Andriamialy

Dernières pensées d’une petite mourante BAD2014

Pour ce Blog Action Day 2014 (BAD2014, #BAD2014) axé sur les inégalités, je vais faire parler une petite fille que j’ai vue quelques moments avant de mourir. Une image qui me hante toujours.

J’ai envie de dormir, j’ai trop envie de dormir. Et j’ai mal, tellement mal. Où suis-je ? …

Je suis dans la cour de cette église. J’entends ma mère qui discute avec ce couple. Ils ont l’air gentil. Quand maman parle d’eux, elle dit souvent qu’ils sont riches et qu’ils donnent toujours, mais jamais assez. A l’entendre, je ne sais plus si elle les aime ou si au contraire elle les déteste, au fond.

Aie, ma tête, j ‘ai mal à la tête!

Maman leur dit que j’ai le palu. Je n’ai pas le palu, enfin, je ne pense pas. Ils sont suspicieux. Ils demandent à Maman ce qu’on m’a fait de mal. « Rien », elle répond, elle ne sait pas ce qui m’arrive. Le docteur m’a prescrit des médicaments, mais ils sont trop chers. Elle pleure, elle n’a pas envie de perdre une autre petite fille…encore. Je sais bien que si Maman obtient quelques ariary pour mes médicaments, elle ne va pas les acheter. Elle va d’abord acheter à manger pour tout le monde : elle, moi, mes frères, mes sœurs. Puis, elle va payer pour les 3 euros du loyer sinon on devra quitter notre petite maison.

Ah ! Ils parlent méchamment à ma maman. Ils lui reprochent de ne pas bien s’occuper de moi. Ils disent qu’il fallait m’emmener à l’hôpital des enfants. Mais maman fait déjà tout ce qu’elle peut. Elle ne sait pas lire ni écrire, elle ne sait que laver le linge des autres. J’entends dire autour de moi que c’est aussi une prostituée, je ne sais pas ce que ça veut dire. Ce que je sais c’est qu’elle me rassure quand j’ai peur, qu’elle me donne à manger et qu’elle me câline. Je l’aime ma maman.

Je sais que je vais mourir, bientôt. Je n’arrive même plus à bouger, j’ai du mal à ouvrir mes yeux. Et j’ai mal.

Le couple discute à voix basse, on dirait qu’ils se disputent. Ils secouent la tête et font des gestes. Puis, ils ont donné quelque chose à Maman en lui disant de faire des choses, vite. Ils continuent à lui faire peur pour qu’elle fasse bien les choses. Maman dit oui et leur promet d’être sage.

Je crois que maman a obtenu de l’argent. Alors, ce joli couple s’en va avec leur si joli bébé. Qu’il a de la chance ce bébé d’avoir des parents si… riches. Moi, je vais mourir. Je ne les reverrai plus, jamais plus. Leur bébé va peut-être devenir un pilote ou un docteur ou un pasteur et il ne saura jamais que j’ai un jour existé sur cette Terre.

Mais la mort ce n’est pas si mal. De toute façon, ça arrive à tout le monde et à tellement d’enfants de mon entourage : mes frères, mes sœurs, mes voisins et voisines. J’aurais voulu vivre, mais pas en étant si pauvre ; pas en ayant faim, tout le temps… et froid… et peur…

 Ici pour voir mon article sur le BAD2014 en malgache sur Lay Andriamialy


Crise Ravalomanana, en humour

Ravalomanana est de retour à Madagasar le 13 Octobre 2014 dernier et depuis, il est redevenu la star des médias et des sites web malgaches.

Moi même, j’ai réagi, j’ai témoigné et j’ai fait une analyse des infos disponibles sur ce blog. Mais, comme toujours, je reviens à ce que je sais faire le mieux : de l’humour. Cette crise, comme tant d’autres à Madagascar ces dernières année, est très sérieuse mais aussi tellement ridicule. Ainsi, l’expression est très à propos : »Rions parce que c’est grave ».

 

Ah si seulement Monsieur tout le monde pouvait répondre aux « personnalités » ou leur poser des questions, ce serait beaucoup moins sérieux et conformiste que les journalistes sans forcément être impertinent. Jugez vous même.

 

– Ravalomanana a dit qu’il est « rentré sans passeport et tout seul »

Question à poser: Et vous avez nagé combien de jours?

