Mon cours de malgache avec Henri Rahaingoson

Henri Rahaingoson, c’était notre prof de malgache à l’Université mais je n’ai assisté qu’à quelques séances. Donc, je ne peux pas en dire beaucoup mais je tenais à faire cet hommage à cet écrivain et poète qui nous a récemment quitté. Il y a des gens qui, en quelques mots, vous laissent leurs empreintes indélébiles dans votre esprit.

D’abord, je ne suis pas de ceux qui rendent des hommages aux morts. Pour moi, les morts sont morts. C’est bien de se souvenir de leurs actions et de vivre de ce qu’ils nous ont laissé comme héritage mais pour leur rendre les honneurs, ils faudrait le faire de leurs vivants. Donc, cet article hommage, je l’ai déjà écrit il y a 7 ans, quand Henri Rahaingoson était encore bien vivant et en bonne santé( lire ici, en français) sans l’avoir nommément désigné.

Je trouve que dans ce pays, qui a quand même le respect des ainés comme une des valeurs fondatrices de la société , on ne les écoute pas assez, les vieux. Moi, pourtant, j’aime bien discuter avec les personnes âgées. Je vous ai déjà parlé de ce vieux joueur de valiha rencontré au bord de la mer. Mais il y en a d’autres des personnes expérimentées, plus ou moins âgés qui ont des choses à raconter. La transmission du savoir n’est pas l’apanage des humains, beaucoup d’autres animaux et peut-être des plantes, instinctivement, éduquent leurs progénitures sur les dangers et les opportunités de la vie. Certaines espèces, de l’autre côté, abandonnent leurs petits avant ou juste après leurs naissances. L’autruche est mentionné dans la Bible pour cela. La pieuvre femelle, si intelligente, capable d’imiter ses congénères, d’inventer des techniques et d’utiliser des outils, meurt avant que ses œufs n’éclosent et on imagine bien que si elle pouvait transmettre son savoir à ses petits, elle pourrait bien fonder une civilisation intelligente. L’héritage culturelle et scientifique fait que l’Humanité est aujourd’hui la maîtresse de cette planète.

Mais bon, à part l’article que j’ai mentionné plus haut, je ne peux rien dire de plus sur Henri Rahaingoson. Je ne le connaissais pas personnellement et à l’école, j’étais un mauvais élève qui passait plus de temps à l’école buissonnière que sur les bancs. C’est pour cela que je me suis fait violence à travailler dès…25 ans. Sinon, je sais que j’aurai fini comme certains jeunes de 45 ans qui se marient à leur ordinateur. Justement, ce court passage de 6 mois à l’université, en Sociologie, (…une deuxième passage, en fait), a été le plus grand tournant de ma vie. Pour illustrer, un an après, j’étais en CDI et fiancé. Et la différence était là : les discours des profs visaient à ce qu’on se rende compte de notre valeur et celle des être humains en général. C’est tout à fait normal. La filière devait préparer les étudiants à devenir des travailleurs sociaux. J’avais plutôt l’habitude des professeurs qui étalaient leurs savoirs scientifiques et à juger nos moindres fautes. Là, c’était le contraire. Je me souviens de la prof qui m’a chaleureusement félicité devant toute la classe alors que j’étais loin d’avoir la meilleure note.

Je me dis, alors, que j’ai été chanceux d’avoir été l’élève de Henri Rahaingoson et de beaucoup d’autres super profs. Je n’ai jamais été bon élève mais il y a des mots, il y a des phrases que mes profs ont dit, comme ça, au milieu de leurs cours, mais qui , finalement, m’ont aidé dans toute ma vie. Alors… merci!