Les électeurs d’Antananarivo ont-ils tout compris? #humour

En élisant Mme Lalao Ravalomanana en tant que première femme maire de la capitale de Madagascar, Les habitants d’Antananarivo ont montré qu’ils ont « presque » tout compris sur la politique malgache.

Attention, article humoristique

Oui, je n’irai pas du tout polémiquer sur le fait que les élections ont été catastrophiquement mal organisées. Je ne vais pas dire qu’il y a eu oui ou non-utilisation de fraudes (de destruction) massive dans toute l’île. Je ne serai pas du tout surpris si le H.V.M., parti au pouvoir rafle la majorité des communes de Madagascar. Cela a été toujours ainsi depuis toujours dans ce pays pour n’importe quel parti au pouvoir, AREMA, TIM, MAPAR ou HVM. Le pied de nez des électeurs, c’est surtout ce qui c’est passé à Antananarivo.

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L’Express titre que le HVM est tout près d’une razzia

D’abord en se rendant massivement hors des bureaux de votes, comme je l’ai prédit, les habitants d’Antananarivo ont bien démontré qu’ils ont mieux à faire que de voter pour un maire. Déjà, beaucoup d’entre eux ont été obligés de travailler comme ces vendeuses du centre Commercial La City qui ont été interviewé à la Télé VIVA. En effet, si la journée a été déclaré chômée et payée, les boutiques, grossistes, épiceries ont bien été ouverts partout dans la capitale. Ensuite, beaucoup n’ont pas été inscrits sur la liste électorale, comme moi. Ladite liste n’a pas été refaite et je me souviens bien que pour la précédente, je n’étais pas présent parce que j’ai été absent lors du passage des recenseurs à la maison, je travaillais. Je n’aurais pas dû, peut-être. Même si je voulais exercer mon droit, et peut-être faire un vote blanc, vu que je n’avais pas de candidat, je n’aurais pas eu le courage de saisir un tribunal afin d’obtenir une autorisation spéciale pour si peu. Enfin, beaucoup sont sûrement resté chez eux, bien au chaud, en famille, regardant un bon film ou en faisant simplement une bonne sieste et se reposer comme pendant un jour férié inattendu et providentiel. Alors, il ne faut pas s’étonner des annonces de taux de participations à moins de 35%.

Ensuite, en allant voter, quand même, malgré les difficultés, les électeurs ont montré qu’ils sont de vrais acteurs de la vie politique malgache. Que c’est drôle! Vous ne saisissez pas cette ironie tant que vous n’avez pas vécu l’intense campagne électorale précédant ce vote. Imaginez des dizaines de caravanes de voitures, minibus, 4×4 et camions remplies de militants en t-shirt et de jeunes qui trémoussent aux rythmes de musiques et de hymnes fraichement composés pour la campagne. Vous ne pouvez pas vous concentrer une heure sur votre travail sans entendre les cris, la musique et les sifflets. Imaginez des places, le Coliséum ou les stades remplis, noirs de monde, de personnes qui agitent des drapeaux, qui arborent des foulards, qui scandent des slogans hypnotisant. Mais je l’ai déjà expliqué, également, les propagandes ne sont pas des rassemblements d’électeurs. Si les politiciens ne l’ont pas encore compris, les suiveurs d’évènements de propagandes l’ont bien assimilés, eux. Démonstration avec ce petit témoignage venant de moi-même.

La veille des élections, je rentrais en bus vers 17h du soir. Il y avait dans mon bus une famille nombreuse parée de toutes sortes d’attributs aux couleurs du TIM, parti des Ravalomanana (le président et la maire). Je me suis, tout de suite, souvenu d’une conversation avec une fille dans la matinée qui se disait délaissée par son compagnon parti faire le faradoboka (bouquet final). Ces gens dans le bus en revenaient, surement, de cette dernière grande fête de propagande. Mais première chose, déjà, s’ils sont dans mon bus et qu’ils ne descendent pas avant Mahazo, c’est qu’ils n’habitent même pas dans la commune urbaine et ne vont pas pouvoir voter pour la candidate sur leurs t-shirts. CQFD. Mais continuons l’analyse. Du côté d’Ampasapito, on croise la caravane d’une candidate adversaire qui est en train de créer un embouteillage monstre et dont les gars sur les pick-up invectivaient les automobilistes qui klaxonnaient de colère. « – C’est ça des futurs dirigeants? » criait un gars de notre bus. La dame, aux couleurs du TIM commença à raconter à sa voisine des histoires sur la vie de la candidate (je ne me souviens pas laquelle c’était). Elle le citait par son prénom, comme si c’était quelqu’un de sa famille. Le ton, le vocabulaire suggéraient qu’elle en était fan. Pas comme une sympathisante devant un leader, plutôt comme une admiratrice devant une pipole. Ce qui renforça ma conclusion sur les motivations de cette famille, en fait. A quelques centaines de mètres de là, un propagandiste distribuait des mini-journaux décrivant d’une autre candidate et son programme sous la forme d’un quotidien d’information d’une seule feuille pliée. D’un geste rapide et précis, la dame a sorti son bras de la fenêtre du bus et a (quasiment) arraché des dizaines d’exemplaires de ce journal et a ensuite exhibé sa prise à toute sa famille à l’intérieur du bus tout en saluant la belle initiative de la candidate que les autres auraient dû copier, eux aussi. Les autres occupants du bus ont réussi à lui soutiré quelques exemplaires et elle a ensuite bien rangé le reste. Il ne fallait pas être malin pour deviner où iraient ces papiers imprimés dès que le besoin se ferait exprimer.

Tout de suite, après les premières décomptes des voix, les réseaux sociaux ont illustrés ce phénomène en faisant des petits montages comme ces images dans des groupes facebook malgaches :

– Élisez-moi svp, mais ne soyez pas juste là pour la fête alors que vous n’avez rien à faire de mon parti… – Sourions quand-même mais si ça se trouve, tous ces gens sont juste là pour la fête

– Alors, vous êtes juste présents pour le spectacle gratuit? … – Qui t’écoutes? Va t-en et envoie les artistes

Vous êtes tous des traîtres!!!

 

Quand même, et pour finir, l’élection de Ravalomanana, la femme, si elle est confirmée, est la vraie info de ces communales. C’est la première vraie et grande victoire du TIM depuis la fuite de son leader en 2009. C’est comme si Antananarivo a pardonné à Ravalomanana de ses erreurs passés. Même s’il nie être celui qui a donné les ordres et que la théorie du complot semble être admise par beaucoup, il a quand même été le président quand il y a eu le 07 Février 2009. Et combien on a entendu lors de son exil des accusations contre lui? Tellement qu’il a lui même demandé pardon au peuple malgache. A-t-il été entendu ou tout simplement est-ce que les habitants d’Antananarivo ont  fait la part des choses entre Ravalomanana et ceux qui l’ont succédé?  Quoi que l’on dise, cette élection de sa femme prédit bien son retour en 2017, en tant que candidat, surement; en tant qu’élu, Dieu seul le sait.