottoir libre pour le piéton. Ainsi, tant que le piéton tananarivien n’arrive pas à ré-conquérir les trottoirs, il devra, toujours, s’imposer devant les voitures.

Proposition de jeu vidéo : faites traverser la route du Marais Masay à votre bonhomme au chapeau malgache
Proposition de jeu vidéo : faites traverser la route du Marais Masay à votre bonhomme au chapeau malgache

Autres astuces obligatoires

Klaxonner

Il y a plusieurs façons de klaxonner (valable aussi avec les appels de phares)

  • Un petit coup c’est pour demander gentiment à un autre auto de vous laisser passer (avec ou sans la priorité).
  • Quelques petits coups d’avertisseur vont faire écarter les piétons de votre passage
  • Un bon coup de klaxon, prolongé, c’est lorsque vous affirmez votre droit de passage ou pour faire bouger un « con » qui obstrue la voie en faisant son créneau comme un débutant ou en chargeant/déchargeant ses passagers pour un bus ou un taxi, etc. Si on vous accompagne, soyez-en encouragé et allez-y pour votre petit concert de klaxon. Gare à vous si vous êtes la source des problèmes.

Sortir la main (gauche) de la fenêtre

Ce geste multi-sens est à utiliser à profusion. De toutes les façons, l’autre va comprendre. Tantôt c’est pour demander le passage, tantôt c’est pour remercier l’autre qui a cédé le passage. Ne vous agacez pas quand il y en aura qui vont « forcer » le passage tout en sortant la main gauche pour s’excuser, d’avance, des boules qu’il va vous donner. Attention, d’autres messages peuvent être délivrés. Justement, comme c’est l’ancêtre du clignotant, il peut le suppléer lorsque le conducteur se veut être plus précis sur sa direction. Enfin, les possibilités sont nombreuses : saluer, donner des instructions (dépassez, arrêtez-vous, restez derrière) insulter, etc.

Se garer

Les places de parking ne sont pas nombreuses à Antananarivo mais il y aura toujours un « gardien de parking » pour vous en dénicher. Il faudra le payer lorsque vous quittez les lieux. Qu’est-ce qui vous y oblige ? Rien. Peut-être que, par ailleurs, vous payez déjà un ticket de parking, alors, vous pensez que c’est trop de se faire « racketter » également par ces « jeunes ». Mais je répète, il faudra le payer, sauf si vous êtes sûr de ne plus jamais revenir là plus tard.

Attention aux créneaux. Le gardien de parking est capable de vous proposer de faire rentrer votre véhicule dans un mouchoir de poche. Et les malgaches tiennent à leurs pare-chocs. Ces pièces font partie intégrante de la voiture alors, la moindre éraflure et il demandera un constat en bonne et due forme.

Les factions en présence

Enfin, pour finir, et sans vouloir trop vous mettre la pression, il faut quand même vous signaler que des véhicules à Tana agissent comme des gangs. Les taxibe (minibus) s’entraident ou se battent entre eux selon leurs affinités. C’est comme les taxis. Si vous êtes derrière un taxi à un croisement et que vous êtes prioritaire, le taxi devant vous est capable de faire passer 5 de ses collègues avant de s’y engager. Tout le monde craint les 4×4. On ne sait jamais s’il y a dedans un député ou un Colonel, capable de vous emm*** pour un clignotant oublié. Et de toute façon, s’il peut s’acheter un 4×4, ce n’est pas une bonne idée de le défier devant la justice. Les 2 roues sont solidaires. Ne vous embrouillez pas avec l’un d’eux. Mais les pires, ce sont, encore une fois, les piétons qui vont jusqu’à lyncher les conducteurs fautifs.

Bref, conduire à Tana n’est pas la mer à boire. Mais, dans tous les cas, conduisez prudemment.


Participez au #baoritrachallenge #madagascar

#baoritrachallenge ? C’est quoi cette folie du web gasy? Photographier un carton avec toute sa fortune dedans, c’est la nouvelle tendance des réseaux sociaux à Madagascar. Je vais vous expliquer ce phénomène.

