Andriamialy

Madagascar, l’Assemblée vote la déchéance du Président?

Les députés malgaches auraient voté la déchéance du Président Rajaonarimampianina le 26 mai, tard dans la nuit. Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel? Moi, je n’ai rien compris. Peut-être que vous, vous avez plus de compréhension de la situation. Lisez plutôt!

Les députés

121 députés contre 4 auraient voté la destitution du Président malgache dans un vote qualifié de cacophonique, leur nombre étant de 151 élus, 121 constitue une grande majorité. Seulement, des voix contraires s’élèvent, dont celle du Président de la République lui-même dénonçant que seulement 80 députés étaient présents hier soir. Ce qui rendrait impossibles ces résultats.

Pour ma part, je ne sais pas ce qui s’est réellement passé. Si on me demande, je répondrai comme le porte-parole de la FIFA dans sa conférence de presse de ce matin : « A cette heure, j’ai dormi ».

Le Président de la République

Le Président Rajaonarimampianina a fait une élocution ce jour, vers 13 h. Il a souligné l’importance de la stabilité, de l’apaisement dans le contexte actuel du pays tout en brandissant la menace de l’article 60 de la Constitution : la dissolution de l’Assemblée.

La Haute Cour constitutionnelle (HCC)

C’est cette cour qui doit recevoir la requête de déchéance de la part des députés pour l’examiner. En ce moment où j’écris, leur cour est gardée par les éléments de la force mixte de maintien de l’ordre, l’EMMOREG et aucun député n’est en vue pour amener ladite lettre.

Si cela devait se faire, on sait qu’il y a 9 juges dont 3 ont été désignés par le Président lui-même.

Les médias français

Quand je me suis levé, ce matin, des médias français : RFI, France 24, le Monde, entre autres, ont déjà largement diffusé et commenté la destitution du Président malgache. Cet empressement, ainsi que le ton, quelque peu définitif de leurs titres, est, comme souvent, assez intriguant. Ils ont donné presque 8 heures de retard aux journaux et sites malgaches tandis qu’aucun média anglophone ne semple s’intéresser à cette histoire.

Googlisation de "Madagascar députés" à 8h du matin.
Googlisation de « Madagascar députés » à 8h du matin.

L’Ambassade américaine

L’ambassade a envoyé un communiqué de soutien au gouvernement en place un peu avant le vote de l’Assemblée :« Les Etats-Unis soutiennent les efforts entrepris par le Président Rajaonarimampianina et le gouvernement malagasy afin d’émerger de la crise de 2009 et permettre à Madagascar d’atteindre tout son potentiel… La clé pour l’avenir de Madagascar – pour développer l’économie, pour attirer les investissements, et pour créer des emplois – est la stabilité. Ceci requiert des efforts de tous les leaders du pays, travaillant ensemble vers l’objectif commun de continuer le chemin positif sur lequel s’engage Madagascar… Nous exhortons toutes les parties prenantes en position de leadership – dont les membres de l’Assemblée nationale, en tant que représentants des populations de leurs circonscriptions respectives – à placer en tant que leur première priorité le bien-être du peuple, et à garantir la stabilité nécessaire à l’avenir du pays »

Les Malgaches et les rumeurs

Les Malgaches commentent, analysent et réagissent sur ces évènements et informations.On fait des pronostics sur ce que va faire le Président, les députés, la HCC. Sur les réseaux sociaux, certains osent parler de corruption, de malversations. D’autres imaginent des théories du complot, des mains derrière la scène qui tirent sur les fils. Ceux qui ne se manifestent pas sont évoqués; Rajoelina et Ravalomanana en font partie, bien entendu tout comme les puissances étrangères. On  oppose les uns contre les autres. Ce ne sont que des rumeurs, mais qui sait?

Voilà ce qui se passe, c’est un bordel! Je ne sais pas ce que vous en pensez. Moi, j’attends pour voir.

 


Fan d’Arnaud Tsamère à Madagascar

Je suis devenu fan d’Arnaud Tsamère grâce à « On ne demande qu’à en rire » de France 2 sur Canal Sat Madagascar.

