Vacances au soleil – Partie 2

Joseph vit dans un tunnel aménagé. Vous pensez bien qu’à plusieurs centaines de mètres sous la terre, il doit faire froid et noir.

Oui, l’obscurité est partout. Les ampoules, par milliers, qui jonchent les tunnels créent plus d’ombres que de lumières. Il y a deux sortes de lumières : la lumière de jour et la lumière de nuit. Ces deux éclairages se relayent toutes les 12 heures, exactement à 6 heures le matin et à 6 heures le soir. La lumière de jour est une lumière chaude fournie par de gros et petits projecteurs placés sur les plafonds. Selon le calcul des ingénieurs, ils procurent jusqu’à 3% du chauffage des tunnels. La nuit, c’est une lumière froide, dans tous les sens du terme qui éclaire les tunnels. C’est une lumière chimique qui court dans des tubes transparents le long des tunnels et qui sert principalement de balise plutôt que d’éclairage.

Les tunnels sont élaborés à partir des modèles de fourmilières dont les cellules correspondent aux maisons, aux ateliers, aux magasins, et aux autres salles. Une salle, la plus grande, qui correspondrait à la chambre de la reine est occupée par le Centre. Le Centre, c’est là où réside le maire de la ville souterraine. C’est aussi de là que l’on gère l’énergie, l’eau potable, l’aération et toutes les fonctions vitales de la ville. Cet espace, immense, est le carrefour où tous les tunnels se joignent. Il y a d’autres petites jonctions entre deux ou plusieurs tunnels, évidemment, mais la plupart du temps, il faut passer par le centre quand on veut aller quelque part. Inutile de dire que le Centre est aussi l’endroit le plus sécurisé de la ville. Enfin, quatre tunnels, partant du centre, exactement aux quatre points cardinaux sont des routes vers d’autres villes. Ce sont les frontières et on ne peut y pénétrer sans les autorisations nécessaires.

L’aération, l’eau et la chaleur sont, il faut le préciser, dans des circuits fermés. Le recyclage constitue la majorité des activités de la ville. Même un tiers de la nourriture provient du recyclage des déchets. Mais cette manne provient surtout des privilégiés et ne sert qu’à nourrir les plus défavorisés. Car dans la ville de Joseph, la société est divisées en plusieurs classes.