Origine du phénomène

Le 08 juin 2015, un peu avant minuit, la voiture de la député malgache Lanto Rakotomanga, accompagnée d’une autre femme, est arrêtée par la police pour, soit-disant, un contrôle de routine. Une contrôle qui incluerait, bizarrement, une demande verbale de perquisition de la voiture. La député aurait évoqué son immunité parlementaire et aurait refusé le contrôle. Devant l’insistance des policiers, elle aurait demandé à être perquisitionnée devant un grand hôtel d’Antananarivo. Mais sur les lieux, elle serait partie en trombe et une course poursuite (pas rapide comme dans les films, hein) aurait eu lieu jusqu’à un endroit appelé Namontana. C’est là que des éléments cagoulés, fortement armés de l’EMMOREG, la force mixte de maintien de l’ordre de la région l’auraient « coincée ». La député aurait, entre-temps ameuté d’autres parlementaires de son parti ainsi que les journalistes.

Le reste de l’histoire est visible sur le net actuellement. Mais venons-en au « baoritra ». Lorsque les forces de l’ordre ont réussi à déloger les deux occupantes de la voiture, ils ont saisi 2 cartons (baoritra) contenant 200 millions d’Ariary, à peu près 58 000 Euro.A un moment, on entend le grand chef présent demander au PST présent (Police scientifique) de sortir son petit appareil photo pour prendre des photos des cartons. Mais ce n’est que dans le poste, lorsque les cartons sont ouverts que le PST ainsi que tous les journalistes présents ont pu prendre des photos de son contenu, des liasses de 10 000 et 5 000 Ariary. A Madagascar, cette somme de 200 000 000 d’Ariary représente 2 gros 4×4 neuves ou un grand villa ou 500 000 tickets de bus ou 2 000 000 beignets (mofo gasy) ou exactement 666 666 baguettes avec 200 Ariary de monnaie rendue. Et pourtant, ce ne sont que 58 000 malheureux Euro, même pas la moitié d’un appartement à Paris.

Les réactions sont diverses. Il faut se rappeler que les députés sont actuellement dans un bras de fer avec la Présidence et le Gouvernement. Et on dirait que le gouvernement se félicite d’avoir pris une député « les mains dans le baoritra ». Ce gros montant aurait pu servir à des manœuvres douteux. De l’autre côté, les députés évoquent le non-respect des lois quant à la perquisition sans mandat d’une député accompagné de l’usage de la force. De plus, pour eux, il n’y a aucun mal à avoir 200 Millions dans son coffre, à minuit, dans les rues de Tana. Je citerai même, pour sourire un peu, l’intervention à la télé du député Raholdina Naivo qui rappelle que pour faire élire Rajaonarimampianina, son parti a aussi déboursé des sous (plus que cela) et qu’il fallait, en  ce temps-là les sortir de jour comme de nuit.

Le rêve de la richesse

Mais cette politique à la malgache ne nous intéresse pas pour cet article. Les malgaches, quand ils voient ces cartons remplis de billets, en direct, à la télé, ils ne peuvent que rêver. On appelle cela « Ariary zato am-pandriana » (Cent Ariary dans les rêves) du temps où 100 Ariary valait ces 200 millions là. Cette expression désigne ces rêves éveillés que l’on fait si on était riche d’un milliards de Francs Malgache (1 Ariary=5 anciens Francs Malgaches). On s’achèterait ceci ou cela. On irait ici ou là-bas. On ferait des trucs…Ah si seulement!

Dure réalité et premières photos

Pauvres malgaches, les voitures avec des millions dans le coffre, cela ne court pas les rues de Madagascar. Les cartons, que les malgaches utilisent et réutilisent à la maison ne contiennent presque jamais de « blé ». Au contraire, beaucoup sont vides.

La première photo que j’ai vu sur facebook vient de Ta Ramses qui ironise sur le carton vidé par la police et qui ne contiendrait plus qu’une pièce.

