Pourquoi les migrants sont une aubaine pour l’Europe

L’Europe se tortille de gauche à droite pour pouvoir accueillir sur son sol quelques centaines de milliers de migrants. Mais, au lieu de les voir comme des boulets, les pays européens devraient plutôt, et déjà, se préoccuper du comment « rentabiliser » cet apport inattendu en capital humain.

Je suis sérieux. Ce serait, même, la décision la plus improductive que de systématiquement repousser ces gens chez eux. Un réfugié, cela coûte cher à son pays hôte, jusqu’à 12 000 euros par an. Déjà, des entrepreneurs européens font des bénéfices en prenant soin de ces migrants. Mais du point de vue européen, ce n’est pas le « profit » dont je parle ici. Si l’Europe dépense autant par réfugié qu’elle reçoit, qu’est-ce qu’elle gagnerait en les renvoyant chez eux après? C’est mon avis, les Européens ont bien le droit de penser à un bénéfice de ce qu’ils sont en train de faire maintenant, au-delà d’une satisfaction morale indéniable. Je parle de cette Europe qui fait des efforts pour prendre soin des réfugiés et non de celle qui ferme ses frontières.

Je disais que des entrepreneurs se font des sous sur la gestion des migrants. Je ne jugerai pas. Si les hôtels peuvent se remplir hors-saison, par exemple, ce n’est pas un mal même si l’État devra souvent payer plus cher les chambres. Malheureusement, d’autres entreprises, beaucoup plus condamnables ont aussi, déjà compris la manne que représentent ces pauvres réfugiés. Il s’agit, malheureusement de formes d’esclavages modernes comme le travail au noir, le travail des enfants, l’exploitation sexuelle. C’est vrai que cela crée des problèmes.

Et puis je comprends la peur que ça peut provoquer de voir des étrangers débarquer chez soi. Un de mes amis Facebook, malgache, dont je ne dirais pas le nom les a même désignés par « cheval de Troie ». Et malheureusement, il faut vraiment être prudent dans ce genre de situation. Moi, je le serais, si j’avais des frontières à garantir, à défendre.

Et pourtant

Moi, j’ai une vision de pauvre. Je vis dans un des pays les plus pauvres de la planète. Quand j’entends que le coût de la traversée est entre 1 000 et 5 000 euros par exemple, je me dis que s’il y avait la guerre chez moi, je ne ferais pas partie de ceux qui partent, car je n’ai pas cette somme. Et je regarde mes compatriotes et je me dis que ces gens-là, qui risquent leur vie en traversant la mer, s’ils étaient d’ici, ils feraient partie d’une certaine frange de la population. Le souci, c’est que lorsqu’ils arrivent, comme ça, dans des pneumatiques, déjà dépouillés par les passeurs, déjà affamés, fatigués, déshumanisés, on les voit comme du « bétail » qu’il faut diriger, parquer et nourrir. Et on a, soudain, de belles histoires comme ce pauvre père de famille que cette #@- è de journaliste a fait tomber par un croche-pied à la télé qui est en fait un bon entraîneur de foot. Et je suis sûr que parmi ces gens, il y a d’autres perles : des médecins, des mathématiciens, des poètes, des musiciens hors pair, des ouvriers qualifiés. Je parle de métiers majoritairement masculins car les migrants le sont. Ils sont en majorité des hommes, mais les femmes qui réussissent à traverser la mer, parfois avec des enfants, si ce ne sont pas déjà des super femmes…

Les enfants, c’est bien mieux. Déjà, ils ne font pas peur. Ils peuvent aussi être éduqués et on sait bien qu’investir dans un enfant c’est le mieux que l’on puisse faire dans notre existence de pauvres humains de passages. L’Europe n’est pas comme l’Afrique qui est aujourd’hui avec une population jeune et active. Au contraire, on se demande comment les jeunes européens vont s’en sortir pour vivre et faire vivre leurs retraités qui seront bientôt aussi nombreux qu’eux.

C’est vrai que ces gens arrivent sans le sou. Mais un être humain, c’est une grande richesse. Et ces migrants ne sont pas de fiers gnous juste venus pour paître l’herbe qui est plus verte en Europe. En tant qu’êtres humains, ils chercheront plutôt à travailler, à refaire leur vie.

En parquant ces gens dans des camps, sans les laisser sortir, travailler, produire, il n’y a pas de ces « bénéfices » à espérer. Et il y a un gros travail d’insertion à faire dans leurs pays hôtes respectifs. Il ne faut pas oublier qu’il y a eu (qu’il y a ) une crise économique mondiale et que beaucoup de pays souffrent déjà de récession, de chômage. Alors, il faut bien diriger les migrants là où on a besoin d’eux. C’est la clé pour « rentabiliser » cet acte humanitaire d’accueil.

Moi, je pense que l’Europe sortira fortifiée par cet apport. Ce n’est pas la première fois que le continent reçoit des migrants. Je sais que je n’ai pas de leçon à donner. On n’a pas de flux de réfugiés à nos frontières. On dit que c’est parce que les réfugiés préfèrent l’Europe en pensent être mieux traités. Je n’ai pas cette logique-là. Pour moi, c’est juste que Madagascar est trop loin pour eux. Pourtant, on est moins de 20 millions sur un territoire plus grand que la France. Et je pense qu’on ne repousserait aucun migrant. Aucun de ceux qui voudront être reconnaissants envers leur pays d’accueil.

1 Commentaire

Les commentaires sont fermés.