Nono Dan, un homme-orchestre unique au monde

Aujourd’hui, en passant, un cours instant, j’ai discuté avec Nono Dan, cet homme- orchestre hors du commun que l’on aperçoit de temps en temps sur l’avenue de l’Indépendance. Alors, voici la conversation volée avec l’homme qui joue du violon ou de la flûte à bec avec les pieds.

Nono Dan 3

Monsieur Nono Dan

Comment vous appelez-vous?

Mon nom c’est Nono Dan.

C’est votre vrai nom?

Nono, c’est mon nom et « Dan » c’est un nom d’artiste pour notre petit groupe. C’est plusieurs noms que l’on a mis ensemble.

Alors, vous fabriquez vous-même toute cette installation?

Oui je les assemble et je joue.

Et vous chantez en même temps.

Bien sûr, mais ma femme et mes enfants chantent aussi et nous faisons des spectacles. Tout le long de l’hiver*, on nous appelle plusieurs fois.

Pourquoi se produire dans la rue ?

D’abord, c’est Dieu qui m’a donné ce talent. Je ne suis pas encore célèbre. Alors, c’est un moyen pour me faire connaître et aussi pour « distribuer » mes disques vidéos (VCD) et audio (mp3). Si je ne fais pas ces démonstrations, les gens ne peuvent pas deviner ce qu’il y a dans les disques. Ainsi, c’est aussi une preuve que le son à l’intérieur (des disques) correspond vraiment à mes performances. Mais, en tant qu’artiste, je ne pense pas que je suis à ma place dans la rue. En plus, ce n’est pas possible de faire ça toute l’année.

Nono dan 1

Nono Dan prépare ses instruments avec ses deux valihas, les supports pour l’harmonica et au sol, la basse guitare qu’il joue avec les pieds.

Est-ce que cette activité vous apporte du profit ou du moins vous permet de subvenir à vos besoins?

C’est suffisant mais juste pour les dépenses de la maison. Mais je suis un artiste et je pense que ce travail ne devrait pas me limiter à cela : subvenir au quotidien.

Quelle est la scène que vous avez déjà faite et qui vous a marqué?

Il y a les grands restaurants de ma ville, Antsirabe**, qui m’appellent à des occasions spéciales ou même dans la semaine pour des cabarets. Je dirais que ce sont les lieux de prestige où j’ai déjà joué. A part cela, je fais des petites scènes et des tournés dans les campagnes.

Si vous avez des mots à faire passer aux lecteurs de mon blog et à tous les internautes du monde entier, quel serait ce message?

La technique de la basse au pied.

La technique de la basse au pied.

Bon, si je joue encore dans la rue en ce moment, c’est que je manque de moyens. Ainsi, je cherche surtout des appuis financiers, de quelqu’un pour me pousser. Ce que je fais, il n’y a personne dans le monde entier qui l’a déjà fait, car je l’ai inventé. J’arrive à jouer du violon avec mes pieds, de la valiha*** avec mes pieds, du kabosy*** avec mes pieds. Je peux même jouer de la flûte (sodina) avec mes pieds à l’aide d’un assemblage de pompes à vélo. Cela n’existe nulle part ailleurs. Mais à cause de ce manque de moyens, tout cela reste « coincé » ici. Alors, s’il y a des gens qui sont intéressés pour promouvoir mon œuvre, je suis prêt à une collaboration.

Merci Nono Dan pour vos réponses.

Voilà pour ce petit échange improvisé. Les questions n’étaient pas préparées. J’imagine que vous auriez aimé en savoir plus sur cet homme. Où a-t-il appris à jouer de tous ces instruments par exemple ? Est-ce que qu’il faut voir le musicien, le compositeur, le bricoleur, ou l’homme orchestre ? Faut-il juste saluer l’homme et ses multiples talents?

En tout cas, si vous avez besoin de lui en parler, de lui venir en aide ou simplement de commander une copie de ses œuvres,son numéro est le : le 00 261 33 40 828 43.

* Les grandes vacances à Madagascar correspondent à 3 mois au milieu de l’hiver austral
** Antsirabe : grande ville à une centaine de kilomètres au sud d’Antananarivo
*** valiha : instrument à cordes proche de la cithare ou de la harpe et fabriqué avec des cordes fixées autour d’un tube ou d’un caisson en bambou, en bois ou en métal.
kabosy : petite guitare malgache avec des touches incomplètes pour faciliter le jeu dans la gamme diatonique malgache.