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Photo de Ta Ramses

Mais depuis ce matin du 10 juin, d’autres photos sont visibles sur le réseau avec toujours, une ironie et un humour indéniable. Et avec elles, certains ajoutent ce nouveau mot dièse (hashtag) #baoritrachallenge (challenge du carton)

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« Ny ahy zao voanjo no ato anaty baoritra » (Pour moi, ce sont des cacahuètes qui sont dans le carton)

Celui-là est un petit carton contenant des cacahuètes que le célèbre présentateur télé Christian Ratovonony a posté.

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« …tsisy vola #baoritrachallenge » (pas d’argent)

 

Cette photo vient du profil de Dago Urban Wear dont le carton ne contiendrait qu’un peu de miel et du pain rassi.

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« izay milalao ihany no mahazo » (seuls ceux qui jouent gagnent)

Venant de Jade Legacy sur la page de Hery Serasera, celle-là est déjà ma préférée de toutes. Elle contient un bout de papier avec la phrase « Mbola ho avy ny anjaranao » (votre tour viendra ou votre jour de chance arrivera); la même que celle que l’on voit sur toutes les cartes à gratter de tous les paquets d’une certaine marque de piles malgaches alors que la pub promet depuis belle lurette des lots fabuleux.

Eh oui, peut-on rire de tout? Peut-être que oui, peut-être que non. Aujourd’hui nos cartons sont presque vides et de cela, il faut en sourire car, peuple malgache,  « Mbola ho avy ny anjaranao ».


Le j’aime N°2

J’ai toujours pensé à faire une suite à l’un de mes premiers articles : le j’aime. Mais cette suite est plutôt une proposition.

En effet, si un j’aime, un +1 ou une étoile est aujourd’hui si recherchés, je les trouve un peu autoritaires. On n’a pas droit de réponse. Car si on en avait, on aurait peut être des choses à répondre

 

Imaginez que vous publiez une photo de vous (ou autre chose). Cette fois-ci, vous ne comptez plus seulement les j’aime de votre photo. A la place, vous recevez des notifications du genre : »Marie demande à j’aimer votre photo, cliquez ici pour approuver ». Vous passez alors à la « modération » de vos j’aime entrants. Ceux-ci vont à leur tour recevoir des notifications diverses selon vos affinités respectives.

Lucie a approuvé  votre j’aime sur sa photo de profil
Lucie a commenté votre j’aime :  « je t’aime aussi 🙂 <3 :* »

Lucie a approuvé votre j’aime sur sa photo
Lucie a commenté votre j’aime : « mercii »

Lucie a approuvé votre j’aime sur son statut

Et vous continuez votre « modération » des j’aime. Vous aurez évidemment des choix pour certains cas afin d’éviter les j’aime hypocrites, dénonciateurs et lèches…

– Judith demande à j’aimer votre photo
– Désapprouver
– Voulez-vous désapprouver le j’aime de Judith?
– Confirmer

– Nadine demande à j’aimer votre statu : »Il me manque… :'( « 
– Signaler comme indésirable
– Nadine ne pourra plus j’aimer vos photos/statut à l’avenir
– Annuler
– Désapprouver
– Voulez-vous désapprouver le j’aime de Nadine?
– Confirmer

– Jean Chrysostome demande à j’aimer votre photo
– Signaler comme indésirable
– Jean Chrysostome ne pourra plus j’aimer vos photos/statut à l’avenir
– Confirmer

– Vente de voitures d’occasion demande à j’aimer votre photo de profil
– Bloquer cette personne
– Voulez-vous bloquer Vente de voitures d’occasion? Vous ne verrez plus ses notifications et son profil.
– Confirmer

Et même pourquoi on ne pourrait pas créer de nouvelles formes de modérations en « jugeant »  directement les j’aime qu’on reçoit.

– Lucie trouve votre j’aime sur sa photo de profil comme « hypocrite »
– Lucie trouve votre j’aime sur son statut : »mon grand père est mort RIP Papy » comme malsain
– Lucie trouve votre j’aime sur son partage comme « courageux »

Je sais qu’à partir de 100 j’aime par statut, cela devient impossible de faire ce que je dis là. Et puis, qui n’aimerait pas recevoir des j’aime, même de son pire ennemi? C’est ainsi qu’est fait notre vie sociale moderne, alors, faisons avec même si souvent ce n’est pas le vrai reflet de la réalité.