 

– Rajaonarimampianina a dit : « Il ne m’a pas contacté« 

Question à poser : Vous auriez dit oui? Franchement?

 

Rajaonarimampianina a dit : « Marc Ravalomanana n’a pas été arrêté, n’a pas été emprisonné, mais a été mis en sécurité à l’abri des différentes menaces qui pèsent contre lui« 

Question à poser : C’est toujours en fracassant les portes, en tirant à l’arme lourde et en faisant peur aux gens que vous les « sécurisez »?

 

– Midi Madagasikara raconte : « 4 hommes armés ont attaqué des commerçants à Amboditsiry le 13 Octobre à 19 heures. Ils n’étaient pas cagoulés« 

– Fil d’info d’orange.mg : 16h30 – INSECURITE : Dix hommes armés ont attaqué, hier, 14 octobre, deux épiceries à Ankorondrano. Ces bandits ont emporté argents, téléphones et ordinateurs portables et bien d’autres encore… 

– Et Newsmada : « Le corps sans vie et décapitée d’une fillette de 6 ans a été retrouvée sur une piste de course pour les véhicules à deux roues. « 

Remarque à faire : Non, non, je n’ai rien à dire du tout, je n’ai pas envie d’être « mis en sécurité » pour l’instant

 

– Le directeur de cabinet de la Présidence Henry Rabary-Njaka affirme que « les tenants du régime ne sont pas au courant de son retour »

Remarque à faire : Et pourtant il l’a dit, combien de fois? Cela s’appelle la technique du « crier au loup ».

 

– Midi Madagasikara encore « Ravalomanana : Arrivée à 17h à Diego après plusieurs escales, il a passé la nuit à l’Amirauté« 

Question à poser aux militaires qui l’accompagnent : C’était une partie de cache-cache en hélico ou bien quelque chose ne lui a pas plu à Mahajanga, Antsohihy ou ailleurs? Le climat? La chambre? Le lit? L’eau chaude? La nourriture?

Quand même, c’est un rêve de parcourir Madagascar en Hélicoptère et de dormir dans des palaces différents chaque nuit alors que sa sécurité est assurée par des hommes armés et qu’on a à disposition un médecin et je ne sais pas quoi d’autre. Si seulement on m’offrait un tel circuit pour les prochaines vacances, gratuitement, et je rentres chez moi quand c’est fini, hein!

 

– Tojo Ravalomanana (le fils) a dit  (reportage de Madagate)  : « On l’a appréhendé. Ma grand-mère est décédée ; ma mère a été appréhendée et renvoyée ; maintenant c’est au tour de mon père. Mon chien a été tué par balle. Et puis quoi encore. Ce sera au tour de nos petits-enfants par la suite ? Entre Présidents, n’y-avait-il pas eu une démarche plus civilisée ? Comme se réunir et discuter autour d’une table ? Il s’agit d’un président de la république tout de même, les gars ! Mais on l’a appréhendé au moment du déjeuner. Il faut que nous le comprenions tous. Pensez un peu si c’est votre père qui est appréhendé par des forces anti-gang. Pourquoi ne pas faire ce genre de chose à Remenabila  ? » (Ndrl : tristement célèbre chef de dahalo du Sud du pays, qui a disparu dans la nature)

Réactions et questions à poser : Effectivement, c’est triste! Je suis tout à fait d’accord. Attrapons Remenabila et mettons le en prosin! Après un procès équitable quand même! Entre parenthèses, on vous a déjà dit que vous ressemblez à Kim Jong Un?  Non? Euh….Oppa Gangnam style?

 

– La Présidente de la Commission de l’Union Africaine a dit : « La remise en cause de la légitimité des institutions malgaches, issues d’élections libres et démocratiques et dont les résultats ont été reconnus par l’ensemble de la communauté internationale, y compris l’UA et la SADC, est une provocation inadmissible ». Et aussi : « Dans ce cadre, elle se réjouit des mesures subséquentes prises par son Gouvernement pour gérer la situation. »

Réactions à faire : Heureux que vous puissiez vous réjouir Madame. Ravalomanana avait, donc, bien tort de ne pas avoir arrêté ceux qui criaient dans les rues qu’ils lui prenaient désormais le pouvoir dès 2009.

