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Nous sommes la classe moyenne de Madagascar (top 10)

Ces derniers temps, on nous ressasse notre place de pays parmi les plus pauvres du monde. Si on dit que la classe moyenne n’y existe plus, aujourd’hui, j’aimerais vous dépeindre cette partie de la population de Madagascar que, moi, j’appellerai la classe moyenne malgache.

En termes de richesse, ou de pauvreté, les indicateurs sont divers, mais celui qui fait le plus de tort à des pays comme Madagascar c’est le fameux PIB. Il place simplement Madagascar au 5e rang des pays les plus pauvres de la planète avec un taux à 392, 6 dollars. Ce qui veut dire qu’en moyenne, un Malgache vit avec un peu plus d’un dollar par jour, disons dans les 3 000 ariary. J’ai déjà expliqué combien c’était très relatif tant qu’un dollar reste beaucoup d’argent à Madagascar. Alors, les gens que je vais décrire vivent peut-être avec un dollar ou moins, mais vous jugerez s’ils sont pauvres ou si j’ai raison qu’ils ne sont pas riches mais dans la classe moyenne :

TOP 10 : NOUS SOMMES LA CLASSE MOYENNE MALGACHE

1- On vit dans une maison, plutôt un appartement ou parfois même une chambre, avec ou sans le confort. Soit, on loue, soit on est 4 ou 5 familles dans la maison des grands-parents. Bref, on n’est pas à la rue!

2- On a une moto, au moins, ou une voiture des années 1970-2000, achetée d’occasion ou héritée des parents.

3- On travaille tous, ou presque, dans la maison, à partir de 16 à 25 ans. Du travail dans les bureaux, dans les champs, dans les ateliers, à l’usine, une profession libérale ou du bizna (business) ou bien du petit commerce plus ou moins formel. Mais on travaille même s’il y a toujours un petit frère ou une petite sœur qui n’arrive pas à se décider à entrer dans la vie active et reste à la maison aider maman.

4- Sinon, on a un enfant, un petit frère, une petite sœur, un neveu, une nièce ou autre qui est en train de faire ses études à l’étranger et qui habite, gratuitement, chez une tante, un oncle, un cousin ou une grande sœur ou un grand frère qui est établi là-bas depuis un certain temps. D’ailleurs, c’est le même bienfaiteur ou la même bienfaitrice qui envoie parfois de l’argent pour aider en cas de besoin.

5- Les jeunes enfants vont dans des écoles privées du genre « Les anges », « Les petits diables », « Les génies », « Euclide », ou d’autres noms les plus originaux possible. Mais à la première occasion, ils doivent rejoindre les collèges ou lycées publics. Après le bac, c’est l’inverse, ils doivent réussir un concours pour les bonnes filières des universités de l’État : agronomie, médecine, polytechnique, science sociale, informatique et statistiques par exemple. Sinon, ils vont aller dans les instituts privés du genre ISSIT, IUMA, ESSEG (acronymes fictifs, à vous de chercher) en parallèle à une filière moins prestigieuse de l’université comme la gestion, l’économie, les lettres, etc., et avec une autre filière encore mais en télé-enseignement. Il faut dire que le gasy moyen est plus que les autres impliqués dans l’éducation de leur progéniture tant ils sont conscients que les diplômes peuvent être une clé pour leur avenir.

6- Justement, ces enfants sont les véritables rois inavoués dans la maison du gasy moyen. On ne leur refuse pas grand-chose : jouets, goûter, télé, tennis, costumes de carnaval, tablettes, téléphones, consoles, etc. Par exemple, à la veille du Carnaval annuel, il faut aller dans les boutiques de costumes et déguisements pour voir les parents chercher LE costume Barbie, fée, Batman, Spiderman, Zorro à 50 000 ou 80 000 ariary (entre 45 et 80 euros) qui ne servira, théoriquement qu’une seule fois. On emmène aussi les enfants pendant les fêtes dans ces parcs improvisés des villes ou des grands villages. On va y dépenser 10 000 ariary par enfant (moins de 3 euros) pour une dizaine de manèges.

7- Et une fois par an, on les emmène en vacances, à la plage ou dans la campagne (de préférence à la plage). Une plage moins fréquentée comme Ambila, Morondava, Fort-Dauphin, Nosy-Be, Ambanja. Mais souvent, c’est la fréquentée Mahajanga ou la surpeuplée Foulpointe. La campagne, c’est un premier choix, quand on en possède une (la campagne, c’est la contrée d’origine des citadins)

8- Les parents s’amusent avec presque rien : sortir le vendredi soir ou le week-end avec la petite voiture, aller au resto/karaoké ou s’installer aux endroits branchés, boire, manger et beaucoup parler.

9- Chaque soir, après le boulot, tout le monde regarde les chaînes malgaches, entre 2 à 12 chaines privées, par ville. Ou depuis quelquestemps, ils lorgnent sur les chaînes du satellite ou de la TNT, devenues marques de l’appartenance à cette classe moyenne car la pub dit bien « ne pas avoir ça** c’est comme ne pas avoir de télé »

10- Tout ça c’est bien, diriez-vous, mais si jamais on a une dépense imprévue, une réparation urgente de la maison, la courroie crantée qui a lâché et un moteur à remplacer, quelqu’un qui tombe très malade, c’est la catastrophe.

Oui, souvenez-vous qu’on vit avec un peu plus d’un dollar par jour. On voit bien qu’on n’est pas comme beaucoup d’autres Malgaches qui survivent aujourd’hui avec 500 ariary (15 centimes d’euro) par jour. On n’est pas, non plus, comme ces, pas moins nombreux, riches, nouveaux riches, étrangers, expatriés qui vivent dans l’opulence des villas, des 4×4 et des vacances à l’étranger. Mais moi, je trouve, personnellement, qu’on vit bien, quand même; qu’on n’a pas trop à se plaindre. Votre avis, je ne sais pas. Certains seront d’accord en disant que nous sommes riches, sans le savoir; riches de produits bio, de nature généreuse, de climat clément, d’articles bon marché, de moramora, de manger à notre faim et du reste. Certains penseront que la plupart d’entre nous sommes, en fait, vraiment pauvres.  Notre soi-disant classe moyenne ne serait que du paraître. Et si le débat se posait, nous-mêmes, on ne se mettrait pas d’accord. Nous, la classe moyenne malgache.

 

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