 


Madagascar : les 5 dernières minutes

Restons en haleine devant ce combat de titans auquel se livrent les politiciens malgaches. Nous sommes à la fin du film, le scénario s’emballe. Ce sont les 5 dernières minutes.

Image : moraingy, la boxe traditionnelle malagasy

Bien sûr, ce sont 5 minutes « prophétiques ». Vous savez bien que dans les films d’action, on aime étirer le temps pour le suspense. Même cette demande de déchéance du président que les députés ont décochée il y a plusieurs jours, on aura droit au ralenti pour suivre sa trajectoire. Et elle ricochera au niveau de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) mais qui sait déjà vers où?

Et maintenant, on parle de coup double de la part des députés qui veulent en même temps faire tomber le gouvernement. En effet, en l’absence de Sénat, c’est le gouvernement qui doit prendre la place du président si celui-ci n’est plus en poste. Leur but serait, donc, de faire tomber, en même temps les deux institutions et rester seul debout, pour régner.

Soudain, l’armée prévient qu’elle ne tolèrera pas tout changement inconstitutionnel et antidémocratique de régime. Elle s’en remet donc entièrement à la HCC. Est-ce que cela signifie qu’elle acceptera tout? En effet, il n’y a pas de plus démocratique que des citoyens, qui de plus sont des députés, qui votent. Ainsi, si la HCC rejette ce vote, que fera-t-elle? Et si la HCC l’entérine et fait tomber leur chef suprême, que fera-t-elle?

Quand tout à coup,  Ravalomanana déclare être contre la déchéance du président, il dément en être l’instigateur mais comprendrait ses députés qui agissent de corps avec les autres députés. Pour les observateurs, il ferait un double jeu. Quand on le voit intervenir comme ça dans les médias et quand il parle des ambassadeurs, des politiciens et des autres qui le visiteraient, on se demande si sa fonction de président de parti n’est pas prise un peu trop au sérieux. En tout cas, à l’instar d’un certain Sarkozy, Ravalo is back.

Pendant ce temps, les partis politiques, les associations, les groupements, les individus défilent à la télé, à la radio et dans la presse écrite pour réagir. Je dirais « pour exister ». Sinon, quels partis politiques malgaches seraient assez organisés pour, par exemple, avoir un siège qui ne soit pas aussi le logement ou le local d’entreposage de quelqu’un? ou des employés ? ou d’autres structures plus ou moins palpables? Très peu, je pense. Alors, dès qu’une tribune se met en place, il faut se montrer. C’est vrai! A les entendre et à les voir, on penserait même que dans certains foyers on aurait cette conversation-là :

– Le papa : Les enfants, Maman et moi, on pense qu’il faut défendre notre idée. Ainsi, on va tous aller à la Radio aujourd’hui.
– La maman : Oui, Papa va parler au nom de son parti politique Vivent les Gasy. Moi, je vais réagir à travers mon association des femmes au foyer actives et patriotes et toi mon fils, tu vas réagir pour le nom de ton Association des jeunes dynamiques du Fokontany d’Ambohitsifantatranarana
– Le fils : Oh, non! Je laisse ça à ma sœur, je préfère parler au nom du club de Hand Ball.
– La fille : J’appelle tonton et tantine? E les cousins?

Mais suspense! Le président a fait déposer le 2 juin 2015 sa mémoire de défense face aux accusations des députés. Il reste à peu près 10 jours à la HCC pour statuer. Vous verrez, cela passera vite. Et voici le plus étrange, dans cette mémoire, 60 députés signent en faveur de président. C’est-à-dire que dans la sainte politique malgache, le miracle fait que 151 = 121+60. Un imbroglio que l’on a l’habitude de voir.

Mais personne ne sait encore ce qui va se passer. Il y en a qui font les devins, d’autres font des calculs et des analyses. Il y a des indices, mais on ne peut pas encore tout comprendre pour dire, déjà, ce qui est la vraie vérité derrière tout ça. Ce feuilleton est « passionnant » mais l’issue est incertaine. Dans les bonnes séries policières, le téléspectateur comprend souvent tout bien avant que le héros ne s’écrie « Bon Dieu ! Mais bien sûr !… ». A Madagascar, tout reste mystère.

