Quand A'ri s'est réveillé ce matin, les yeux dans les lumières étoilés des trous de son toit, il avait l'esprit brumeux. Tout se mélangeait dans sa tête. Il se sentait perdu, sa tête tournait et il transpirait. Il lui a fallu un long moment avant que tout ne redevienne clair.
Antananarivo, Madagascar. Je me réveille. J'ai mal à la tête. Je n'ai pas bien dormi. Mais je me lève, je me prépare et je vais doucement prendre ma place dans le trafic. On suffoque, on se noie, on se meurt sous des tas de boue, de pierres, de dettes et de malheurs.
En général, l'image perçue de Charlie Hebdo est négative. Sans doute, un tel journal ne survivrait pas longtemps à Madagascar. Déjà, les autorités malgaches ne sont pas complaisantes. On a déjà eu plusieurs cas de personnes inquiétées pour des oeuvres satiriques considérés comme diffamatoires. Et faut-il le rappeler, la loi malgache interdit désormais n'importe quelle manifestation de la liberté d'expression dès qu'elle est considérée par le sujet de la critique comme une attaque personnelle.