Andriamialy

Cinq étapes de l’affranchissement du mondoblogueur

Ceci raconte les étapes que suit le (la) mondoblogueur (se) en particulier et tout autre blogueur membre d’une plateforme en général depuis ses premiers pas jusqu’à son indépendance. Cet article a été motivé par le suivi des nouveaux. Dès lors que je fais partie de la saison précédente, donc, je suis ancien, si je puis dire. Les débutants sont enthousiastes, mais parfois angoissent en s’interrogeant sur leur situation. Je lai vécu, moi aussi, deux fois (sur unblog et mondoblog), donc, je comprends. Voici, donc, les étapes jusqu’à l’affranchissement total

1- Dépendance totale

conduire un enfantPendant cette période, le (la) blogueur (se) est totalement à l’écoute de sa plateforme. Il ou elle écrit ses premiers articles et essaie les différentes possibilités techniques qui lui sont offertes. Il ou elle rêve de faire le buzz, de devenir célèbre, d’être vite reconnu (e) pour son talent. Ainsi, il peut y avoir une trop grande assurance; hélas, souvent le soufflet tombe très vite puisque le démarrage est lent, trop lent à son goût.

Ainsi, être mis en avant sur sa plateforme est très important pendant cette période. Cela marque déjà une forme de reconnaissance. Les critères pour être à la Une diffèrent selon la plateforme. Quand j’ai débuté sur unblog, il y avait une partie « les dernières publications ». Pour le reste il fallait être, soit prolifique (le plus d’articles) soit performant (le plus de commentaires). Sur Mondoblog, le choix des articles en Une est fait selon la qualité du billet, de la forme et du fond. La pertinence et d’autres critères que je ne connais peut-être pas semblent aussi compter, et ça, c’est plus gratifiant.

En termes de retombées, si on analyse, on verra que les articles passés en Une seront beaucoup plus performants que les autres. C’est-à-dire qu’au lieu de dizaines de clics, ces articles font une audience de centaines ou quelquefois des milliers de visiteurs. On comprend mieux pourquoi certains mondoblogueurs convoitent tant cette place.

 

2- Découverte des premiers fans

Thumb-upLes premiers fans que l’on remarque sont ceux qui commentent chaque article publié. Dans les outils d’analyses également, on peut savoir que la fréquentation augmente et que certains lecteurs reviennent. Parmi ces premiers fans se trouvent d’autres mondoblogueurs. C’est une tradition, presque une obligation de se lire lorsque l’on est de la même plateforme. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que les 300 anciens se ruent sur tous les nouveaux. Il faut aussi leur taper dans l’œil et souvent ceux qui se ressemblent s’assemblent.

Donc, l’impact de la Une est encore palpable ici. C’est parmi les autres mondoblogueurs et les fidèles de la plateforme qu’on recrute nos premiers lecteurs assidus.

 

3- Mise au point du style et des outils

outilsOn commence à connaître les articles qui marchent bien et ceux qui marchent moins. On commence à être suivi par plusieurs lecteurs. Ainsi, on tend à garder un style particulier qui contenterait notre lecteur type. D’autre part, on a découvert l’impact des outils qu’on a essayés : les réseaux sociaux, les annuaires de blogs, les widgets (le code en général), etc. Par contre, les blogueurs ( ses) qui en sont là prennent conscience de l’utilité d’être bon, voire irréprochable dans la forme. En effet, il ou elle comprend qu’on écrit pour ses lecteurs et surtout pour soi-même. Ainsi, l’exigence devient naturelle. Je me souviens que j’ai eu 2 fois cette réaction pour mes 2 blogs. Le premier n’ayant pas servi d’expérience pour le second. En effet, après environ une année où j’ai multiplié les publications à la chaîne, est arrivé un temps où j’ai  décidé de tout relire et de tout corriger depuis le premier article.

A ce stade, les articles font à peu près le même score, qu’il soit en Une de Mondoblog ou pas, grâce aux fidèles du blog. On trouve alors nos apparitions en Une juste comme une confirmation de notre prise de maturité.