 

– Le Quai d’Orsay a dit : « La France soutient la position très claire exprimée aujourd’hui par l’Union africaine, qui a condamné les propos tenus par l’ancien président Ravalomanana après son retour à Madagascar sans accord politique ni concertation. »

Salutations et questions : Salut Quai…!ça va? Alors, toujours les premiers, hein? Vous disiez quoi déjà? On n’a pas entendu.

 

– L’Union Européenne a aussi dit : « Nous saluons la grande maturité et sagesse avec laquelle le peuple malgache a réagi au retour de Monsieur Marc Ravalomanana et nous appelons à la retenue. »

Réactions : Merciiii 🙂 mais le peuple n’a rien fait.

 

– Rajoelina … n’a rien dit

Réaction à faire : Eh!

 

– Les U.S.A. n’ont rien dit non plus, jusqu’à maintenant

Question : Hé Ho! « manaiky matoa tsy miteny ve? » (Qui ne dit mot consent?). Ravalomanana a bien cité : « Américains, Allemands, Norvegiens, Tanzaniens,… Américains« . Oui, il a dit « Américains » 2 fois.

 

– La FJKM (Plus grande église protestante de Madagascar) organise un culte pour Ravalomanana.

Réaction « normale » à faire : Ataovy sérieux! (Soyez sérieux). Pourquoi pas un culte de Ravalomanana directement. S’il vous plaît, priez aussi pour le peuple malgache qui souffre tellement. 🙁

 

– Beaucoup de politiciens ont réagi aux évènements

Conseils à donner : On sait bien que l’occasion est belle mais attendez quand même un peu. Ne jubilez pas si fort du retour de Ravalomanana, ni de son arrestation. Ne montrez pas toutes vos cartes, on ne sait jamais ce qui va se passer demain! On sait bien que vous êtes rapides pour enfiler des vestes mais quand même…

 

Bon, c’est tout pour moi. Peut-être vous , vous avez des questions ou des remarques à faire vous aussi sur cette crise Ravalomanana car oui, c’est une crise… et ce n’est pas fini!


Retour de Ravalomanana : infos, analyses et théories

Maintenant que le plat est refroidi, je peux maintenant goûter et analyser toutes les infos sur ce retour surprise de Ravalomanana du 13 octobre 2014 et de sa moins surprenante mais quand même spectaculaire arrestation. Ci-après, donc, mes théories et mes avis à ce sujet.

1- Le mystère : Comment est-il arrivé ?

Ravalomanana a cité des noms de pays qui l’auraient aidé ou qui auraient approuvé son retour. Il a aussi dit que tout le monde était au courant de son arrivée. De son côté le président Rajaonarimampianina a déclaré qu’il n’a pas été contacté ni informé. Tout cela, c’est de la politique, alors, il ne faut pas s’en étonner.

Mais matériellement, comment a-t-il fait ? Les rumeurs ont d’abord parlé d’un jet privé américain ou sud-africain ou de la SADC qui l’aurait amené à Ivato. Puis, sans confirmation de cela, on a parlé d’autres aéroports : Antsirabe, Tuléar ou même Fort-Dauphin. Et les rumeurs, vous savez comment ils sont, ont ce matin changé en « parachutage ». J’imagine le Marc Ravalomanana sauter en parachute. 🙂

Quoi qu’il en soit, comme pour son départ en exil où il aurait pris la route, déguisé avant de prendre un avion quelque part je ne sais où, son retour démontre que le pays est toujours une passoire. C’est toujours pratique pour passer en douce de l’or, des reptiles, du bois de rose ou des …ex-présidents.

2- Sa conférence de presse :

Selon le site de sa femme, Ravalomanana aurait dit ses 4 vérités. C’est ce que le président Hery Rajaonarimampianina a qualifié de  » provocation « . En effet, Ravalomanana a dit ne pas vouloir attendre 2018 pour reprendre le pouvoir. Il a cité beaucoup de pays et de personnalités qui seraient derrière lui et ne jureraient que par lui pour sauver le pays. C’est sûr que cela ne peut qu’irriter le pouvoir. Mais lorsqu’on est en démocratie, on ne peut que se féliciter d’avoir des opposants à même de faire levier à ses actions. Est-ce que Hollande, par exemple, a mis en résidence surveillée ceux qui demandent sa démission ou qui clament qu’il ne doit pas finir son quinquennat?