J’adore ce que fait cet artiste parce que quelque part, je me retrouve un peu chez lui. Il fait de l’absurde et de la répétition et c’est le genre d’humour que je préfère. C’est pour cela que j’aime aussi Ben l’humoriste. Je suis fan de tous les « Y a-t-il un flic…« , Spaceballs, Hero Corp, justement, et même des moins réussies parodies comme les « Scary movies ». Cet humour ne m’a pas contaminé, c’est déjà en moi depuis toujours. En effet, j’étais le mec de la classe qui faisait des jeux de mots pourris sur tout ce que le prof disait. Je le fais toujours. Par exemple, je dirais au président de la France : « Sois franc, Hollande! ». Et là, ma femme me dira : « c’est ridicule ».

L’autre particularité de l’humour de Tsamère c’est que lors de ses sketchs, il parle d’une chose, puis une autre, puis revient sur le premier sujet avec insistance. Quand il le fait, c’est drôle. Moi, je le fais depuis toujours dans la vraie vie et c’est juste déroutant. Mais j’aime quand je trouve quelqu’un qui arrive à me comprendre lorsqu’au milieu de nulle part, je m’exclame : »en fait c’était bleu », quand bleu est la réponse à une question qui s’est posé beaucoup plus tôt dans la conversation, ou dans la journée, ou dans la semaine…C’est cette fâcheuse habitude qui m’a, d’ailleurs, inspiré la forme de mon précédent article.

Arnaud Tsamère, donc, est un comédien et humoriste français qui s’est fait connaître grâce à l’émission de France 2 « On ne demande qu’à en rire » (ONDAR) produit par Laurent Ruquier et Catherine Barma. Mais si ce passage à la télévision l’a propulsé parmi les stars de l’humour francophone et les stars tout court, il faut noter qu’il a été professionnel bien avant.

Attention, quand je dit : « s’est fait connaître dans le monde francophone », je parle du monde francophone en enlevant certains pays comme Madagascar. Parce que dans l’Île Rouge, on n’est pas nombreux à savoir son nom. Il est, en fait, particulièrement difficile de découvrir des talents comme Arnaud Tsamère si on vit à Madagascar.

Arnaud de Tsamère, est devenu professionnel de l’humour après ses études, pour lesquels il a obtenu une maîtrise en droit (eh oui) et une période dans le théâtre amateur. Il est aussi membre de la ligue d’improvisation dans laquelle il livre des batailles d’impro.

Sauf si comme certains malgaches, et pas tous, on a un abonnement au satellite, alors, on peut regarder France 2 et on peut regarder ONDAR.

Mais le talent d’Arnaud Tsamère ne se limite pas à son humour décalé. Il a aussi une très grande mémoire qui lui permet de faire ce sketch épique d’un de ses spectacles ou il joue 27 personnages d’une pièce de théâtre Vaudeville. C’est un exercice qu’il aime faire de jouer plusieurs personnages à la fois comme dans son sketch à 99 points sur 100 dans ONDAR : « l’avocat de la frite et de la salade« .

Mais avoir un abonnement ne suffit pas, en fait, pour voir Arnaud Tsamère à la télé. Il faut avoir le bon fournisseur et le « bouquet » qu’il faut. Parce que des antennes paraboliques, à Tana, on peut en acheter à tous les coins de rue (façon de parler). Mais c’est avec des abonnements qu’on a accès aux chaines du câble et aux chaines nationales comme France 2. Et selon le prix qu’on est prêt à payer, on a plus ou moins de chaînes à dispositions.

En revenant à Arnaud Tsamère, son autre atout est une forme physique exceptionnelle qui lui permet, à part de jouer 27 personnages à la fois dans un rythme effréné, d’exécuter des gestes épuisants comme dans « la fourrière embarque ma voiture avec ma femme dedans » où il court sur place pendant tout le sketch.

