10 vidéos malgaches (et 100 autres liens) de ma liste des chansons parfaites

J’aime la musique. J’en écoute à longueur de temps : dans la rue, au boulot, parfois toute la nuit. Et j’écoute de tout et comme certains me le disent aussi, du n’importe quoi. Peut-être que c’est vrai, mais quand même, je me défends souvent en répliquant que ce que je recherche, c’est la bonne mélodie, qu’importe les paroles. Et parfois, je trouve que certaines chansons sont simplement parfaites.

Ce que j’appelle la chanson (parole et musique) parfaite, à mes oreilles, c’est d’abord celle qui commence par un thème banal ou non mais qui ensuite se développe d’une manière tellement logique que l’on devinerait presque la suite jusqu’à la fin dès la première écoute. Et oui, là, je peux faire référence à du Mozart mais je n’ai pas le temps de tout expliquer comme dans ce lien de blog . Mais, en plus, il faut qu’elle soit esthétiquement irréprochable. Je ne veux pas dire qu’il faut des structures bien carrées comme Bach l’aimerait selon la légende. J’aime, au contraire les rhapsodies. Mais même si le compositeur va dans ce sens, il faut que le tout reste beau. Et puisque de l’esthétique, il n’y a pas de loi, je dirai qu’il faut que la chanson parvienne dans les conditions optimum : haute qualité de son, chaine ou casque Hi-fi, silence complet autour, position semi-allongé, lumière tamisée, aucune pensée négative, yeux mi-clos, respiration calme…je me perds. Je disais donc, qu’il faut que la chanson, écoutée dans ces conditions parvienne à vous faire atteindre l’orgasme auditif que seuls les malades de mélomanie connaissent.

Je ne peux, pourtant pas, vous partager les 400 morceaux ou plus de ma playlist. Je dirai comme exemples qu’il y a de la musique classique comme  Miserere de Allegri, Domine Jesu Christe de Mozart, Que ma joie demeure de Bach, Habanera de Bizet que j’écouterais en boucle toute la journée sans problème (L’amour est un oiseau rebelle…). Il y a aussi de vieux morceaux comme Someone to watch over me,  Georgia on my mind, Wonderful world ou La vie en rose. Je trouve aussi que beaucoup de chansons de Brassens sont parfaitement bien écrites et Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. Et rapidement dans la même catégorie : La chanson des vieux amants, Les feuilles mortes , La bohème ou Le poinçonneur des Lilas. De l’anglophone avec Something, How deep is your love,  Hotel California, Loving You, The boxer , Morning has broken ou Bohemian Rhapsody. Je ne suis pas si vieux! Il y a aussi du Hip Hop de ma jeunesse : Changes de Tupac ou Try again de Aaliyah sont incontestablement des morceaux immortels. Mais dans mon adolescence, j’affectionnais le Ragga Muffin avec par exemple le Tease me de Chaka Demus and Pliers, Mr Loverman de Shabba Ranks, l’inusable Boom Shack-A- Lack d’Apach Indian ou le réutilisable I like to move it des Real 2 Real. J’affectionne aussi la musique sud américaine et surtout le Bossa Nova. Coisa Mais Linda ou Pecado en revassant au bord de la mer, c’est le pied. Je ne parle plus de tous les morceaux de Bob Marley ou de Michael Jackson. Et bien sûr, il y a des chansons nouvelles qui méritent d’être qualifiées (par moi) de parfaites. Vous les connaissez déjà très bien et sachez que je les écoute aussi, pour certains, les Sean Paul, Black e=Eyed Peas, Beyonce, Pharrell Williams, John Legend, Milky Chance et les autres. Ce ne sont que des exemples.

Voici, maintenant, 10 exemples de chansons malgaches qui, pour mon avis personnel, peuvent être considérées comme parfaites. Ce n’est, donc, pas un top 10 et il n’y a, je pense, pas de gloire à être dans ma liste de lecture. Je vais, en quelque sorte partir des chansons anciennes vers les plus récentes. Et la limite de 10 que je me suis imposé va faire que certaines chansons, peut-être plus belles ne seront peut-être pas listées. Je m’en excuse d’avance mais entre les vidéos, je vais mettre beaucoup d’autres liens youtube ou autres.