Mais voilà, Ravalomanana n’est pas le commun des mortels et nous le verrons mieux dans le point suivant.

3- Son « arrestation » ou « mise en sécurité »

Visiblement, il a été arrêté. L’arrestation consiste, en effet, à priver une personne de sa liberté. Ceux qui étaient présents ont décrit l »opération comme brutale avec l’utilisation d’armes de gros calibre. On ne peut pas dire que Ravalomanana a pu exprimer un refus ou quelques autres volontés. Et maintenant, il n’est pas libre de circuler.

Pour le président Hery Rajaonarimampianina :  » Marc Ravalomananana n’a pas été arrêté, n’a pas été emprisonné, mais a été mis en sécurité à l’abri des différentes menaces qui pèsent contre lui « . C’est vrai que Ravalomanana et sa famille ont été menacés et intimidés à diverses occasions. Il s’est même senti, sous menace depuis son arrivée, car il a demandé à ses partisans de le  » protéger « .

Je ne suis sûrement pas mieux informé que le président lui-même qui a estimé qu’il fallait  » protéger  » Ravalomanana de la sorte. Peut-être qu’il y avait des risques pour sa sécurité. Mais c’est logique de penser que c’est peut-être aussi une manière pour Rajaonarimampianina de se protéger de lui. Que veut-il dire lors de son discours par :  » Il est vrai qu’un citoyen malgache peut circuler normalement sur le territoire national.Le cas de Marc Ravalomanana est cependant particulier dès lors qu’il s’agit de sa sécurité personnelle et de la sécurité publique.  » Même s’il l’a nié plus tard en répondant aux journalistes, ne se sent-il pas menacé par ce retour en force de l’ancien président? Et de ce fait, est-ce qu’il n’est pas aussi une des menaces qui pèsent sur Ravalomanana?

4- L’autre mystère : où est-il en ce moment?

Je ne me fais pas spécialement du souci pour lui. Mais je ne pense pas que le régime actuel ait quelques intérêts que ce soit à en faire un martyr. Même si on le prive de son yaourt matinal, je pense qu’il lui suffira de le rapporter à ses fans et partisans pour que ces derniers fassent une émeute vite réprimée. Et personne n’en veut de ces émeutes. Sans compter sur les réactions de la communauté internationale si jamais le régime se rend coupable de quelques maladresses que ce soit.

On dit qu’il serait en résidence surveillée quelque part. Miarinarivo, Arivonimamo, Mantasoa, ou encore à Antananarivo? Madagascar est grand, comme le président l’a confirmé dans sa conférence de presse. C’est une assez grosse botte de foin pour dissimuler un gros pique comme Ravalomanana.

5- Qui est derrière Marc Ravalomanana

Pour finir, il faut poser la meilleure question :  » Qui soutient Ravalomanana? « . C’est une question à 1 million de dollars, mais je pense que je peux donner au moins 10 % de la réponse. Je n’aurais pas pour autant 100 000 $ de récompense.

Sa femme et ses enfants le soutiennent, c’est sûr. Sa famille politique, très libertine, aussi, même si elle est tellement bizarre avec ceux qui partent, ceux qui reviennent, ceux qui n’en finissent pas de retourner leur veste et les autres. L’Eglise protestante malgache, dont il a été le dirigeant est aussi  » en partie  » acquise à sa cause. On a aussi cité des militaires. Mais bon, les militaires n’ont pas le droit de faire de la politique.

Dans la population, il y a ceux qui sont venus jour après jour aux meetings du Magro ces six dernières années, de véritables « rien à foutre » ou des fans inconditionnels selon les points de vue. Il y a les autres qui, dans la rue, dans les réunions de famille, dans les bureaux ressassent tous les jours les  » glorieux jours  » du temps où Ravalomanana régnait tout en fustigeant les dirigeants qui lui ont succédé. Et dans la célèbre  » majorité silencieuse « , il y en a aussi, peut-être, qui sont de son côté, mais qui ne le disent pas, par peur de ne plus appartenir à cette  » majorité silencieuse « .

