Malgache, qui es tu ?

 

Si je pose cette question à un Malgache, jeune, patriote, et avec une certaine éducation, j’obtiendrai très vite comme première réponse :

– Malagasy, pas Malgache!

Ah bon! Vous savez, cette histoire a commencé depuis longtemps. Tous les pays ont des noms ayant, sûrement, des significations. Je cherche, je cherche mais je ne vois pas quel pays aurait oublié la signification de son nom; à part Madagascar.

– Madagasikara; pas Madagascar! tu me cherches ou quoi?

OK, c’est Madagasikara. Je me souviens des cours d’histoire pendant lesquels on apprenait, non pas le sens de ce nom à 7 consonnes avec des « a » intercalés », mais les possibles sens et origines. Pauvres profs et surtout pauvres élèves qui ne peuvent se contenter que de théories plus ou moins sérieuses.

En plus sérieux, il y a l’histoire des 3 mois du calendrier appris des Arabes qui sont Alahamady pour le MADA, Alakaosy pour le GASI et Alakarabo pour la KARA. Donc, si c’est vrai, l’île devait s’appelait d’abord Madikaosikarabo. Donc, en répétant Madikaosikarabo des millions de fois on obtient Madagasikara? Peut-être. Et c’est vrai que les mois font bien des noms de lieux comme les « Mars » un peu partout en France. Mais imaginez 3 mois :

– Ah oui, appelons notre nouvelle  île MarsAvrilMai. Non, on est des Anglais donc disons plutôt MayAugustDecember. Répète ça mille fois : MayAgustDecember, MaAgustDeber, Maydugastber, Madusgemsker…. Madagasikara.

– Waouh, SUPER THÉORIE!!!!

Il y a aussi les Européens, Portugais, qui seraient les premiers à avoir découvert l’île, à part les pirates et les autres naufragés. Ils étaient conduits par un certain Diego Diaz, l’un de ceux qui ont donné le nom européen de la ville d’Antsiranana, au nord : Diégo-Suarez. Donc, en mettant un « Ma » devant Diego Diaz, ça devient  Ma-Diego-Diaz.

– Allons à Madiégodiaz

– Où ça?

– Madiégo, kof, kof – diaz excuse-moi, j’ai avalé de travers

Alors, que dire de Madame Gaspard ? C’est trop ridicule que c’est devenue la plus connue des théories, malheureusement!

– Bah oui, c’est quand même très plausible. Ce serait juste un navigateur qui écrirait dans son journal de bord : « Journal de bord du «  »Sainte Marie « . Aujourd’hui, 1er jour du mois d’avril de l’an de grâce 1569, avons découvert une isle peupladée de petites peluches vivantes à queue rayées et quelques mignons petits pygmées. Avons tout de suite pensé à notre chère et tendre Madame Gaspard qui aurait beaucoup apprécié cette découverte. »

De pire en pire

Le ridicule des historiens malgaches, dépourvus d’archives ou au moins de tradition orale exploitables ne s’arrête pas là. En effet, on goberait bien Madikaosikarabo,  Madiegosuarez, et Madame Gaspard pour avoir la moyenne en histo-géo, mais la prochaine question est une vraie colle.

Alors, pourquoi on s’appelle des Malagasy?

Je vous épargnerai, chers lecteurs, d’autres théories farfelues qui en appellent aux Malais, aux autres mois arabes ou autres mots pour se rapprocher de Malagasy ou au moins de Mala et de Gasy. La conclusion qu’il faut accepter est que non, on ne sait pas ce qu’on est.

Il faut quand même savoir que dans notre vocabulaire, on n’a pas cette notion d’ « habitant ». Les Malagasy n’ont pas de mot pour les « Tananariviens » ou « Fianarois ». Ils disent tout simplement « habitants de Tana » ou « habitant de Fianarantsoa » (Mponin’Antananarivo – mponin’i Fianarantsoa). Cela augmente tellement la valeur du mot « Malagasy » qui doit, donc, avoir une signification indépendante du territoire, mais ayant attrait aux gens mais quoi? leurs aspects? leur origine? Leurs us et coutumes? Tout ça? Autre chose? Vous comprenez que pour moi la frustration est d’autant plus forte.

Vous savez, cette histoire aurait pu passer inaperçue si je n’ai pas été à la formation Mondoblog 2014 à Abidjan et si je n’ai pas rencontré mes frères mondoblogueurs Judicael et Basidou : les fiers « hommes intègres » burkinabè (c’est un pléonasme). En fait, le nom de Burkina Faso a été tiré de deux mots provenant de deux langues de ce pays signifiant, donc, « le pays des hommes intègres ». Ce qui fait des Burkinabè des femmes et des hommes vivant avec une devise, l’intégrité, qu’ils portent fièrement et presque naturellement en eux.

Ce que je demande à l »Académie Malagasy, aux intellectuels, au gouvernement ou je ne sais qui, c’est qu’une bonne fois pour toutes, on nous dise ce que veulent dire ces deux mots : Madagasikara et Malagasy. Inventez si vous ne savez pas. Dites que Madagasikara veut dire « le pays où il pleut de septembre à mars » ou plutôt « le paradis sur Terre ». Dites que les « Mlagasy » sont « les Malais égarés en Afrique » ou plutôt « le peuple souriant ». Bref, donnez-nous plutôt de la fierté et de l’espoir. Donnez-nous une identité.

 

 

 

 

3 Commentaires

  1. Beaucoup de nos pays souffrent ce problem identitaire parce que des noms leur ont été attribués de façon plate et ne reflètent pas souvent les aspirations des peuples. Il nous appartient maintenant, puisqu’on indépendant, de redonner les vrais noms à nos pays ou une signification unique.

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