Mais le problème des bouquets, à mon avis, c’est qu’il y a beaucoup trop de chaînes et on est vite noyé sous les programmes proposés et, souvent, on rate les meilleurs. A la maison, par exemple, il faut se batailler avec certaines qui veulent leurs séries et les enfants qui pleurent pour des dessins animés. Compte tenu qu’Arnaud Tsamère ne passe pas, non plus, tous les jours dans ONDAR, il y a vraiment très peu de chance pour que beaucoup d’autres habitants de Mada le connaissent comme moi.

Et pourtant, il faut se demander si cela en vaut la peine, d’acheter des chaines satellites quand on vit à Antananarivo. Hier, j’ai fait le compte. On a droit, gratuitement, à TVM (la télé nationale), MaTV, Dreamin’, Kolo TV, TNTV, RTA, TV Plus, Record, VIVA, La télé de la Commune, UTV et MBS. Comptez, cela fait 12 chaines. Si elles n’émettent, disons, que 10 heures en moyenne par jour, cela fait bien 120 heures d’émissions. Vous n’en aurez pas assez d’une vie pour tout regarder, comme le dit un fameux slogan.

Ah oui, c’est vrai. On a 12 chaines à Tana mais ce sont 12 chaines « génériques ». C’est à dire 12 chaines qui vont faire à peu près la même chose. Quand c’est les dessins animés, c’est dessins animés partout. Quand c’est journal télévisé, c’est journal télévisé partout et quand c’est film, etc. Et il y a une chance sur 1000 pour voir un sketch d’Arnaud Tsamère, même si c’est pas partout.

Mais je suis idiot, ONDAR a été arrêté depuis longtemps par France 2. Si vous voulez le découvrir quand même, ce Arnaud Tsamère, chers malgaches, il est dans plusieurs chaînes d’humour sur internet, et jusqu’à aujourd’hui, c’est gratuit.


Madagascar : un, deux, trois, soleil

Ce jeu s’appelle 1, 2,3  soleil. Un joueur se place contre un mur, c’est le meneur de jeu. Les autres joueurs se placent à environ 20 m derrière lui. Lorsque le meneur est face au mur, il dit « un, deux, trois… », les autres peuvent avancer.

Cette histoire commence en 1980, je n’ai pas vécu ce qui était avant. Je me souviens que j’étais encore très jeune lorsque les produits Tiko ont commencé à apparaître sur le marché malgache avec le célèbre slogan « vita Malagasy » (Fabriqué malgache). Moi, j’étais, je pense, un enfant précoce. Je m’en rends compte aujourd’hui quand je me souviens que j’ai regardé la chute du Mur de Berlin à la télé à l’âge de 9 ans et que j’avais compris tout l’enjeu de cet évènement. En ce temps-là, je regardais la fin du communisme dans le monde. Nous, à Madagascar, on allait en pâtir, durement. Sous la période Ratsiraka, on a vécu la pénurie, les crises comme l’épisode Kung Fu et d’autres mystères typiques d’un régime quasi dictatorial. Mais, ce n’était pas la dictature. Pas du tout. Les intéressés le diront.

J’étais, je l’avoue, déçue que la « Révolution socialiste » n’ait pas marché à Madagascar. Moi, qui étais bercé par les slogans de l’Arema (Parti révolutionnaire socialiste malgache), qui lisais de jolis livres illustrés de la Corée du Nord et qui étais gavé de films russes et allemands de la TVM (qui diffusait à partir de 19 h). Mes maîtresses en primaire étaient visiblement Arema et la veille de la fête nationale, avec nos lampions on chantait « may may may, ‘zay tsy faly manao aminay, Ratsiraka ihany ny anay » (ça brûle x 3, celui qui n’est pas content aura affaire à nous. Nous c’est toujours Ratsiraka!)

Et lorsque le meneur du jeu dit « soleil », il se retourne et tous les autres doivent s’immobiliser sinon celui ou celle qui bouge encore doit revenir au point de départ.

