Rwanda, ça aurait pu être nous

Aujourd’hui, jour de la commémoration du génocide au Rwanda, je me souviens.

Je me souviens que les Malagasy aussi ont été victimes de la politique du « diviser pour régner » qui a été instauré magistralement par les colons en Afrique. Je parle au passé, mais au présent, le racisme est toujours présent. Même en politique, on ose encore parler de quotas, de représentativité. C’est malheureux, mais c’est le cas.

Pour ceux qui ne le savent pas encore de la division faite dans la population malagasy; on a tout essayé : les « hauts plateaux » contre les côtiers, les Asiatiques contre Africains, les nobles contre les esclaves . Les premiers ont soi-disant la peau plus claire, les cheveux lisses. Les seconds sont plus noirs, ont les cheveux crépus.

Alors, j’ai déjà dit dans un précédent article que pour certaines raisons, une guerre civile à Madagascar me semble pour le moment improbable. Mais, malheureusement, comme on me l’a si bien retwetté, le risque 0 n’existe pas.

Je me souviens d’un appel d’un oncle, un jour après la présidentielle de 1997 nous disant :  » Il faut nous sauver, car dans notre village on a déjà planifié la tuerie de tous les Merina (peuple des hauts plateaux)  si untel candidat ne gagne pas ». C’était une fausse alerte, mais quelle angoisse quand même.

Plus tard, en 2002,  c’était plus grave lorsque, un certain colonel se mettait à chasser et tuer des Ambaniandro dans le nord de l’île où travaillait une tante. Heureusement pour elle, elle n’avait pas un nom de merina, celui qui commence par RA… ou ANDRIA… et avec quelques déguisements, elle s’est fait passer pour une côtière pour s’enfuir avec un camion à marchandise.

Heureux dénouements donc pour ces membres de ma famille. Mais lorsque, aujourd’hui, j’ai lu les témoignages des survivants au Rwanda, mon sang se glace et je ne peux que très très difficilement me mettre à leur place.

Car, je ne peux pas imaginer leurs souffrances, mais je ne peux pas, non plus,  m’empêcher de dire que oui, ça aurait pu être nous…alors si partager ces témoignages peut faire que ça ne se reproduise plus jamais, alors je le fais tout de suite. Voici le lien :

Témoignages des victimes