 

4- Fidélisation et expansion

croissanceMaintenant, on a « très » confiance en soi. On a imposé son style et on n’a plus peur de l’échec. A contrario, les blogueurs (ses) qui n’ont pas atteint ce stade ont déjà abandonné soit à l’étape 3 ou 2 , faute d’avoir trouvé leur style ou bien leur style n’a jamais trouvé (assez) d’adhérents. Mieux, celui ou celle qui se sent être à ce stade commence à expérimenter de nouvelles choses, à explorer de nouvelles voies. C’est à la fois un moyen d’éviter la monotonie et une conquête de nouveaux espaces. A noter que ce n’est pas toujours le cas. Il y a des blogs qui ne bougent pas du tout, année après année, et qui font toujours aussi bien.

Apparaître à la Une n’est plus, du tout, une priorité, un but. De toute façon, en termes de visiteurs, cette Une ne drague que moins de 5 % du flux total (mon cas). Le reste est amené directement, ou par les sites de recherches qui reconnaissent bien le blog, ou par les réseaux sociaux suivis par des centaines de fans.

 

5- Indépendance et envol

envolLes blogueurs (ses) ont une certaine renommée. Ils ou elles sont reconnu (e) s. Ils ou elles gagnent des prix. On les sollicite pour leurs avis. Ils ou elles deviennent même des prescripteurs (ses) sur le web ou dans la société. Ils ou elles n’ont plus des fans, mais des adeptes qui considèrent leurs écrits, non pas comme des opinions, mais presque comme des Evangiles. Ces blogueurs (ses) sont la hantise des sites d’informations, les bêtes noires de certains gouvernements, des héros et des héroïnes.

La Une de Mondoblog? Elle aurait plutôt « intérêt » à mettre les articles de ces blogueurs(ses), si elle voulait uniquement du flux de visiteurs. D’autant plus que ces blogueurs (ses) postent de plus en plus rarement. Ils ou elles ont quitté le nid et prennent leur envol. Heureusement, la Une de Mondoblog ne cherche pas à faire du buzz. Son objectif : mettre en avant le talent et le travail.

 

Bref, ce sont les 5 étapes à passer lorsque l’on est nouveau sur une plateforme comme Mondoblog. Il y a les as qui les brûlent et aussi les autres qui n’arrivent pas à franchir les paliers. Dans tous les cas, bloguer nécessite du talent, de la persévérance et de la rigueur.


5 marques ou produits ou autres aux noms d’origine malgache

Ce n’est pas commun, alors, cela mérite un petit top 5 . Il y aura noms de marques que vous reconnaitrez ou pas. Il y a des évidences sur l’origine de certains mais d’autres vous seront des surprises. Voici le top 5 des noms de choses qui sont inspirés de mots malgaches mais que vous saviez déjà ou pas du tout.

Fastidieux comme Top 5. Les noms malgaches, de personnes, d’animaux, de plantes ou de lieux ne sont pas très inspirants pour désigner des marques. Ce n’est pas comme Lamborghini, Maranello, Paris, Quechua, Ushuaïa, Tahiti, Vahiné, Karité, Jojoba, etc. Quand bien même, un malgache trouverais un produit révolutionnaire ou un étranger voudrais associer Madagascar à une trouvaille, j’imagine mal qu’on puisse appeler le truc : « la voiture berline Antananarivo », « le parapluie Rakotozafy » ou « Indiana Jones et le secret de Tsiroanomandidy ». Mais c’est possible, quand même. Quoi qu’il en soit, il existe des marques ou des associations qui ont misés sur des noms malgaches (ou d’origine malgache).

5 – Madagascar, le film

Je ne m’attarderais pas sur ce sujet. Vous mesurez, déjà à l’évocation de ce nom que c’est la marque qui a supplanté Madagascar, le pays, dans les hashtags. Maintenant, pour faire la différence, il faut préciser, « Madagascar, le pays ». Maintenant, il y a même des « pingouins de Madagascar », c’est tout vous dire.

Le mot malgache à l’origine de cette marque est, bien entendu Madagasikara, le nom du pays. Mais la signification du mot est inconnu pour tout le monde. Il faut souligner, quand même, que Madagascar a un certain succès dans les films pour désigner un endroit exotique, très lointain, très sauvage, « le bout du monde », là où on peut se cacher de la CIA, du FBI, de la NSA. Cela fait des répliques comme : »Je vais faire un dernier coup, après je m’envole pour Madagascar » ou « Fais-toi oublier, va à Madagascar et restes-y quelques temps. »

4- Fitiavana

Fitiavana Gospel Choir est le nom d’une chorale de Gospel français que j’ai découvert, par hasard, sur Youtube.