J’étais fier de la position que tenait la Grande île sur la scène internationale. J’étais fier du Tolom-piavotana (le 747 d’Air Madagascar, devenu Ankoay sous la 3e République), des MIG-21 et tout l’attirail militaire, réel ou imaginaire qu’on avait et des produits malgaches : Karenjy, Hitsikitsika, savons Madio, produits laitiers Tiko, le fameux lait de soja Salsa, les boissons Star, les biscuits JB et Socobis, les tissus Cotona et Sotema, les cahiers Papmad, etc. Je me souviens avoir visité toutes ces usines avec l’école ou les colonies de vacances. Il y avait, à Toamasina, en 1988, cette usine qui fabriquait des casseroles et des marmites en aluminium, je ne sais pas si elle existe toujours. Madagascar était alors un pays non aligné. À vrai dire, il faisait un grand écart, mais avait trop de poids sur son pied à l’Est.

La crise des années 1980, je l’ai vécue avec mes yeux d’enfant. L’image la plus forte reste ce moment où je mangeais du vary amin’anana (soupe de riz aux brèdes) à la cantine à midi. Une journée sans le vary maina (cuisson normale du riz), c’est une mauvaise journée pour un Malgache. Sinon, on habitait dans ce qui était encore une banlieue lointaine, la campagne avec des épisodes dans la périphérie de Tana. Et perdu dans mes jeux d’enfant, je n’avais pas encore une vision d’adulte pour voir la misère et la décadence de la ville. Il faut dire que nous étions « privilégiés » du fait qu’on pouvait voyager en France régulièrement pour s’approvisionner en produits « importés ». C’était grâce au pied gauche toujours en France. Les Malgaches y allaient sans avoir besoin de visa pour 500 000 francs malagasy, et on avait le GP (billet valant 10 %, faites le calcul).

Et donc, le meneur du jeu a intérêt à ruser pour surprendre les joueurs et les renvoyer au point de départ.

A un moment donné, Tiko a connu un essor considérable et est devenu un fleuron, sinon le fer de lance, de l’industrie malgache. Son PDG et fondateur est devenu maire d’Antananarivo et puis président de la République. Ceci ne devant pas du tout expliquer cela, on a vu la naissance, dans les années 2000, du groupe Tiko. Ce groupe œuvrait toujours dans les yaourts mais aussi tous les autres produits laitiers, le riz, l’huile, les boissons hygiéniques, le transport, l’audiovisuel, le pétrole… bah, presque partout quoi!

Les amoureux de l’an 2000 ont tous dans leurs souvenirs les glaces Iko qu’on partageait lors des « mampiaraka » (flirt).

Par exemple, il peut varier la rapidité des 1, 2, 3 pour tantôt se retourner vite, tantôt se retourner après un temps de pause indécis. Comme cela, il piège ceux qui démarrent trop vite ou ceux qui ne savent pas s’arrêter.

Je peux dire que les produits Tiko me rendaient toujours aussi fier de Madagascar, comme tous les autres. Mais comme j’ai toujours de l’empathie pour les challengers et les outsiders, la mainmise de Tiko sur l’économie locale m’a de moins en moins été sympathique. A côté, il y avait quoi pour l’affronter? Rien, quasiment. Même la Star devenue Coca-Cola company et Air Mad étaient en danger. Tiko pouvait se permettre d’avoir une flotte aérienne pour ravitailler tous les coins de l’île en quelques heures.

Dans la mentalité des Malgaches, il y a de mauvaises choses à changer. Le premier est ce qu’on appelle le « Ory hava-manana » (jalousie envers celui qui a réussi) et le second est le « mifampitsipaka toy ny valala an-karona » (se donner des coups de pied comme des sauterelles sans un panier). Certains Malgaches n’aiment pas voir les autres réussir et leur réaction lorsqu’ils voient une dénivellation entre les niveaux de vie, ce n’est pas d’essayer de hisser les faibles vers le haut, mais plutôt de tirer sur les jambes des plus haut placés pour les ramener plus bas.

