Du Brexit à Trump, l’échec des sondages

Depuis quelques années, les sondages prennent de plus en plus de pouvoir dans la vie politique et sociale des pays démocratiques. Pourtant, les récentes élections en Europe et aux USA nous montrent qu’ils pourraient être des prescripteurs menteurs.

Un sondage est une méthode statistique basée sur un échantillonnage afin d’évaluer les caractéristiques d’une population trop grande pour être étudiée individu par individu. Dépendant de la méthode d’échantillonnage utilisée ainsi que de la rigueur de la méthode, le sondage est fiable avec une intervalle de confiance plus ou moins grande.

Cela veut dire qu’un sondage ne reste que dans le domaine de la probabilité. Et pourtant, depuis quelques décennies, ils ont pris de plus en plus de pouvoir dans les décisions politiques. Le sondage d’opinion, par exemple, a tellement de valeur qu’il peut inciter un dirigeant à prendre des décisions aussi graves que démissionner, ne pas se présenter à une élection, changer son équipe, nommer untel au lieu d’un autre, etc.

Dans un sens, c’est une très bonne chose puisque cela permet à la population d’exprimer ses idées, ses opinions et de voir que les dirigeants sont attentifs et réagissent à ces opinions sans attendre des élections ou des référendums. Le souci c’est que, mathématiquement, les sondages ont des chances d’être dans le vrai mais peuvent aussi être totalement à côté de la plaque. Et c’était le cas lors des élections pour le maintien de la Grande Bretagne dans l’Union Européenne et plus récemment lors de la défaite d’Hillary Clinton à la présidence des États-Unis. Pour connaître la vraie opinion du peuple, les sondages sont biens mais les élections sont mieux.

Mais quand on sait qu’il est possible de frauder une élection ou de falsifier ses résultats, même dans des pays « développés », comment ne pas craindre que certains sondages puissent aussi être biaisés. Pour le croire ou non, il faut d’abord comprendre à qui sert le sondage. Normalement, c’est le dirigeant qui en a le plus besoin. C’est lui qui doit connaître l’opinion du peuple pour savoir s’il prend la bonne ou la mauvaise direction. Ce qui se passe, dans la réalité, c’est que c’est au peuple qu’on présente, qu’on crie haut et fort les différentes enquêtes d’opinion effectuées par les uns et les autres.  « Le dirigeant a autant d’avis favorable », « 50% de la population serait favorable à ceci ou cela », « 2 citoyens sur 5 ou 8 citoyens sur 10 voudrait bien qu’on fasse ceci ou cela ». Moi, quand je lis des choses de ce genre dans la presse et que je ne suis presque jamais d’accord, je me demande pourquoi je ne fais jamais partie de ceux qu’on interroge. Finalement, il me semble qu’on veuille plutôt manipuler les gens au lieu d’interpeller les dirigeants.

Le Brexit (Sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne) et l’élection de Donald Trump à la tête des USA montrent qu’on ne sait jamais ce que la population pense vraiment. Faut-il rappeler le cas de la victoire de la droite aux législatives croates ? et l’extrême droite qui est aujourd’hui au 3ème tour des présidentielles autrichiennes? Tout cela « contrairement aux derniers sondages ».  Il faut croire que soit les personnes interrogées sont un peu menteuses, soit les gens décident, au dernier moment, de faire tout le contraire de ce que les sondages disent.

Mon avis est qu’il ne faut pas se fier corps et âme aux sondages. Qui sait si en vérité François Hollande peut, bel et bien, gagner au 1er tour en 2017 en France? Et avec la victoire de la droite aux USA, comment ne pas penser que les français aussi peuvent élire Marine Le Pen au second tour contre n’importe quel républicain de gauche ou de droite? Et à Madagascar, quand on dit que notre président est « mamim-bahoaka » (aimé par le peuple) qui peut affirmer preuve à l’appui que c’est faux ou que c’est vrai? Qui peut sortir un sondage dont on sera sur à 100%?

Ainsi, les sondages sont des outils et devraient rester de simples outils. Ne soyons pas gouvernés dans nos vies par l’avis des autres, qu’ils soient majoritaires ou non, selon les derniers sondages.

4 Commentaires

  1. les sondages ne sont que le fruit des sondages. ils affirment donc la volonté d’un cabinet et de certains statisticiens. la question fondamentale à se poser : quelle est la population qu’on prend comme échantillon et pourquoi? à quelle période cela devient indispensable de faire le sondage? et comment sont élaborer les questions? comment sont orienter les Cibles-Cobayes pour les tests des humeurs? Dire que ce pays est plus triste ou moins triste est très facile. Les questions formulées sont la conséquences même du résultat.
    Pour ce qui est des sondages pour les élections aux USA, ils ont été confirmés par le fait que Trump a mis de l’argent pour pouvoir convaincre les électeurs du contraire que pensent les Démocrates. Etant donné que les Américains sont de nature prétentieuse et surtout orgueilleuse, il vont tenter d’infirmer ses sondages de « merde » qui ne font les motorisés depuis des décennies.
    La question que moi je pose depuis des jours, est-ce que les Américains ou les Européens sont prêt à avoir une femme à la tête? certains me diront que c’est pas la question. en tout cas, la boisson est tirée, il faut le boire. et bon vent aux cabinets de sondages.

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