Une langue malgache correcte

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Depuis le temps des premiers missionnaires et jusqu’à aujourd’hui, à  Madagascar, certains vocabulaires de la langue malgache, jugés trop crus voire diaboliques sont honnis et remplacés par d’autres mots ou expressions. A y voir de plus près, on ne perd pas seulement en richesse mais on devient même ridicules, parfois.

D’abord, pour expliquer, on a le même phénomène en français. On dit rarement « chier » ou « déféquer ». On ne dit pas : « attends-moi là, je vais chier 5 minutes ». Au pire, on utilise le mot enfantin pour avoir « je vais faire caca » et souvent on dit « je vais aller aux toilettes » et que c’est la grosse commission.

En malgache, on ne dit plus « mangery » ou « mivalana« . Souvent, on fait appelle à du frangasy avec « handeha hi-caca aho« . Mais, et c’est là que je veux venir, on trouve aussi un mot sensé être un synonyme ou au moins assez proche mais finalement, c’est bizarre. On dit « handeha hivoaka aho » (Je vais sortir…).

Mais pourquoi on dit « sortir »? Mystère. Mais cela fait des conversations bien drôles aux portes des toilettes. Tu sors? Non, je rentre – Pourquoi? – Je vais sortir – Fais vite, j’ai envie de sortir aussi – etc.

Donc, ci-dessous, je vais donner 4 autres phrases ou expressions en français et en dessous l’interprétation en malgache correct puis la traduction mot à mot de la phrase malgache en français.

 

1- Il est interdit de pisser ici.

Tsy azo anaovana maloto eto.

Il est interdit de faire ce qui est sale ici.

 

2- Aujourd’hui, nous allons étudier les appareils reproducteurs chez l’Humain, à savoir, le vagin et le pénis.

Anio isika dia hianatra ny fitaovam-pananahan’ny olombelona, izany hoe ny maha-vehivavy sy ny maha-lehilahy

Aujourd’hui, nous allons étudier les appareils reproducteurs chez l’Humain, à savoir, le ce-qui-fait-la-femme et le ce-qui-fait-l’homme.

 

3- Pour se reproduire, l’homme et la femme s’accouplent.

Mba hahafahany miteraka, ny lehilahy sy ny vehivavy dia manao firaisana ara-nofo.

Pour se reproduire, l’homme et la femme font une union charnelle

 

4- A la une : Une maison attaquée, une jeune fille violée.

Matoan-dahatsoaratra : Trano iray voatafika, tovovavy iray voaolana.

A la une : Une maison attaquée, une jeune fille tordue.

 

Heureusement, je dis bien heureusement, certaines personnes osent encore utiliser les vocabulaires bien malgaches et originaux sur leurs écriteaux ou dans leurs articles.Et je dis merci à la personne qui m’a inspiré ce billet en me disant quel était son juron de tous les jours. C’est vrai que même le mot « punaise » est un bien gros mot quand on l’utilise en tant que tel. Mais quand le contexte l’exige, pourquoi ne pas utiliser le vocabulaire, malgache, ancestrale qui convient?