Dans la communauté internationale, le camp Ravalomanana a toujours clamé le soutien de la SADC. Dans sa conférence de presse, Ravalomanana a aussi cité, avec humour, des nations dont le nom des habitants se termine en malgache par « -anina » : Américains, Allemand, Norvégiens, Zimbabwéens, Tanzaniens…Et quand on pense à la logistique nécessaire pour faire une entrée discrète dans la capitale d’un pays, une île, comme Madagascar, oui! comme dans les films d’action, c’est légitime de croire qu’il a reçu de l’aide.

De son côté, Rajaonarimampianina a remercié tous ceux qui, à Madagascar ou à l’étranger ont exprimé leur désapprobation sur l’action et les discours de Ravalomanana, sans donner plus de détails sur qui a dit quoi exactement.

Bref, c’est peut-être ce qu’ils appellent la politique de haut niveau (avo lenta). Mais même si le président a confirmé que le cas de Ravalomanana est un cas malgache, on ne peut que craindre, qu’encore une fois, les ordres finaux soient dictés par des puissances étrangères.

Mais bon,  » qui vivra verra « , ou comme disent les Américains :  » Wait and see « .


Arrestation de Ravalomanana, et ma journée

Excusez-moi de revenir si tôt. Je n’ai plus l’habitude de publier plusieurs fois par jour mais avant de rentrer, déjà, je voudrais partager cette journée..spéciale…Ah, ce Ravalomanana!

Je me souviens de la crise en 2009 et après quand je racontais en live dans mon blog d’antan tout ce qui se passait dans la ville. Mais là, je dois vraiment partir alors, juste quelques mots mais je reviendrai avec mes analyses quand ce sera possible :

– J’arrive au bureau vers 8h et stupéfaction, il paraît que Ravalomanana est dans la ville, du côté de Faravohitra, sa maison familiale

– Plus tard, à 11h25, j’écoute ses déclarations assez explosives à la radio. Il parle de son retour comme d’une mission de sauvetage du pays. Il se dit déterminé.

– J’écoute la radio et j’entends les réactions des uns et des autres

– Je part déjeuner

– Je reviens et, surprise, on parle de son arrestation

– Des infos et désinformations plus tard, je sais qu’il a été arrêté par des commandos et transféré dans un camp de la Gendarmerie

– Le Président va faire une allocation télévisée tout à l’heure

– Mais il faut rentrer tout de suite car des barrages seraient érigés un peu partout autour du centre ville.

Ici Andriamialy, mondoblogueur d’Antananarivo pour le réseau mondoblog.

 

 

 

 

 

 


Ravalomanana à Antananarivo, pourquoi ?

Ceci est une réaction à chaud. Ravalomanana, l’ancien président malgache, était en exil en Afrique depuis 2009. Selon la radio RFI, il est arrivé cette nuit par avion privé de Johannesburg sous la protection de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe). Est-ce une surprise? Oui, mais il l’a promis aussi. Mais au-delà de ce retour physique, ce qui importe aux Malgaches est de savoir quelle place il veut tenir sur le paysage politique malgache et quelles actions il compte entreprendre.

« Ce Ravalomanana qui a été enlevé en Afrique d’après vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers l’Afrique. » J’ai formulé cette prophétie, d’une autre manière, en 2009 et l’Histoire m’a donné raison. Il n’était pas question pour l’ancien président de revenir d’une manière tonitruante, il fallait que cela se fasse en catimini, exactement comme il avait quitté Madagascar en 2009. Et que Dieu me pardonne pour cette parodie de la Bible, mais c’est vrai que beaucoup ont attendu M. Marc Ravalomanana comme un messie.

On sait que ses partisans rêvent encore de son retour au pouvoir. Du moins, certains regrettent les produits de son entreprise Tiko : le fromage, les yaourts, les glaces et commencent à rêver de les manger à nouveau. De l’autre côté, on rappelle que cet homme a été condamné par contumace pour la tuerie du 7 février 2009 même s’il a toujours nié en être le responsable.On se souvient aussi qu‘il a été menacé d’arrestation jusqu’à tout récemment.

Pour l’instant, c’est le calme dans la ville et on espère que cela demeurera ainsi. Dans les cœurs des uns et des autres, il y a peut-être de la joie, de la colère, de l’amertume, de l’espoir. Mais, jusque-là, l’effet de surprise marche très bien. Tout le monde est en attente pour la suite. On parle de consultations avec des personnalités diverses. On parle aussi d’une entrevue avec le président ce jour. Ce ne sont encore que des rumeurs.