Le mot malgache « fitiavana » signifie amour (suivez le lien).

3- Madecassol

Le Madécassol est une excellente pommade que l’on utilise en appoint du traitement des brûlures et certaines plaies (dont post-opératoires en prévention de chéloïdes) à cause de sa propriété cicatrisante. L’agent de ce médicament est l’hydrocotyle (Centella Asiatica) qui est une plante utilisée par les malgaches pour diverses onctions et tisanes. C’est, d’ailleurs, le Professeur et Prince Ratsimamanga qui met au point ce médicament tout comme le Vitascorbol. Il a fait sa thèse sur la Vitamine C, alors.

Et donc, le mot vient de Madécasse, qui est le synonyme archaïque de « malgache ». C’est à dire, que madécasse peut désigner le peuple (« Madagascar est peuplé par les madécasses ») et la langue (« le madécasse est la langue parlée par les habitants de Madagascar ») et ça, vous ne le saviez (peut-être) pas. Mais qu’est-ce que cela signifie? Comme pour le N°5, personne ne sait. Cependant, Madécasse et Madécasse-car, il y a une certaine logique. Oui? Laquelle?

2- Cilaos

C’est à la fois le nom d’une cirque (géographie), d’un département français situé à La Réunion et d’une Entreprise de Cosmétiques et d’Eau minérale.

Le mot vient du Malgache Tsilaosa (lieu où l’on est en sécurité). Mais à la Réunion, il y a plusieurs lieux dont le nom provient du Malgache (Comme Mahafaty-Be par exemple) du fait que des esclaves malgaches ont, jadis, peuplé l’île. L’archipel des Comores aussi contient beaucoup de lieux dont le nom est malgache. Aux Comores, il y a quand-même une langue parlée par 39000 personnes qui est un type de Malgache : le Shibushi (Kibushi).

Nosy_Be1- Nocibé

C’est la, désormais connue, marque de cosmétiques.

Le nom provient, sans nulle doute du nom de l’île de Nosy-Be (Nossi-Be pour les français) qui est la plus belle île d’Afrique selon tripadvisor et assurément l’une des plus belles au monde. Il se lit Nouss Bé et signifie « grande île ». C’est en effet la plus grande des îles qui bordent le Nord Ouest de Madagascar. Mais qu’est-ce qu’il est écorché, ce nom. J’imagine le processus. Prenons le nom de cet île, évocateur de bien-être, de repos, d’évasion et surtout de beauté naturelle.Puis, simplifions-le pour être facile à prononcer et à retenir. Et voilà, Nocibé, c’est exotique, c’est mystérieux, c’est génial.

 

Voilà pour mon Top 5. Il y en a surement d’autres qui ne sont pas listés ici. Et si vous cherchez un nom atypique pour votre prochaine marque ou produit ou autre chose, vous pouvez toujours utiliser un mot malgache, pas trop long.

 

>>Retour sur la liste des tops 5 de la semaine<<


Le programme de la semaine des top 5 de Lay Corbeille

Voici, donc le programme des 5 tops 5 de la semaine prochaines. A retrouver et à partager sur Lay Corbeille.

Lundi : 5 marques dont les noms sont d’origine malgache

Mardi : Les 5 étapes de l’affranchissement du mondoblogueur

Mercredi : Les 5 attaques du dragon les plus mortelles

Jeudi : 5 faux amis surprenants de la langue malgache dans le monde

Vendredi : Les 5 règles de la Révolution Moramora

A lundi sur Lay Corbeille.

 

 


5 jours de top 5 du 27 au 31 Avril 2015 sur Lay Corbeille

Bonjour chers lecteurs,
Je vous annonce que du 27 au 31 Avril 2015, je publierai sur Lay Corbeille 1 top 5 journalier sur des sujets variés.

Je m’impose cet exercice pour trouver de nouveaux sujets, évacuer tous les sujets, peut-être intéressants, en suspens dans mes « brouillons » et aussi pour, donc, me ré-exercer à écrire tous les jours; chose que je ne fais plus depuis quelques temps. Pour l’instant, les sujets ne sont pas arrêtés mais il y aura des trucs sur Madagascar, comme toujours. Si possible, je mettrai pour un ou 2 articles en version, ici ou sur lay andriamialy,  Et ce seront des top 5, c’est à dire qu’ils seront surprenants, parfois intrigants, parfois drôles…, en fin, j’espère.

