Madagascar : des communales à suivre #urgent #mdg2015

Le 31/07/2015, les malgaches vont élire leurs maires. Voici les raisons, les véritables enjeux pour quoi ces élections sont si importantes pour Madagascar.

1- Savoir qui domine vraiment la politique à Madagascar

Aujourd’hui, c’est flou. Le Président élu à la majorité des suffrages universelles s’appelle Hery Rajaonarimampianina. Il a un parti nommé H.V.M. mais son élection il y a quelques mois de cela n’est pas jugé comme totalement aboutie parce qu’il a été le candidat de remplacement du vrai homme fort du pays en ce temps là : Andry Rajoelina. Depuis, les deux hommes se sont retournés l’un contre l’autre. L’Assemblé Nationale, composée, au début, à majorité de MAPAR (parti d’Andry Rajoelina) a complètement été chamboulée sens dessus dessous et le HVM s’est constitué un semblant de majorité avec des indépendants versatiles. Cette situation a conduit au vote de la déchéance du président par les députés. Cette vote a été invalidé par la Haute Cour Constitutionnelle mais le président en est sorti affaibli, c’est certain. Cette élection sur tout le territoire permettra donc de dire si le HVM est vraiment le parti au pouvoir ou si le Président devra faire une cohabitation ou revoir la composition soit de l’Assemblée soit du gouvernement.

Il ne faut pas oublier le grand T.I.M., parti de l’ancien président Ravalomanana qui a repris du poil de la bête depuis que ce dernier est rentré de son exil en Afrique du Sud. On ne sait pas vraiment à quoi joue le couple Ravalomanana/Rajaonarimampianina, tantôt main dans la main, tantôt dos à dos. On les sent les doigts sur la gâchette, prêts à tirer l’un sur l’autre même si dans son discours, Ravalomanana dit soutenir la stabilité et de son côté Rajaonarimampianina est celui qui a, en quelque sorte, permis le retour de l’autre. Et il y a le reste, les pions de l’échiquier, sans vouloir les offenser, attendant d’atteindre le but pour se transformer en pièces maîtresses.

2- Connaître la maturité de l’électorat

Les élections n’ont pas commencé que déjà les alertes à la fraude se multiplient. Il y a beaucoup de types de fraude. Je dirais que si le parti, fraudeur, porte atteinte à la liste électorale ou falsifie les résultats, ce serait ignoble, injuste, impardonnable mais cela n’engage qu’eux. J’irais même jusqu’à dire que s’ils arrivent à mettre des bâtons dans les roues de leurs adversaires pendant la campagne, à coup de sabotage divers, c’est mesquin, c’est méchant mais c’est de bonne guerre. Mais si la fraude consiste à payer les électeurs 2 000, 5 000, ou même 10 000 Ariary (50 Centimes d’euro à 3 euro), même si on fait partie des pays les plus pauvres du monde, même si 3 Euro pourrait faire manger la famille pendant 5 jours, ce serait une idiotie complète. Si on gagne des élections en fraudant, c’est sûr qu’on ne va pas, après, faire de la vraie politique et travailler pour le bien du peuple. Déjà, on cherchera à se rembourser et après, qui sait jusqu’où un tricheur, un arnaqueur peut aller s’il a le pouvoir?

Les malgaches doivent déjà le savoir. 55 ans qu’ils ont retrouvé l’indépendance. Cela fait 55 ans d’expérience démocratique pendant lesquelles des élus ont plus ou moins déçu. Il y a des malgaches qui choisissent de ne plus se préoccuper de la politique, de ne plus exercer leur droit de vote. « Leom-boanana ka tsy tia zava-boribory » (fatigué de graines, il/elle en déteste tout ce qui est rond). Pour ceux qui continuent à voter, on espère qu’ils feront le bon choix. Un choix qui ne sera pas dicté par la peur, le fanatisme ou la haine de l’autre. On espère qu’ils savent, enfin, déceler les pièges, les langues de bois, les fausses promesses, les kobaka am-bava.

3- Le prochain maire de Tana sera (peut-être) le prochain Président ou du moins sa femelle femme candidate

Depuis toujours, l’électorat d’Antananarivo Renivohitra (capitale) est assez représentatif de la tendance dans toute l’île. Déjà, c’est la plus grande commune en terme de population et en plus, en tant que capitale, elle est habitée par des représentants de toutes les communautés, de tous les tribus, de toutes les confessions. Ravalomanana a d’abord été maire avant d’être élu Président. Rajoelina a été maire avant de devenir Président, non élu, de la Transition. Rien que cela suffit à faire croire que le prochain maire d’Antananarivo sera en bonne place pour devenir Président dès 2017.

Scène de propagande

Scène de propagande

Mais ni Rajoelina, ni Ravalomanana qui, tous les deux seront vraisemblablement candidats aux présidentielles de 2017 n’est en course. Ils soutiennent des femmes, en l’occurrence Lalatiana Rakotondrazafy pour le premier et sa femme Lalao pour le second. Les 2 sont jugées comme favorites à la victoire finale. Et si l’une d’elles gagne vraiment ou une autre des candidates présentes, je dirais même que ce serait une bonne stratégie de la présenter lors de des présidentielles car elle risquerait de devenir la première présidente de la République Malgache. Il y a des candidats, je veux dire mâles, sérieux, à l’instar de l’expérimenté Hery Rafalimanana, pour Antananarivo mais une femme, mère, maire, ce serait aussi cool inédit.

 

Sommes toutes, il faut accorder de l’importance à ces élections communales même si ce ne sont « que » pour les postes de maires. C’est un test grandeur nature pour connaître les positions de forces de chacun, vis-à-vis de l’électorat, en vue de la présidentielle dans moins de 2 ans déjà.