Et ceci est exacerbé par le mauvais comportement de ceux qui ont su tirer leur épingle du jeu. Même si, souvent, ceux qui réussissent à Madagascar sont issus de la masse, ont déjà vécu la misère ou les difficultés, ils oublient la plupart du temps leur situation antérieure et se comportent en seigneurs. Ce n’est pas toujours le cas, mais lorsque ton ancien ami t’ignore depuis qu’il est député ou DG ou chef de service, tu as bien le droit de le traiter de parvenu, d’arriviste ou d’autre chose.

La critique que j’ai sur ce jeu est sa trop grande subjectivité. Le meneur cumule un trop grand pouvoir puisque c’est lui qui donne le rythme, c’est lui qui anime et c’est lui qui juge.

Jamais je ne dirais que la destruction du groupe Tiko pendant la crise de 2009 est une réaction normale, un retour de manivelle, la roue qui tourne. C’était une faute partagée et tous ont, j’espère, compris leur faute et les conséquences de la crise, déjà 7 ans passés.

Aujourd’hui, Tiko va reprendre ses activités. On entend déjà MBS la radio du groupe réémettre. Les nostalgiques rêvent de remanger les fameuses glaces et produits laitiers. Les agriculteurs en manque de débouchés et de subventions se frottent déjà les mains. Les chômeurs voient déjà les opportunités que cela représente. Et bien entendu, il y a des mécontents, c’est pour cela que je fais le pari que d’ici peu on va avoir des titres de journaux comme « 5 membres d’une famille empoisonnés par du beurre Tiko » ou « Du papier toilette flottait dans la bouteille de soda ». C’est déjà arrivé, si vous vous en souvenez, le papier d’un bonbon dans la bouteille de soda, et le démenti de l’entreprise.

Voilà, je vous ai raconté une tranche de ma vie et un peu de l’histoire du groupe Tiko aussi. C’est à peu près la même chose que pour beaucoup de Malgaches et certaines entreprises malgaches. On avance, on espère, on est déçu, mais on continue quand même.

Quelquefois je me dis que les Malgaches jouent avec l’Histoire du pays comme à un, deux, trois soleil. Je sais que le peuple perd toujours, comme beaucoup d’entreprises locales. La vraie question serait de savoir qui est le meneur de jeu ?


Les 5 règles de la révolution Moramora

Aujourd’hui, je vais donner les 5 règles qui doivent régir la révolution dite Moramora que j’ai esquissée il y a quelques jours.

Appelez cela comme vous voulez : top 5, manifeste ou utopie. Mais avant cela, je vais exposer quelques arguments pour la mise en place de ce bouleversement.

 

Il faut juste se rendre compte que Madagascar a tout raté depuis ces deux derniers siècles. Mais ce n’est pas le moment de s’apitoyer sur notre sort. Ce n’est pas le moment de réécrire l’histoire. Effectivement, lorsqu’on sera assez fier de nous, on pourra mettre en avant nos succès passés. On dira qu’on a vaincu la France dans notre première guerre contre une nation étrangère. On dira que les Malgaches n’ont jamais baissé les armes depuis le début de la colonisation (V.V.S.) jusqu’à la victoire du M.D.R.M.. On verra de bons côtés à toute l’histoire récente du pays. Mais aujourd’hui, c’est la « honte » qui remplit certains Malgaches. J’ai ajouté « certains » parce que des fiers, il en existe. Ils ont de la gueule aussi et ne permettent pas que l’on montre nos faiblesses aux autres. Mais fier de quoi?  Ce pays est assurément le plus pauvre du monde.

Dans un concours sur Facebook, on nous demande d’imaginer Madagascar dans 15 ans. Moi, je l’ai déjà fait. Pourtant, ce qui est le plus poignant c’est d’imaginer ce que serait Madagascar en 2015, si on a bien fait les choses. Et c’est facile à faire lorsqu’on se compare à d’autres pays comme l’île Maurice ou d’autres qui ont vécu des problèmes bien pires comme le Rwanda.