Voilà, c’était une petite auto-promotion, un teaser 🙂 . Rendez-vous pour la semaine prochaine.


Madagascar, pour une révolution (du) moramora

Madagascar, ce serait le pays du moramora (doucement, lentement). De l’autre côté, c’est aussi une île instable qui connaît des changements majeurs de régime politique de plus en plus fréquemment. Et c’est là que je me demande s’il ne fallait pas ralentir ces changements et plutôt adopter une révolution lente qui s’adapterait à la devise du moramora.

Un cycle qui se raccourcit

Le rythme des changements de régime s’accélère à Madagascar. Si l’on prend comme point de départ l’avènement du Royaume de Madagascar vers 1817, on se rend compte que cette période a duré 80 années. Ensuite, la colonisation, sous ses formes bien explicites a duré jusqu’en 1960, c’est à dire autour de 63 années. La Première République, taxée de néocolonialisme a expiré en 1975, c’est à dire après 15 ans. La période révolutionnaire socialiste avec l’Amiral Didier Ratsiraka, deuxième république aussi a duré 15 ans jusqu’en 1990. Si on considère les errements de Zafy Albert et les tergiversations écologiste et humaniste de Ratsiraka lors de son retour comme une période de traversée du désert, elle a duré 12 ans jusqu’à l’arrivé de Ravalomanana en 2002. Ravalomanana, a apporté un libéralisme assez violent qui a réussi aux chiffres de l’économie mais qui a causé sa perte au bout de seulement 7 ans de règne. En 2009, Rajoelina profite de la frustration des plus pauvres pour mettre en marche sa révolution orange qui durera 5 ans. Mis en échec et mat par de la haute politique manara-penitra (aux normes), il doit mettre ses ambitions de devenir président élu entre parenthèses pour le moment. Ainsi, le premier président de la 4ème république est Rajaonarimampianina qui gouverne depuis moins de 2 ans, un pays considéré comme à hauts risques.

C’est quoi une révolution lente?(lien vers un document PDF)

Pour simplifier, la révolution lente s’oppose à la révolution politique qui, si elle réussit, apporte un changement rapide de la situation politique mais les répercussions sur la vie sociale ne sont pas aussi évidentes. Au contraire, la révolution lente opère dans le volet social. Ces changements se mettent en place sur un temps plus long, d’où l’appellation « lente ». Néanmoins, les améliorations doivent se faire sur tous les fronts, nécessitent de gros efforts, de l’abnégation et de la persévérance. La lenteur n’est « acceptée » que suite à la constatation qu’il est impossible d’opérer de grands changements sociaux sur tous les fronts dans un temps court comme on changerait de président ou de gouvernement. Ce qui n’est pas vraiment conforme à la philosophie du moramora selon la considération générale actuelle..

Le moramora

Le moramora serait, donc, la philosophie qui régit le rythme de vie des malgaches. Mais jusqu’à maintenant, je pense que ce sont les étrangers qui ont affublé Madagascar de ce « surnom » en détournant la vraie signification du terme. Oui, on n’a pas de TGV mais de vieux diésels qui serpentent des voies métriques à flanc de montagne et qui risquent de se casser la gueule à chaque virage, alors, on les ralentit, mais ce n’est pas ça le moramora. Nos bus sont limités à 40 km/h quand il n’y a pas d’embouteillages, alors il faut compter 1 heure pour le trajet maison-boulot. Ce n’est pas, non plus, le moramora. Et le travail qu’on fait, souvent à la main, n’est pas si facile. Peut-être que si le seul atelier de vulcanisation disponible à 20 km à la ronde était mieux équipé, il réparerait des roues en 5 minutes. Mais si on n’a que les mains et des outils bricolés pour mettre la crique, enlever le pneu, déchausser la jante, boucher le trou, remettre le pneu sur la jante et sur la voiture, il faudra un peu de patience au client. Ce n’est pas lorsque les moyens manquent qu’on doit se moquer et dire que c’est moramora.

