A Tana, descendez du bus dans les cinq cas suivants !

Le blog est toujours en vie. Comme promis, quand je n’arrive pas à publier un article digne de ce nom, je dois poster un article humoristique. Donc, sérieusement, si vous êtes dans le bus à Antananarivo et qu’une des cinq situations suivantes arrive, descendez tout de suite !

Les bus d’Antananarivo, comme partout dans le monde, sont des véhicules aménagés pour pouvoir transporter le maximum de personnes. Ici, ces véhicules sont déjà petits, donc la promiscuité est de rigueur. Je dirais qu’il y a des gênes acceptables : aisselles parfumées, haleine de chacal, être à l’étroit, être assis et sentir l’anatomie de la personne debout derrière ou à côté, être quand même en retard car le bus est trop lent, le chauffeur adore écouter le « salegy » à fond ou diffuser la station « Bobards et Futilités » qui analyse la politique malgache merdique, etc.

Taxibe

Donc, prenez garde, et si une des situations suivantes se présente, le mieux est de descendre le plus vite possible !

1- Le bus zigzague, accélère brutalement, freine aussi brusquement, et dépasse les 40km/h autorisés.

Soit le chauffeur est ivre, soit il n’a pas son permis, soit c’est juste un pilote de rallye qui n’a pas réussi. Le mieux c’est de changer de bus.

2- Vous entrez et vous sentez que ça sent la mort.

Redescendez! Le hic c’est quand vous étiez déjà dans le bus lorsque l’odeur apparaît. Vous pourrez toujours protester auprès du receveur ou du chauffeur mais ils pourront faire la sourde oreille pour empocher les malheureux 400 Ariary (10 centimes d’euro) de frais du coupable. Et même si ce dernier descend, l’odeur subsistera. Le mieux est de fuir ce bus. Je ne sais pas si vous avez déjà été dans un espace clos avec un panier de poissons séchés, ou pire, un sceau plein de boyaux de bovins frais en route pour être lavés dans l’Ikopa. Moi, je peux vous dire qu’on voit sa vie défiler devant ses yeux et on a envie d’en finir.

3- Le bus roule. Soudain vous entendez un bruit de pièces qui s’entrechoquent ou vous sentez des vibrations bizarres.

Les passagers se regardent et regardent le chauffeur impassible. Il peut s’arrêter un moment et demander au receveur, son aide de vérifier si « ça tient encore ». Épiez dans leurs discussions les mots comme « mipotsaka« = fuit (en parlant de frein), « tapaka« =coupé, « mivaha »=détaché, « may« = brûler. Si le voyageur de devant est assez fin, il pourra lui faire avouer que le problème est juste que le démarreur ne marche plus ou que la batterie ne se charge pas. S’il lui dit, c’est le frein qui marche par intermittence, mais ce n’est pas un souci puisqu’il sait utiliser le frein moteur, descendez au prochain arrêt (si le bus parvient à s’arrêter).

4- Un peu plus drôle, c’est quand vous entrez et que la place qui reste est entre deux personnes fortes pour ne pas dire obèses car « obèses » serait offensant.

Les habitants de Tana sont de plus en plus gros. Je veux dire qu’ils prennent de plus en plus de volume parce que gros n’est pas un vocabulaire correct. Mais le bus, lui, pour s’adapter aux petites rues et aux milliers de voitures neuves qui les saturent, doit rester petit. Là encore, le souci c’est quand tu es déjà assis et qu’une paire de grosses fesses essaie de s’asseoir sur les quelques cm² à côté de toi qui lui est alloué. Tu sens bien que la majeure partie de sa moitié déborde sur ta cuisse. Mais il faudra, obligatoirement que ça rentre, sinon le bus lui-même sera en effraction et ce sera votre faute à tous les 3 (toi, et les 2 fesses, donc !). Puis, si tu protestes, tu auras les remarques désagréables comme : « prends le taxi si tu veux être à l’aise ! ». Bref, subis en serrant les dents ou descends de ce bus !

5- Deux gars ou plus rentrent et l’un d’eux s’assoit à côté de toi alors que le bus est presque vide.

Ou bien, le bus est plein mais quelle que soit la place qui se libère, ils insistent pour rester côté couloir. Ils parlent fort ou feignent d’avoir mal ou d’être très fatigués. Ils enlèvent leurs blousons ou leurs sacs et le mettent sur les cuisses et sur les tiennes. Ils ne paient pas le frais ou donnent 400 Ariary en disant au receveur que c’est leurs frais à eux 4 ou 6. Regarde le receveur et il aura ce rire gêné à chaque fois qu’ils font des blagues pas drôles. Là si tu es encore dans le bus, c’est que tu es déjà au courant de la situation et que tu peux faire face. Sinon, range tes affaires et serre-les bien fort dans tes bras en sortant de ce bus. Ce sont des bandits qui sont en train de fouiller les poches et les sacs des passagers et qui peuvent devenir dangereux à eux 6 s’ils se sentent menacés.

Voilà pour les situations vraiment dangereuses pour ta santé et ton intégrité. Si ce n’est pas aussi grave, c’est à vous de défendre vos droits. Dans les grandes villes, il y a toujours des gens un peu fêlés avec qui on doit apprendre à vivre.

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