Aujourd’hui, si on n’avait pas fait toutes ces erreurs, on aurait pu faire le voyage Tana-Toamasina en 2 heures grâce à l’autoroute (au lieu de 6 à 8 heures). On aurait fait le trajet de la maison vers la station de taxi-brousse en tram ou en bus climatisé. Nous aurions des vacances, au moins une fois par an. Parce qu’on travaillerait, tous ou presque, dans des entreprises malgaches ou étrangères, dans le secteur primaire, secondaire ou tertiaire. Oui, je pense à des plantations, des mines, des usines, des médias internationaux, des banques internationales, des ports, des aéroports. Avec nos salaires, on habiterait dans des villas, des appartements, des H.L.M., mais pas des bidonvilles. Les maisons auraient l’eau courante et des latrines à moins de 20 m. Et on enverrait nos enfants dans des écoles aux normes strictes, mais cool à leurs yeux. Ils iraient là-bas le cœur en joie et en toute sécurité.

Et… que j’arrête de rêver. Ce n’est pas le rêve qui est mal, c’est de ne rien faire pour le réaliser. C’est pour cela que j’ai proposé une révolution qui serait adaptée aux Malgaches : la révolution Moramora. Mon top 5 d’aujourd’hui en sera les bases :

1- La situation sociale de tous les Malgaches doit être améliorée, constamment.

2- Les Malgaches sont responsables de l’amélioration de leur situation sociale. Ils doivent aspirer à vivre dans de meilleures conditions. Ils doivent faire des actions pour l’amélioration de leur situation. Les bénéficiaires des améliorations doivent être proportionnellement plus nombreux que les éventuels et inévitables lésés. Dans tous les cas, il faut l’acceptation du plan d’action par les parties concernées.

3- Chaque action entreprise afin d’améliorer la situation sociale des Malgaches doit être pensée dans la durée. Il faut que l’amélioration apportée dans le court terme ne devienne pas plus préjudiciable dans le moyen ou long terme. Il faut appliquer l’économie des moyens et rechercher l’efficacité.

4- Il faut sauvegarder toute avancée obtenue et repartir sur les bases des ces avancées à chaque fois.

5- Le citoyen malgache doit faire de sa priorité l’amélioration de sa situation sociale. L’homme politique, en tant que tel et en tant que malgache doit avoir le même but. Face à une contradiction avec la politique, le citoyen doit poursuivre ses actions dans le but d’améliorer la situation sociale des Malgaches. Il ne cherchera pas à changer la politique.

 

>>Retour sur la liste des tops 5 de la semaine<<


5 Faux amis surprenants de la langue malgache dans le monde entier

Un faux-ami est un mot qui est tout à fait ou presque de même forme dans des langues différentes et pourtant est totalement divergent dans les sens. Avec le malgache, une langue très syllabique, il est facile d’en trouver. Voici 5 faux amis de la langue malgache dans d’autres langues.

1- Re

C’est à cause de « re » que j’ai fait ce top 5. Mon fils, me disait que « re » en malgache signifie « entendu » alors qu’en français, il y a la raie, le rez, le ré, et les autres. J’ai du alors lui expliquer la différence entre les homonymes dans une langue comme ré et raie et les faux amis comme ré en français et re en malgache. En français, ça veut dire autre chose. En l’occurrence, ré, c’est la deuxième note de la gamme de Do.

2- Manga

Ce mot est le faux ami de beaucoup beaucoup de mots malgaches. En effet, en malgache, ce mot est très polysémique (plusieurs sens). On peut même faire des jeux de mots avec. Mais comme le lien est en malgache, je vais juste citer quelques sens en malgache du mot manga :

– manga, le style de bande dessiné dont on a adopté le nom
– manga, la malgachisation de mangue, le fruit.
– manga, la couleur bleue, sens littérale
– manga, tout ce qui est beau, sens figuré par rapport à la couleur

3- Vahiny

Vahiné est un mot français, issus du tahitien vahine qui désigne la femme tahitienne. Quelle coïncidence puisqu’en malgache vahiny désigne l’étranger, l’invité. Les deux langues appartiennent à la même famille des langues malayo-polynésiennes (austronésiennes), donc, c’est peut-être un peut moins spectaculaire comme coïncidence. Mais le mystère serait de savoir comment les significations ont divergé dans le temps. Pourquoi les tahitiens ont fini par dire « vahine » et les malgaches « vaiavy » (ou vehivavy, femme) et de l’autre côté les tahitiens ont fini par appeler les invités « manihini » et les malgaches « vahiny » de telle sorte qu’aujourd’hui, ce sont vahine et vahiny qui sont proches, à l’écriture.