D’autre part, les sots et les paresseux existent à Madagascar, comme partout. Eh! Franchement, si tu vois un mexicain dormir dans toutes les épisodes de Lucky Luke, ça ne veut pas dire que les mexicains du monde entier ne font que dormir tout le temps. Si tu entends dans les blagues françaises que les corses et les fonctionnaires ne font rien de la journée, ce n’est pas, non plus la vérité pour tout le monde, dans la réalité. Mais, bien sûr, si tu vas dans une mairie en Corse et que tu tombes sur un fonctionnaire paresseux, tu vas croire que c’est une blague. Bah, c’est pareil à Madagascar. Il y a des paresseux. Une fois que tu as rencontré 2 ou 3 d’entre eux, tu seras enclin à croire que tous les délais qu’on va t’imposer dans le futur ne sont pas le fruit d’un manque de moyens, de main d’œuvre, d’expertise, ou de chance mais tout simplement, c’est parce que c’est le pays du moramora.

Le moramora, le vrai,  n’est pas la lenteur dans l’action mais plutôt la réflexion avant d’agir et la sagesse. Par exemple, le proverbe malgache « Ny mihazakazaka tratry ny miadana… » (Celui qui court se fait rattraper par celui qui va doucement…) peut faire référence à la fable du Lièvre et de la Tortue puisque certaines version ajoutent ces deux animaux dans la phrase (…comme un lapin rattrapé par une tortue). Ainsi, ce serait juste le pendant malgache du ‘Rien ne sert de courir ». Mais si les français disent tout le temps : »Doucement, rien ne sert de courir », aucun malgache n’a jamais dit que la France est le pays du « doucement! doucement! » (quoique le « slow » gagnerait aussi la France ces derniers temps, selon RFI).  Le moramora c’est par exemple « avadibadiho impito ny lela… » (Tournes ta langue 7 fois dans ta bouche…) pour ne pas dire des conneries et « izay tonga soa ihany no arahabaina » (seuls ceux qui atteignent la destination reçoivent le bienvenu) pour lutter contre l’excès de vitesse.

C’est quoi, donc, cette Révolution Moramora?

Pour moi, ce serait une révolution lente, appliquée à Madagascar. Et bien entendu, je n’ai pas encore toutes les stratégies, ni les tactiques pour la mettre en place. L’avantage qu’il y aurait à la démarrer c’est qu’on n’est pas obligé de botter le derrière aux incompétents gouvernants. Au contraire, on pourrait les aider, travailler avec eux, leur soumettre des idées. Le but final est d’améliorer la situation sociale des malgaches et il ne sert à rien de se précipiter. Le travail se fera en additionnant des petites actions initiées un peu partout et par tout le monde. Je vais donner un exemple pour illustrer cela.

Antananarivo est aujourd’hui l’une des villes les plus sales et polluées de la planète. On peut changer de maire tout le temps, on peut engager des agents de voirie, on peut dilapider des millions pour des campagnes de sensibilisation mais je parierais que rien ne changera. Avec une révolution moramora, seul l’ordre de devenir propre est donné et à chacun dans son coin de trouver son moyen pour le faire. Il y aura un quartier qui décidera lors de sa réunion mensuelle de s’assainir tout seul à la force des bras de ses habitants. Pendant ce temps ou un peu après, une école va décider de faire un pacte avec ses élèves pour que ces derniers soient des modèles de propretés à l’intérieur de l’établissement et en dehors. Quelque part, de manière totalement égoïste, une maison va faire peau neuve. Au bout d’un certain temps, (c’est quand même une révolution lente) on verra que certaines actions ont été fructueuses, d’autres ont échoué, de meilleures idées émergent et de nouvelles initiatives vont fleurir. Il y aura peut-être des associations, des  entraides qui vont se mettre en place. Si au final, au bout de quelques mois ou quelques années la propreté s’impose, ce sera vraiment, une révolution.

Comme toute révolution, une révolution moramora aura besoin de beaucoup d’adeptes pour réussir. Peut-être pas forcément la majorité mais il faudra une force conséquente pour parvenir à rallier le maximum à la cause. Ce serait, vraiment, la limite inconnue de ma théorie. Comment trouver le maximum de révolutionnaires? Et pourtant, j’ose espérer que, comme dans une révolution normale, ce seront les situations insupportables qu’ils vivent qui vont pousser les malgaches à changer, même de manière moramora.

Qu’on ne me reproche pas de vouloir faire un coup d’état. C’est trop violent et dans le cas de Madagascar, ça n’a jamais rien donné de bon.

 


6 plats malgaches typiques avec des noms en français

Je reviens sur la gastronomie malgache. Une gastronomie quasi-millénaire, donc les plats malgaches sont riches et variés.