 

 


Madagascar, déchéance de Rajaonarimampianina : le mal est fait

Voici les évènements d’hier et les autres infos sur la nuit du 26 mai 2015 sur la base des journaux télévisés malgaches que j’ai pu suivre.

C’est long. Et même si on ne peut pas encore prévoir les vraies conséquences de cette situation, on peut imaginer un peu ce qui peut arriver.

 

La cacophonie a existé

On l’a vu à la télé, les députés ont eu des échanges musclés avant le vote de la déchéance du Président. Les paroles étaient incisives et les gestes ont failli dégénérer. On a vu les forces de l’ordre intervenir pour séparer les belligérants, empêchant notre hémicycle d’être le théâtre de matchs de boxe comme dans d’autres Parlements démocratiques du monde entier.

On a vu qu’il y avait des députés, en nombre, présents. On n’a pas pu compter rapidement sur les images. On a vu le camp du Président dehors pendant le vote. Ils n’étaient pas 3 ou 4 comme l’image qu’un député à la télé a évoqué, mais ils étaient peu nombreux.

Mais tout était joué d’avance

Oui, ils ont débattu pour faire le vote ou non mais une fois les dés jetés, l’issue était déjà connue.

Le TIM, parti de Ravalomanana, dont il est à nouveau le Président national, aurait reçu des consignes (de lui-même) pour faire passer le vote. Kolo TV a rapporté que pendant 2 heures, Ravalomanana a été reçu par Rajaonarimampianina avant ce vote. On suppose que c’était pour « négocier » les voix du TIM. La tête de file du TIM à l’Assemblée est parmi les portes paroles des députés ayant dit OUI à la déchéance du Président, donc, quoi qu’il s’est dit dans cette soi-disant réunion, on peut dire que Ravalomanana et Rajaonarimampianina montrent une nouvelle fois un tournant de leur relation.

Actuellement, il y a 3 MAPAR dans l’Assemblée. Le MAPAR 1 aurait voté OUI et les MAPAR 2 et 3 auraient voté NON. C’est ce qui a été dit à la télé (Qu’est-ce qu’on rigole, puisque MAPAR est le sigle pour « Avec le [Miaraka Amin’ny] Président Andry Rajoelina ». Donc, les 2 sectes MAPAR 2 et 3 ne seraient plus d’accord avec le MAPAR 1 mais gardent la dénomination MAPAR. C’est pas sérieux). Si c’est vrai, le MAPAR 1, qui est fidèle à Rajoelina montre que ce dernier règle ses comptes avec le Président qui l’a mis à l’écart alors que c’est lui qui a « permis » son accession au pouvoir en 2013.

Les partisans du OUI disent avoir des preuves qu’on a acheté des voix du côté des partisans du Président. C’est, une réponse aux accusations de l’autre camp. Les chiffres sortent de partout allant de 5 000 000 à 10 000 000 ariarys c’est à dire moins de 3 000 euros par député. Si jamais c’était la vérité, ce n’est pas du tout cher payé pour l’avenir du pays.

Le Président a minimisé

Il a affirmé qu’il reste en fonction de Président de la République. Il a qualifié la décision des députés d’irréfléchie et pour lui il y a des irrégularités dans le vote. Il a brandi la menace de la dissolution de l’Assemblé. Vous vous souvenez du truel Président – Premier Ministre – Assemblée dont je vous ai parlé? Malheureusement pour Rajaonarimampianina, les députés ont tiré les premiers. Il ne lui reste plus qu’à espérer qu’ils ratent leur coup. Une petite partie de son discours :