Notez que la chanson est chantée jusqu’à la fin puis répétée quelques tons au-dessus. Cette chanson « Nosy tanindrazako » (Mon île, terre de mes ancêtres), comme une deuxième hymne nationale est une prière pour la patrie (ou matrie en malgache). Je vous ai choisi la version avec le légendaire Ludger Andrianjaka.

https://www.youtube.com/watch?v=JNQqp0HYlZ8

Mifankatiava ihany (Aimons-nous encore, tant qu’on est vivants). C’est la chanson qui se chante dans toutes les fêtes : mariages, réunions de famille. Seul Ba-gasy de ma liste, elle représente les centaines de morceaux caractéristiques et fiertés de la musique traditionnelle malgache. Ce sont peut-être les premières compositions malgaches non religieuses à être écrites et c’est normal que beaucoup de ba-gasy montrent de la rigueur. Il suffit, alors qu’ils soient assez beau pour que ces morceaux passent les générations. Allez, cadeau ce lien vers vorom-potsy (oiseau blanc) et ses accords mineurs si mélancoliques. Voici aussi une chanson à la forme d’opérette : Adin’ankizy (querelles d’enfants).

Logiquement, je vais vous parler du vakodrazana . Je ne me lasserai jamais d’écouter n’importe laquelle de ces oeuvres. En effet, ce spectacle, proche de l’opérette contient une mélodie simple, répétitive et bien ornée par de la musique souvent improvisée, une jolie danse asiatique codée voire martiale,  et les paroles qui sont des récits ou des conseils pleins de leçons et d’humour visant à éduquer les jeunes et les moins jeunes. Ici, c’est le « Mpivaro-kena sy mpivaro-damba » (le boucher contre le mercier) où les chanteurs comparent tour à tour les avantages et les inconvénients pour une jeune fille d’accepter pour époux un vendeur de viande ou un vendeur de tissus.

Et donc, tout ça, à la base serait un rythme ternaire 12/8 qui est commun à l’Afrique de l’Est et aux iles de l’Océan Indien. A Madagascar, il y a une syncope provoquée par un deuxième temps qui presque partout dans le monde est faible mais dans notre musique, elle est appuyée. Ce rythme est le Salegy. Voici « Torine » (prénom tirée surement de Victorine) de Hazolahy qui est un tube à Madagascar malgré qu’il n’y ait que des instruments traditionnels. Mais bien sur, il y a beaucoup d’artistes Salegy : Vaiavy Chila, Fandrama, Jerry Marcos, Toto Mwandjani sont quelques noms déjà très connus. Ici, je peux faire un hommage à Docteur JB et Rasoa Kininike qui nous ont déjà quitté. Cette dernière, mal connue dans les villes aurait ratissé les campagnes où elle remplissait toutes les plus grandes salles et les stades et ce n’est qu’à sa mort que l’on s’est rendu compte de son extrême popularité . Mais le Salegy fait son petit bonhomme de chemin. Toto Mwandjani peut même vous donner des cours de guitare dessus. Hery Puissance avec son « Aza omena pi » (ne lui donnez pas de l’alcool) me fait toujours autant rigoler.Tsiliva avec son titre éponyme a popularisé une version très rapide du Salegy : le Kilalaky.

Et comment parler de Salegy sans mentionner le roi jaojoby. Mais cette fois-ci, c’est une version ralentie de cette musique, le Malesa que Jaojoby présente dans ce vieux clip e « E! Tiako » (Eh, toi que j’aime)

Tout autre chose. Voici un autre chanson que tous les malgaches connaissent : « Hanaraka anao » (Je te suivrai) de Mahaleo. Il suffit que vous voyez l’Olympia (salle de spectacle parisien) rempli à ras-bord dans le clip pour vous imaginer qu’à Madagascar, et ce depuis un demi siècle, ce groupe remplit des stades. Je ne peux pas m’empêcher de donner d’autres liens comme vers Raha manan’elatra (si j’avais des ailes) ou hay hay hay(alors donc!).