Mais en terme de spécificités et même de bizarreries, elle ne peut pas rivaliser avec les autres civilisations qui ont des milliers d’années de plus que Madagascar. Aujourd’hui, je vais vous citer 6 aliments, inventions plus ou moins récentes pour le malgache, puisque leurs noms sont en français. A l’occasion, je donnerai d’autres noms de plats que je connais.

6- Le « sur plat »

Je dois avouer que le « sur plat » n’a pas vraiment sa place dans ce classement. Ce n’est pas un plat typiquement malgache mais bon, je ne voulais pas faire un top 4. Alors, quitte à faire un top 5 pourquoi ne pas ajouter un sixième. Si vous ne l’avez pas deviné, c’est juste une contraction du nom d’origine qui est « œuf sur le plat » ou œuf au plat. Le « sur plat », ici comme dans le monde entier est cuit sur un côté, sur les deux côtés ou le jaune qui dégouline, salé, poivré, avec de fines herbes, etc. Mais, généralement, ce nom marche même si le cuisinier a fait plonger l’œuf dans de l’huile bouillante, ce qui s’apparente plutôt à l’œuf frit. Et donc, avec un œuf, nous faisons aussi des omelettes, des œufs durs, rarement des œufs pochés, brouillés ou à la coque. Je me souviens, un chinois sur place a appris à mes parents à faire des œufs durs salés lors d’un voyage dans l’Est de l’île. Ce qu’on mange le plus c’est l’œuf de poule mais aussi l’œuf de cane, de caille et de perdrix. Bref, les œufs sont des aliments essentiels dans la cuisine malgache. C’est sûrement dans ce pays, terre des anciens oiseaux éléphants, qu’on faisait les plus grands œufs à la coque de tous les temps.

5- Le Bonbon Anglais

Le Bonbon Anglais est une boisson gazeuse qui par métonymie est devenue synonyme de limonade à Madagascar. Les malgaches adorent.

Pour les étrangers, on aime ou on n’aime pas, chacun décide. Certains le trouvent trop sucré ou sans goût. Je pense que c’est selon ses habitudes dans ses pays respectifs. Moi-même, qui ai visité beaucoup de pays, je n’ai pas aimé toutes les limonades que j’ai gouté. Même à recette égale, on sait bien que les Coca-cola de tous les pays, par exemple, diffèrent un petit peu dans le goût; ce que Coca-Cola Company attribue à la subjectivité du goût puisque paraît-il, la recette est la même partout. A mon avis, c’est à cause de l’eau utilisée et qui est à la base de toute boisson. On a déjà fait un comparaison, un jour, entre deux bouteilles d’une même marque d’eau de source produite en France et à Madagascar. Moi, je trouvais que l’eau malgache était plus douce alors que l’étranger qui me parlait l’a trouvé plus fade.

La raison de la présence du Bonbon Anglais dans cette liste est son nom atypique. Pourquoi l’entreprise qui la produit l’a appelé ainsi? Une limonade, par essence, c’est du jus de citron. Il faudrait, peut-être gouter à tous les bonbons acidulés fabriqués en Angleterre pour savoir lequel a inspiré ce nom.

4- Le Pain l’achards (mofo lasary)

Une fois que l’on comprend le mot « achards », il est facile de deviner que c’est un sandwich fait à partir d’un pain et des achards, souvent de carottes. Mais l’appellation « pain l’achards » est absurde puisqu’on a déjà les mots bien malgaches mofo=pain et lasary=achards. Mais bon !

Souvent, les gens ajoutent dans leurs sandwichs des nems, des sambos ou des steaks. Par contre, il est devenu indispensable de mettre des achards dans tout sandwich malgache. Il supplée ou remplace les salades. D’ailleurs, on a du mal à distinguer les achards et les salades à Madagascar.

Il y a eu un temps, quand j’étais jeune, un peu avant d’avoir un début d’ulcère, je mangeais exclusivement du « pain l’achards » à midi, entre 2 cours. Les achards, avec sa vinaigrette mollissait le bâtard, creux à la croûte tranchante. Mais bon, j’ai quand même évité de peu l’hôpital et j’ai perdu une dent. Donc, conseil aux étudiants et travailleurs pressés, un sandwich peut remplacer le déjeuner de temps en temps mais pas tous les jours.