« Les députés ont le droit dénoncer les fautes du président de la République. Ils servent également de contrôleur des réalisations du gouvernement et aussi de contrepoids par rapport à l’exécutif, mais ne devraient pas pour autant demander la déchéance du Président.
Le président peut à tout moment dissoudre l’Assemblée nationale à tout moment, et d’ailleurs c’est écrit dans l’article 60 de la Constitution, recommandations ou pas, du sommet d’Ivato. Mais Madagascar a besoin actuellement d’apaisement et non de créer de nouvelles crises. Nous sommes en train de chercher toutes les solutions pour éviter d’en arriver à cette situation. »

Et la « plainte » a été déposée

Et finalement, les députés ont pu déposer la plainte auprès de la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Car, il faut bien l’expliquer, ils ne peuvent pas, sur un vote destituer le Président. Ils ne peuvent que l’attaquer en justice pour des faits jugés graves et pouvant l’empêcher de poursuivre son mandat. Voici l’article 131 de la Constitution :

Article 131.
Le Président de la République n’est responsable des actes accomplis liés à l’exercice de ses fonctions [version de l’AN : des actes accomplis dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions] qu’en cas de haute trahison, de violation grave, ou de violations répétées de la Constitution, de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat.
Il ne peut être mis en accusation que par l’Assemblée nationale au scrutin public et à la majorité des deux tiers de ses membres.
Il est justiciable devant la Haute Cour de justice. La mise en accusation peut aboutir à la déchéance de son mandat.

Pourquoi finalement? Parce que hier, j’ai dit que la Haute Cour était gardée par les éléments mixtes de sécurité régionale. On avait craint qu’on empêche la venue des députés. Ce n’était pas le cas. Pourtant, des députés seraient actuellement en train de se cacher sur le territoire ou à l’étranger suite à des menaces qu’ils auraient reçu. On a vu à la télé le député Rossy faire appel à l’armée et aux forces de l’ordre pour « protéger » ces députés menacés.

Ensuite, il est dit que la plainte comporte 3 pages et qu’elle est signée par 115 députés. Ce qui rajoute du poids à cette démarche et exclut, en partie, l’irrégularité du vote. La présence, en masse des députés pour apporter les documents à la Haute Cour est aussi impressionnante.

Mais pourquoi?

D’abord, politiquement, on comprend que le radeau de Rajaonarimampianina s’est désolidarisé. Rappelons-le, il n’a pas de député à l’Assemblée et a dû composer avec les indépendants et le soutien de Rajoelina puis de Ravalomanana pour avoir un semblant de majorité.

Mais a-t-il vraiment commis des fautes? Il y a 3 pages dans la plainte et je ne l’ai pas encore lue. Les députés évoquent des violations répétées de la Constitution. Entre autres, la Haute Cour de justice n’a jamais été mise en place et la désignation des Premiers Ministres grâce à son montage de députés indépendants n’a jamais été du goût des partis politiques.

Enfin, les motivations réelles de ce coup dépassent peut-être ma compréhension de la politique à la malgache. Qui vivra verra, donc.

La France et les États-Unis disent la même chose?

Les deux puissances qui sont les plus influentes à Madagascar ont toutes les deux affirmé qu’elles ne soutiennent personne, mais seulement la stabilité.

Je dois vous expliquer comment les Malgaches considèrent la position de ces deux pays. Je dis bien que c’est la considération générale. Ce n’est pas une affirmation. Les Malgaches pensent que la France soutiendrait Rajoelina qui est franco-malgache, rappelons-le. Cette pensée est confortée par le fait de Rajoelina est basé dans ce pays et que pendant sa présidence, il est allé là-bas à plusieurs reprises et surtout avant les évènements majeurs (réunions au sommet, etc.). La France, a été le premier pays à reconnaître la transition, faut-il le rappeler, aussi?

Ravalomanana a toujours clamé l’appui de plusieurs pays dont les États-Unis. Il dit tout le temps que les Américains lui parlent. Soit, c’est vrai, soit il entend des voix. Quoi qu’il en soit, son affirmation que c’est lui « la clé », cela semble se vérifier. La coopération des U.S.A. a paru être conditionnée par la situation de l’ancien président. On note aussi les visites, nombreuses, entre lui et l’ambassadeur américain.