C’est le mystère du tour de Babel mais on peut philosopher un peu en se posant la question : Est-ce que la femme est une étrangère pour l’homme? « Vahiny amin’ny lehilahy ve ny vahine? »

2- Tonga

Dans le même registre, on a Tonga, le nom d’une ile du Pacifique. Il désignerait le pays d’un peuple fort et pacifique puisque les habitants de Tonga ont jadis occupé une grande partie des îles alentours.

Ah oui, « tonga » a des significations dans d‘autres langues. En Inde, c’est une charrette. C’est aussi un type de terrain (dans un pays nordique). Je ris avec le truc des anglophones africains là :
T: The
O: Organ
N: No
G: Guy
A: Avoid

Ces anglophones, ils disent parfois n’importe quoi! Qui eut cru par exemple que TONGA peut aussi être la contraction de : « Take Longer » pour « vas-y, prends ton temps » sur le ton de l’ironie.

En malgache, le mot signifie tout simplement « arrivé » ou « venue » et se lit comme toungue. Bah, sans plus de philosophie, on peut l’appliquer partout. On peut être tonga sur une île. On est tonga en charrette. Et même avec le truc des anglophones là, on peut aussi être tonga, à la fin même si on a pris notre temps.

1- Kafara

Enfin, je termine avec KAFARA. C’est un mot presque perdu qui revient à la mode, grâce aux efforts des linguistes malgaches, comme tatasika, hery jika, etc. En malgache, il signifie plainte, murmures, mécontentements, notamment envers les dirigeants. Mais avec son utilisation actuel, il est utilisé pour tous les gens qui n’arrêtent pas de se plaindre.

En Swahili, ce mot signifie « sacrifice ». C’est aussi à peu près le même en arabe, je crois. Mais en Islandais, ce mot désigne des plongeurs…bah, c’est ça, des plongeurs, il n’y a aucune explication.

Il se prononce en malgache comme « cafard » mais je le précise, à nouveau, c’est juste un faux ami.

 

>>retour à la liste des top 5 de la semaine<<


Les 5 attaques du dragon les plus mortelles

Eh non, cet article ne parle pas des dragons qui ont attaqué des villages au moyen-âge et qui ont fait le plus de victimes. Il ne concerne pas, non plus des techniques du Kung Fu, que je ne connais pas du tout. C’est juste un recensement des « attaque du dragon » que j’ai vu dans ma vie d’avant selon leur force et efficacité.

Bruce_Lee_Stencil1-Bruce Lee

Tout le monde connaît cette scène où le petit dragon danse autour de sa proie en faisant des « ouuuuh », « ouuuuh ». Puis le dragon frappe avec ses griffes, puis avec sa queue. C’était impressionnant. Après avoir vu ça, tous les petits malgaches dans toutes les cours de récré ont déjà joué à Bruce Lee Bruce Lee. Ah oui, leçon de malgache : la répétition, dans la langue malgache sert surtout à atténuer (mafy = dur, mafimafy =un peu dur) ; à amplifier en ajoutant kokoa (haingana = vite, haingakaingana kokoa = un peu plus vite) ; et à désigner les jeux de rôle chez les enfants (jouer à la maîtresse = mpampianatra mpampianatra).

