Top 05 des accents malgaches dans la langue française

Cet article va parler des accents que les malgaches ont quand ils parlent le français. Et puis, je dis bien « les accents » car il n’y a pas qu’un seul accent malgache. Enfin, je précises que je ne suis pas linguiste, ni orthophoniste …

N°1 L’accent « officiel »

Cet accent, que j’appellerais « officiel » c’est celui qui serait l’accent naturel des malgaches. Notre langue contient beaucoup de lettre « a ». Presque tous les mots se terminent par cette voyelle et toutes ces terminaisons sont des voyelles muettes. Donc, lorsque les français ont le « e » muet, nous on a le « a » muet à la fin des mots. Si les français ont l’interjection d’attente « euh… » entre les mots, nous on a le « aaa… ». D’autre part, notre « r » se roule avec la langue comme en espagnol. Ainsi, chez nous, c’est celui qui crache son « r » en raclant le fond de la gorge comme un français qui est taxés péjorativement d’un « m-roulé r ».

Donc, théoriquement, l’accent  malgache s’obtient en ajoutant un « a » à la fin des mots et en remplaçant les euh… par des aaahh…et en roulant les « r » avec la langue.

« Il y a assez à faire de regarder ce qui cuit dans sa marmite sans aller regarder ce qui cuit dans celle du voisin » devient ( lire doucement) :

Il y a-aah assez à fairrre-aaahh de rregarrder-aaahhh ce qui cuit-aaahh dans sa marrrrmite sans aller-aaahhh rregarrder ce qui cuit-aaahhh dans celle du voisin.

Mais, rassurez-vous, vous ne rencontrerez généralement cet accent que chez les humoristes.

 

N°2 Turlututu

Allez un peu de dénonciation.

Turlututu est un mot qui ne contient que des « u », une lettre qui n’existe pas dans la langue malgache, eh oui! Imaginez, alors, une jeune personne, une fille car bizarrement cet accent est majoritairement féminine. On lui dit que le « u » en français, la « voyelle fermée (ou haute) postérieure arrondie »,  se prononce en arrondissant ses lèvres (grosses lèvres, parfois) et en reculant la langue dans sa bouche comme ça : « uuuh ». La personne, la jeune fille en l’occurrence, sera obnubilée par ce « u » qu’elle voit pour la première fois de sa vie et pour bien faire, se préparera en tout temps à le prononcer, même à tort.

D’où, ces malgaches qui parlent français avec la bouche en cœur. Exercice de phrases avec des u :

– Tu n’es pas tout nu. Tu n’eu pas tout nu
– Il dénoue ses souliers. Ul deunoue seu soulieu
– Lucie a mal au pouce. Luçue a mal au pouce
– C’est le début de l’opus douze. C’eu le deubut de l’opus douze

 

N° 3 Je m’en moque

Et en N° 3 de notre classement, il y a celui qui, comme précédemment est confronté au bizarroïde, incompréhensible « u » de ces français et qui décide que « votre u, je m’en … fiche ». Donc, votre phrase là, voilà ce que j’en fais :

Tu n’es pas tout nu. Ti n’es pas ti ni
Lucie a mal au pouce. Licie a mal au pouce
C’est le début de l’opus douze. C’est le débit de l’opis douze

Donc, pour ce N°3, bon malgache, le u n’existe toujours pas, il n’y a que le  « i » qui compte.

 

 N° 4 Expert

A part le u, d’autre sonorités mettent à mal la volonté de nos élèves. La consonne « C » que l’on n’a pas, avec le ch qui en découle par exemple. Ce qui fait que beaucoup d’entre nous zézayent. Mais attention, ce n’est pas un zézaiement classique, ce n’est même pas un vrai zézaiement…en fait c’est difficile à dire mais c’est intervertir tous les sons de cette manière : les s en ch et inversement, les z en j et inversement. Et vous pensez déjà aux « virelangues » c’est à dire aux « phrases difficiles à prononcer » :

Un chasseur, sachant chasser sans son chien, sait chasser devient

Un sacheur, chassant sachet chant chon sien, chez sachet

Les chaussettes de l’archi-duchesse, sont-elles sèches ou archi-sèches ? devient

Les sauchettes de l’arsi-dusèche, chont-elle chèsses ou arsi-chèsses?

Je vous assure, nous avons de véritables champions dans cette catégorie. Même si vous leur dites de parler aussi vite qu’ils le peuvent, ils parviendront à intervertir ces sons, de toute manière.

Et dans l’intimité, ça donne  :

Ze t’aime ma Chujeanne série, auzourd’hui et pour touzours!

(Je t’aime ma Suzanne chérie, aujourd’hui et pour toujours)

 

N°5 Trop fier de mon accent, essayez de me comprendre

Oui, l’important c’est de s’exprimer et de se faire comprendre.Et dans ce cas, il faut juste parler sans se soucier de l’accent, sans exagération non plus et sans avoir peur du ridicule.

Donc, si vous avez souri après ce top 05 ne croyez pas que je me moque de mes compatriotes mais au contraire j’en suis très fier.