Et j’ouvre avec cela la grande parenthèse sur ce qu’on appelle ici le Folk gasy. Dans la période 1970-1990, tellement de bon morceaux nous ont bercé dans un style bien malgache mais prenant des inspirations dans la musique française (Brassens, Brel), américaine (Folk, country) et latine (tango, Bossa Nova, Cha cha cha, etc.). Ces artistes sont Lolo sy ny tariny, Tselonina, Mireille, Levelo, Ifanihy et les autres. Et les titres qui me viennent rapidement à l’esprit sont zakarandah (Jacaranda) , Any alavidavitra any (…indray mba mitady, vas donc chercher plus loin) , le « suicidaire s’abstenir » Misy kalo ,version Fara Gloum (Il y a des chansons), Iangolao vaitra (Boudes beaucoup!), Ireny saofera ireny (Ces chauffeurs),  ou Ravaomaria (c’est un nom de femme). C’est toujours sur la même vague que les chanteurs comme Eric Manana ou les Feo Gasy, Kolibera, Telo Fangady, etc. continuent de surfer. D’Eric Manana, en parlant de lui, j’aime beaucoup de morceaux dont Fitiavana Kely (Petit amour), Mila Rano (Besoin d’eau), Tsy afa-bela (…aminao, Jamais quitte de toi) et le récent Izay ratranao dia feriko (tes blessures sont mes plaies)

Le style Kaiamba a eu son essor dans cette période également. Les chansons kaiamba sont devenus aussi incontournables dans tous les playlists et les jeunes ont repris le flambeau puisque quelques jeunes sur la palissade avec une guitare, aujourd’hui, ça doit chanter du Mahaleo, du Lolo et du Kaiamba.(Oui, oui, maintenant, il y a du Félicien également, je veux dire du Théo Rakotovao). Mais revenons à nos Kaiamba. Et, au hasard, voici quelques titres incontournables : Kotrobaratra (le tonnerre) , Anjarantsika roa (notre destin à tous les deux), Afom-pitiavana (le feu de l’amour), sipa voadona (une fille traumatisée). Tiens, cela me fait penser que j’écoute aussi beaucoup de Clo Mahajanga : Fialonana (La jalousie), Tora-bato miverina (boomerang), ou Tongava mifona (viens demander pardon), sont quand même super bien faites.

Je voulais parler de Solo Andrianasolo, de Rija Ramanantoanina et de Lalatiana qui nous ont régalé pendant des années avec des morceaux jazzy. De leur temps, qui ne connaissait pas Hay ve ka nisy (…raozy nokoloinao tamiko, Je ne savais pas que tu as planté une rose en moi) ou Raha tsy ho ahy (…irery ianao, si tu n’es pas pour moi seul) de Rija? Et si aujourd’hui ces morceaux sont encore au top, c’est qu’ils sont très très bien. De Lalatiana, il faut juste évoquer Avelao (…aho , Laissez moi) ou Tsiaro anao (Souvenir de toi) et déjà les connaisseurs chantonnent.

Ici, la vidéo c’est Isaky (Chaque fois),  composition de Bessa, ce qui fait aussi le quota de Bessa (suivez le lien pour la recherche google), cet immense compositeur dans ma liste.