 

shiryu_and_ryu_by_saint_seiya_power-d375fwy2- Saint Seyia : Shiryû

Personnellement, c’était mon Chevalier du Zodiaque préféré, Shiryû, Chevalier du Dragon. Il avait, cependant un point faible lors de son attaque quand sa garde, de la main gauche, quittait le devant de son cœur, le seul endroit vulnérable de son corps pendant quelques millièmes de secondes. En effet, lorsqu’il a reçu une douche de sang du dragon qu’il a tué, une feuille s’est posé sur son cœur, empêchant le sang de le recouvrir en entier. C’est pour cela qu’il a perdu son combat contre Seyi qui le tua et le réanima et ils sont devenus amis pour la vie.

inazuma3- Olive et Tom

Le foot en manga, c’est spectaculaire mais c’est aussi invraisemblable. Dans Olive et Tom (ou dans École des Champions), on pouvait passer une épisode entière sur une seule attaque. Les joueurs couraient des dizaines de minutes pour aller d’un but à l’autre. Si les feintes et les passes étaient anecdotiques, les tirs étaient devenus des monuments. Pendant les tirs, des sortes d’auras, des images, apparaissaient derrière le joueur comme un pouvoir surnaturel donnant à la balle une force et une trajectoire spéciales, un précurseur devenu un modèle. En effet, c’est sur le même principe que sont basés d’autres séries comme « L’école des Champions », des films du genre « Kung Fu Soccer » et des jeux comme Inazuma Eleven.

Pour le héros de ce manga, l’arme fatale s’appelle « le tir du tigre ». Celle de son rival, devenu coéquipier pendant les championnats du monde est « le tir du faucon ». Le tir du dragon appartient à un certain Sho qui est juste un méchant de passage dans la série.

dragon4- Age des empires 3

Je ne sais pas du tout ce que ce jeu fait dans ce top 5. Dans ce jeu de stratégie temps réel, les soi-disant dragons sont des cavaliers que l’on peut entrainer dans l’étable vers l’Age des Forteresses. Et donc, pour avoir des dragons assez tôt, il faut utiliser la nation portugaise.

Ce sont des troupes que j’aimais utiliser pour leur rapidité même s’ils sont assez fragiles dans les combats. Ma stratégie dans ce genre de jeu est souvent de vite monter en niveau pour avoir une défense assez solide. J’utilise alors mes moyens pour me défendre pendant que quelque part, je prépare secrètement une armée. Lorsque les attaques de l’adversaire se raréfient, je présume qu’il est temps de passer à l’attaque. Je lance alors une attaque massive. Les dragons, je les utilise tout au long de ce combat final comme des renforts que j’envoie un à un en remplacement des troupes décimés.

Et c’est ainsi que je passais des heures et des heures devant le PC en négligeant le sommeil réparateur et en mettant en péril les prochaines journées de travail.

ssj4_or_ssj_god_by_darkuchihasharingan-d5y24jt5- Dragon Ball

Dans le film « Tapion », Sangoku étrenne une nouvelle attaque pour se débarrasser d’Hildegarde, un monstre qui poursuit le guerrier flutiste Tapion. L’image d’un dragon apparait à ses côté lorsque Son Goku transperce le ventre du monstre géant. A cet instant, c’est l’une des attaques les plus puissantes jamais utilisées dans l’univers du manga. D’autant plus, c’est un Son Goku super guerrier de niveau 3 qui l’exécute, niveau qu’il atteint en premier si on omet le Trunk du futur lors de son combat contre Cell.

Mais, avez-vous remarqué la similitude entre Tapion et le Surfeur d’Argent du film Les 4 Fantastiques? Tapion a son Hildegarde et le Surfeur d’Argent a son Galactus. Hildegarde a terrorisé les habitants de la planète de Tapion et Galactus tient en otage la famille du Surfeur d’Argent. Depuis, Tapion garde en lui une partie d’Hildegarde alors que le Surfeur d’Argent est devenu le serviteur de Galactus. Et bien sur, c’est sur Terre que ces héros vont trouver la liberté grâce à Son Goku pour le premier et aux 4 fantastiques pour le second. Comme quoi, c’est toujours la même histoire.

 

>>Retour sur la liste des tops 5 de la semaine<<