Bien sûr, personne n’ira confirmer cela haut et fort. Madagascar possède des richesses incommensurables que nous, Malgaches, ne sommes pas capables d’exploiter : mines, pétrole, terres agricoles, main-d’œuvre bon marché, etc. Cela ne m’étonne pas que les puissances de ce monde veuillent participer à l’exploitation de cette richesse. La France et les Etats-Unis sont, actuellement, parmi les plus engagés dans « l’aide » à Madagascar. Certains Malgaches pensent que la crise depuis les années Ravalo est l’image d’un bras de fer de ces 2 puissances.

Voir le TIM de Ravalomanana et le MAPAR main dans la main pour ce vote de destitution est totalement incompréhensible pour ces Malgaches qui avaient cette image d’affrontement Rajoelina/Ravalomanana (France/USA) dans la tête.

Les Malgaches s’expriment à la télé mais la TVM n’a qu’une seule corde à son arc

Les télés on tous fait du micro-trottoir hier. C’est logique, c’était une occasion à ne pas rater. Les Malgaches sont pour la plupart excédés par la politique. Ils ont appelé à faire cesser ces simagrées et à s’occuper des problèmes sociaux, car le peuple est de plus en plus en difficultés. Je ris encore avec la personne qui qualifie les députés de « députés affairistes » qui ne s’occupent pas de leurs électeurs comme ils devraient le faire. Malheureusement pour elle, pour réussir en politique à Madagascar, il faut avoir réussi en affaires aussi.

Mais ce n’était pas très intéressant de regarder le micro-trottoir fait par la TVM, la télévision nationale. En effet, tous les interviewés ont donné tort aux députés. Ce n’était pas une mise en scène pour que, par exemple, 9 personnes sur 10 ou une grande majorité affiche le soutien au Président et une faible partie fait semblant de soutenir gauchement ses adversaires. Non, c’était unanimement des « ras-le-bol des députés » et des « il faut soutenir le Président ». C’est triste si l’on sait que seule la TVM est diffusée en VHF sur tout le territoire. Mais, heureusement, les autres chaînes ont des antennes dans les provinces et sont aussi reçues en qualité HD via le satellite.

LE MAL EST FAIT

Sur France 24, la journaliste a dit qu’une nouvelle crise vient de commencer. C’est vrai. Aujourd’hui, la HCC doit choisir entre les Président ou l’Assemblée. C’est comme choisir entre l’amputation de l’un de ses deux bras.

Mais aux yeux des Malgaches, aux yeux de la communauté internationale, l’instabilité du pays est affirmée ainsi que l’augmentation du tempo des crises. Je l’ai déjà noté ici, quand j’ai proposé une révolution lente pour Madagascar. On a perdu notre crédibilité.

Qu’est-ce qui va se passer maintenant?

La HCC a tout son temps pour statuer sur la demande de déchéance par les députés. Mais quoi que le Président dise, tout est maintenant en suspens à cause de cette plainte. Ainsi, la HCC doit, probablement, trancher dans les 2 semaines.

La HCC est présidé par Jean Eric Rakotoarisoa, ami « proche » du Président. Alors pourquoi les députés ont-ils pris le risque de déposer la plainte? A cette question, je ne vais pas répondre qu’ils croient à l’impartialité de la justice malgache (« i3 », comme qui dirait). Je vais répondre par une autre question : « ceux qui ont initié cette action ne savent-ils pas depuis le début que le Président a nommé 3 juges dont le Président actuel de la HCC? »

Le rêve des Malgaches

Je finirai ce long article par un rêve. Un rêve que beaucoup de Malgaches font chaque nuit. On rêve qu’on n’est plus pauvre. On rêve qu’on a de l’argent dans les poches, à manger sur la table, un véhicule sur le parking, même une bicyclette. On rêve qu’on a des projets et qu’on peut les réaliser : « Je vais prendre l’avion pour l’étranger », « moi, j’ai encore une réunion avec mes associés », « moi, je pars en vacances sur la côte », … Alors, Président, gouvernement, députés, ambassades, médias, blogueurs, faites ce que vous voulez, dites vos discours, vos analyses, on n’en moque tant que notre rêve se réalise, un de ces jours proches…sinon…