Henri Ratsimbazafy est aussi un immense compositeur malgache. Et même si j’apprécie ses ba-gasy et ses chorales, je trouve ses compositions de variétés vraiment toutes extrêmement abouties. Et c’est l’occasion d’énumérer quelques autres chansons de variétés malgaches qui traversent les années sans aucun souci et que moi, j’aime beaucoup. Il y a les tubes de Njila, Raha hiverina (…aho, Si je reviens), Ilazao (…ny famonjena, Dis-leur le sauveur), Sasa-miandry (fatigué d’attendre), et les dizaines d’autres. Personnellement, je préfère Izahay sy Malala (Moi et ma bien aimée) et Aleo izy ho any (Qu’elle reste là-bas!). Et, donc, on peut aussi citer les Poopy, Bodo, Landy, Haingo, Johary, etc. Tiens, voici le lien pour le Raha nofy (Si c’est un rêve)version Poopy et Njakatiana,ce qui me dispensera de chercher un tube du mondialement connu Njakatiana. Ah si! il faut mettre Mivoleza (Changes!) avec Parson Jacques, quelle chanson! Et Misy antony (Il y a une raison) de Haingo avec Lalatiana. Alokao de Johary est juste sublime. J’ai failli oublier la chanson d’amour du siècle dernier à Madagascar 1+1=1  (pas besoin de traduction) de Poopy, Mbolatiana et Ricky, le ménage à 3 le plus écouté en ce temps-là. Il y a avait des gars, parce qu’il n’y avait que des cassette audio de 60 ou 90 minutes, ils avaient enregistré cette chanson, rien que cette chanson, pour remplir les deux faces de la cassette afin de l’écouter en boucle toute la journée.

« Eny sa Tsia » (Oui ou non) vocifère le jeune Mirado, chouchou des ados malgaches. Le rock malgache, cela vaut ce que ça vaut. Je trouve, seulement, que les morceaux de slow rock sont les meilleurs. Slow Rock, selon mon Yamaha PSR 270 (puisqu’il n’y a pas de page wikipédia dessus) est une sorte de Rock ‘n Roll au ralenti. Mais pour moi, ce sont de bon slows sur une orchestration rock ou hard rock et c’est une matière parfaitement maîtrisée par les artiste malgaches . Les exemples de liens : Mosoara (mouchoir) de Iraimbilanja, Fitia nindramina (Amour emprunté) de Kiaka, Dila (Partie) de Apost, Tsy irery ianao (Tu n’est pas seul) de Dillie, Maratra ambom-po (Fierté blessée) de Mage 4, Leo (Ecoeuré) d’Ambondrona et j’ajouterai Efa voatondro (C’est le destin) de ‘Zay puisque Zay est aussi rock qu’autre chose et l’autre chose c’est du Zay.

Terminons dans le slow avec Mahatsiaro (Se souvenir) de Stéphanie. Vous comprendrez que je préfère les chansons douces aux rythmes endiablés. Stéphanie Tsakarao est une chanteuse du Sud de Madagascar. Cette région produit régulièrement des stars comme Tsimihole, Salala ou Koike. Salala a été célèbre en reprenant a capelle le ba-gasy « Ny lanitra mangamanga » (Le ciel bleu) des Antsaly avec Olombelo Ricky mais les connaisseurs savent que leur chef d’oeuvre s’appelle Goa Naho Kepeke.

Ce clip de Stéphanie, le plus récent de ma liste est aussi le représentant de toute la nouvelle génération. Certains de ces nouveaux artistes font de belles chansons. J’avoues que je ne connais pas tout. Parfois, je me perds quand ils font de la musique occidentale, africaine ,américaine ou caribéenne en changeant la prononciation du malgache pour que cela sonne différemment. De toute façon, dans quelques années, on verra qui vont rester dans ma bouche et dans mon coeur comme ces quelques derniers morceaux : Efa eto (Je suis là) de Do Rajohnson, Rava (Détruit) de Samoela, les raps  Diam-penina (Tes écritures) de Spy-D, Tam mbola kely (Quand on était petit) des 18,3 ou Misaotra (Merci) d’Agrad.

Voilà mes 10 vidéos. Ce n’est pas assez pour vous montrer toutes les chansons malgaches qui m’ont marqué, c’est un aperçu. Je répètes, ce n’est pas un top 10 mais juste un petite reflet de ma liste de lecture. J’espère que cela vous a permis de (re)découvrir des talents malgaches.

2 Commentaires

  1. Merci pour ce partage musical. J’affectionne particulièrement les vieilles chansons francaises Brassens, Aznavour, Piaf, Neuville, Claude Francois, Guy Beart… même si mon entourage ne me comprend pas vraiment

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