5 Faux amis surprenants de la langue malgache dans le monde entier

Un faux-ami est un mot qui est tout à fait ou presque de même forme dans des langues différentes et pourtant est totalement divergent dans les sens. Avec le malgache, une langue très syllabique, il est facile d’en trouver. Voici 5 faux amis de la langue malgache dans d’autres langues.

1- Re

C’est à cause de « re » que j’ai fait ce top 5. Mon fils, me disait que « re » en malgache signifie « entendu » alors qu’en français, il y a la raie, le rez, le ré, et les autres. J’ai du alors lui expliquer la différence entre les homonymes dans une langue comme ré et raie et les faux amis comme ré en français et re en malgache. En français, ça veut dire autre chose. En l’occurrence, ré, c’est la deuxième note de la gamme de Do.

2- Manga

Ce mot est le faux ami de beaucoup beaucoup de mots malgaches. En effet, en malgache, ce mot est très polysémique (plusieurs sens). On peut même faire des jeux de mots avec. Mais comme le lien est en malgache, je vais juste citer quelques sens en malgache du mot manga :

– manga, le style de bande dessiné dont on a adopté le nom
– manga, la malgachisation de mangue, le fruit.
– manga, la couleur bleue, sens littérale
– manga, tout ce qui est beau, sens figuré par rapport à la couleur

3- Vahiny

Vahiné est un mot français, issus du tahitien vahine qui désigne la femme tahitienne. Quelle coïncidence puisqu’en malgache vahiny désigne l’étranger, l’invité. Les deux langues appartiennent à la même famille des langues malayo-polynésiennes (austronésiennes), donc, c’est peut-être un peut moins spectaculaire comme coïncidence. Mais le mystère serait de savoir comment les significations ont divergé dans le temps. Pourquoi les tahitiens ont fini par dire « vahine » et les malgaches « vaiavy » (ou vehivavy, femme) et de l’autre côté les tahitiens ont fini par appeler les invités « manihini » et les malgaches « vahiny » de telle sorte qu’aujourd’hui, ce sont vahine et vahiny qui sont proches, à l’écriture.

C’est le mystère du tour de Babel mais on peut philosopher un peu en se posant la question : Est-ce que la femme est une étrangère pour l’homme? « Vahiny amin’ny lehilahy ve ny vahine? »

2- Tonga

Dans le même registre, on a Tonga, le nom d’une ile du Pacifique. Il désignerait le pays d’un peuple fort et pacifique puisque les habitants de Tonga ont jadis occupé une grande partie des îles alentours.

Ah oui, « tonga » a des significations dans d‘autres langues. En Inde, c’est une charrette. C’est aussi un type de terrain (dans un pays nordique). Je ris avec le truc des anglophones africains là :
T: The
O: Organ
N: No
G: Guy
A: Avoid

Ces anglophones, ils disent parfois n’importe quoi! Qui eut cru par exemple que TONGA peut aussi être la contraction de : « Take Longer » pour « vas-y, prends ton temps » sur le ton de l’ironie.

En malgache, le mot signifie tout simplement « arrivé » ou « venue » et se lit comme toungue. Bah, sans plus de philosophie, on peut l’appliquer partout. On peut être tonga sur une île. On est tonga en charrette. Et même avec le truc des anglophones là, on peut aussi être tonga, à la fin même si on a pris notre temps.

1- Kafara

Enfin, je termine avec KAFARA. C’est un mot presque perdu qui revient à la mode, grâce aux efforts des linguistes malgaches, comme tatasika, hery jika, etc. En malgache, il signifie plainte, murmures, mécontentements, notamment envers les dirigeants. Mais avec son utilisation actuel, il est utilisé pour tous les gens qui n’arrêtent pas de se plaindre.

En Swahili, ce mot signifie « sacrifice ». C’est aussi à peu près le même en arabe, je crois. Mais en Islandais, ce mot désigne des plongeurs…bah, c’est ça, des plongeurs, il n’y a aucune explication.

Il se prononce en malgache comme « cafard » mais je le précise, à nouveau, c’est juste un faux ami.

 

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