Il a déclaré sur son balcon qu’il veut désormais « travailler » pour le pays, en blaguant un peu, il a ajouté,  même si certains le disent « fatigué ». On attend maintenant les déclarations des dirigeants actuels.Que feront ces partisans? Que feront ses adversaires? Que fera le président Hery Rajaonarimampianina? Toutes ces questions et tant d’autres restent en suspens. Comme le dit un animateur radio que j’écoute ce matin  : » Nous sommes en train de vivre l’histoire« . Et dans tous les cas, je pense que la majorité des Malgaches souhaite une vraie réconciliation nationale, la paix, et un nouveau départ et que tout le monde œuvre pour le bien du pays.

 


Ravalomanana et Rajaonarimampianina, un « je t’aime, moi non plus »?

C’est officiel, Ravalomanana et sa mouvance éponyme sont dans l’opposition. Mais je sais que le titre de cet article est incompréhensible. Alors, je vais m’efforcer de vous donner toutes les explications dans la mesure de mes possibilités.

Rajaonarimampianina c’est le président de la République actuel de Madagascar. Il a été élu au second tour de la présidentielle de fin 2012. J’ai déjà expliqué, alors, quelles étaient les circonstances qui l’ont amené à concourir au second tour puisqu’en ces temps-là, les principaux protagonistes de l’échiquier politique malgache étaient Ravalomanana, le président chassé du pouvoir en 2009 et Rajoelina, celui qui l’en a chassé et qui a dirigé la transition.

Ravalomanana, donc, a été président de Madagascar entre 2002 et 2009; sept années de pouvoir achevées par ce qu’il qualifie de putsch par Rajoelina et consorts. Depuis, il est en exil en Afrique et actuellement, il est en Afrique du Sud, d’où il continue de diriger sa « mouvance ». Il milite, il travaille pour son retour au pays et même peut-être comme certains le craignent son retour au pouvoir.  Il n’a pas soutenu Rajaonarimampianina en 2012. Au contraire, il a soutenu son adversaire qui a, donc, perdu. Mais au lendemain de la proclamation, il a tout de suite reconnu Rajaonarimampianina et a notamment déclaré qu’il lui « convenait ». Sa mouvance a d’ailleurs participé aux institutions en tant que ministres et députés mais actuellement, il exige le retrait de ses troupes.

Les journaux ont rapporté des rencontres entre les deux personnalités, mais rien d’officiel n’a jamais filtré sur les probables accords conclus. La déclaration de Rajaonarimampianina est que le cas de Ravalomanana n’était pas sa priorité. Ravalomanana de son côté évoque un ras-le-bol, ce qui sous-entend des attentes non satisfaites qui concernent probablement, entre autres, son retour au pays.

« Je t’aime, moi non plus » est une chanson composée par Serge Gainsbourg à la demande de Brigitte Bardot lors de leur « liaison ». Elle était alors mariée et sur injonction du mari trompé, le disque n’a pas été largement diffusé. C’est en 69, très justement, que la version que l’on connaît aujourd’hui a été enregistrée par S. Gainsbourg et Jane Birkin, sa nouvelle compagne d’antan. Qualifiée d’obscène, elle a été interdite de diffusion dans de nombreux pays et interdite à la vente aux moins de 21 ans. En effet, les deux interprètes ont agrémenté les paroles déjà explicites avec des soupirs et des gémissements évocateurs d’un acte sexuel. Ces paroles polémiques parlent de va-et-vient entre les reins et on conclut facilement à l’idée d’une sodomie. Certains spécialistes veulent donner des sens psychologiques ou sociologiques à cette chanson. Déjà, le titre est un non-sens puisqu’il faut dire soit « je t’aime, moi aussi » ou « je ne t’aime pas, moi non plus ». Ainsi, les sites de conseils utilisent ce titre comme un syndrome pour les couples qui ont des hauts et des bas, des bas et des hauts (même nus!). Un amour, somme toute, bizarre.

Maintenant que chaque mot ou expression de mon titre a eu son paragraphe d’explications, et loi sur la cybercriminalité oblige, je vous laisse, faire vous même, les rapprochements et les conclusions qui s’imposent. Et n’hésitez pas à en parler dans les commentaires !