3- Le composé (kompoze)

On peut faire le rapprochement avec la salade composée . Dans les gargotes d’Antananarivo, le composé s’est pourtant éloigné un tantinet de ce plat. Si tu commandes une kompoze, tu auras droit à une assiette avec de petits tas de ce que le gargotier a dans sa vitrine : un peu macédoine, un peu de misao (Mine Sao), un peu de spaghetti, divers achards et salades, composés mais qui ne se touchent pas, cela fait de belles compositions. Libre à toi d’ajouter des bouts de pains, un Sur Plat, des nems, sambos, catless, boulettes, etc. Tiens ça me rappelle Composé, le surnom d’un ancien camarade de classe. Il a eu ce surnom parce que lorsque le prof de français a demandé les plats favoris de chacun La plupart a répondu avec les classiques ravitoto au coco, ravitoto au porc, langues aux petits pois, viande et haricots ou autres succulents plats malgaches. Certains auraient énoncé des noms de plats gastronomiques compliqués et c’est pour ça qu’il a répondu, par malice, qu’il préfère plus que tout le Composé. Hommage ! J’ai déjà un problème pour me souvenir des prénoms de tout le monde, alors, lorsque le surnom est si beau, ce n’est plus de ma faute.

C’est quoi le ravitoto? Vidéo de NiRina

On se perd. Pour le coup, je vous ai fait un plan avec Paint (logiciel de dessin), d’un composé probable (avis très personnel ) pour votre prochaine visite dans une gargote gasy.

kompoze

2- le Caca-Pigeon

Sachet de caca-pigeon à 200 Ariary
Sachet de caca-pigeon à 200 Ariary

Ici, même si le nom sonne bien français, il est peu probable qu’il fasse référence aux excréments de volatile. Le caca-pigeon est un snack fabriqué avec de la farine frite aux allures de vermicelles frites avec des variantes. C’est un plat que les indiens, surement à travers l’île Maurice, nous ont appris à faire, comme les achards, justement. Mais depuis, il s’est malgachisé. Je pense, donc, à une francisation du nom à partir d’un nom malgache qui lui serait issu du créole ou de l’indien. Ainsi, le nom, ce n’est pas une raison de faire un plat  pour coprophages. D’ailleurs, si on cherche, on trouve nombre de choses qui se mangent dons les noms sont des abominations ailleurs. Rien qu’entre le Sud de Madagascar et le reste il y a le « tabia » qui désigne les gonades mâles de l’être humain. Donc, dire qu’on mange du voatabia (tomate) à Tana n’a pas le même effet à Taolagnaro puisque là-bas, cela se comprend (noix de tabia).

Le caca-pigeon, cousin éloigné du bretzel, est omniprésent à Madagascar, dans la rue, dans les salons, dans les buffets et cocktails. J’ai trouvé des équivalences à Maurice, en Afrique avec les soufflets de mais frits ou en Europe avec les amuse-gueules en farines diverses. Mais, le caca-pigeon malgache reste quand même unique.

 

macaron gasy
Sachet de Macaron

1- Le macaron

Conséquence du caca-pigeon, ce que les malgaches appellent « macaron », ce n’est pas la petite friandise que vous avez en tête. C’est plutôt un aliment sucré fait de sortes de caca-pigeons agglomérés par du caramel auquel on ajoute depuis quelques temps des graines de sésames, un délice. Mais, revers de la médaille, qu’est-ce que ça bousille les dents!

On nous a envoyé récemment un truc qui y ressemble de Thailande mais à la place du caca-pigeon, c’était du riz soufflé. Le nom du truc était en Thaï, donc, je ne sais pas comment ça s’appelait. Tiens, c’est vrai que beaucoup de monde aime la cuisine thaï (en malgache thaï se prononce comme tay=caca, du caca pigeon thaï, ha ha, la boucle est bouclée).

Donc, sur un même étal, je dirais spécialisé, vont se côtoyer les sachets de caca-pigeon, macaron, cacahuètes, riz soufflés, divers chips de pomme de terre, de patate douce, de banane plantain, etc. et des pâtes de fruits (banane, tamarin, etc.)

 

Voilà, donc, 6 aliments malgaches que vous ne trouverez pas, pour la plupart, ailleurs même si le nom est bien français. Ce qui ne résume pas un centième du répertoire gastronomique malgache. Je vous invite à voir, découvrir et gouter aux plats malgaches. Si vous êtes hors du pays, il y a des sites, des blogs , des livres de cuisines ou des amis malgaches qui existent.